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 Lights [PV Gaby][Terminé]

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Logan Sutherland

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MessageSujet: Lights [PV Gaby][Terminé]   Lun 9 Juin - 3:15

C’était une autre de ces nuits d’insomnie. Tout lui semblait tout particulièrement pénible. Un ressort dans son matelas venait évidemment se planter entre ses omoplates, les couvertures étaient évidemment désordonnée – à force de se tourner et de se retourner. Il faisait trop chaud, trop froid, humide ou sec. C’était insupportable. Mais pourtant, le jeune homme s’obstinait à vouloir tenter de dormir. Ferme les yeux, Logan. Putain, c’est pas difficile, tu devrais pouvoir y aller bien vite. Quinze minutes plus tard; non, ça ne suffira pas. Il faut un peu plus de temps. Cette fois, c’est certain, il allait y arriver. C’est à la marque des quarante-cinq minutes que l’angoisse vint prendre sa place. C’était toujours comme ça, quand il n’arrivait pas à dormir. Les pensées faisaient surface, le doute se glissait entre ses neurones, les mauvais souvenirs s’imposaient. Et les peurs. Paralysantes, terrifiantes. Qu’est-ce qui va m’arriver quand je vais mourir? Quand est-ce qu’on me possèdera à nouveau? Est-ce que je vais tuer quelqu’un, cette fois? Cette sensation persistante que quelque chose de terrible allait arriver. Il n’était jamais complètement en paix. Une journée sans souci pour lui, ça n’était pas un luxe. C’était un miracle.

Un soupir bruyant perça les lèvres de l’Écossais alors qu’il se redressait sur ses coudes, sourcils froncés, cheveux en bataille. Quelle connerie. Logan étira l’un de ses long bras vers sa table de chevet et attrapa ses lunettes qu’il posa sur son nez, se permettant ainsi de voir plus clair. Le rideau de la chambre était grand ouvert, laissant voir la voûte étoilée, trônée de la lune qui serait bientôt pleine. Il devait être tard, celle-ci semblait déjà vouloir se pencher vers l’horizon. Étire le bras, regarde le portable. Deux heures du matin. Il s’exclama d’un « Fuck me » bien sonore et senti puis se décida à se lever. Ne pas faire de bruit. Nikolai, lui, dormait paisiblement. Il lui jeta un coup d’œil envieux puis, le plus discrètement possible, il enfila un bas de pyjama au motif de son tartan de clan écossais, attrapa son iPod et quitta la chambre, ne respirant qu’une fois sorti de la pièce. Qu’est-ce que je fais, maintenant? Machinalement, il passa rapidement à la salle de bain, s’aspergea le visage d’eau, tenta en vain de régler la situation chevelure. Tout était mieux que se torturer à essayer de dormir. Dire qu’il avait cours à neuf heures… Cette seule idée lui arracha un autre soupir exaspéré alors qu’il sortait de la salle de bain pour se rendre à la salle commune.

Vide, bien entendu. Tout le monde avait mieux à faire un vendredi à deux heures du matin. Festoyer, dormir, réviser à la limite. Mais pas Logan. Logan devait dormir. Logan avait cours demain matin. Logan en avait marre d’être toujours crevé au réveil. Il n’avait personne avec qui festoyer et pas besoin de réviser. Et puis, il pouvait toujours se taper un joint avant de dormir, mais ce soir, il refusait. Ça devenait une habitude et ça ne lui plaisait pas. Peut-être que c’était ça qui l’empêchait de dormir en premier lieu? Était-il devenu l’un de ses junkies qui a absolument besoin de sa dose pour mener une vie normale? Une angoisse de plus parmi les autres. Le brun s’assied sur l’un des divans, plaça ses écouteurs sur ses oreilles puis se permit de s’étendre, ses pieds dépassant bien l’appui-bras du siège. Un jour, ils sauraient faire des lits et des canapés pour les gens plus grands. Il faisait toujours noir, il n’avait pas pris la peine d’appuyer sur l’interrupteur. Ses paupières se fermèrent, sa respiration se calma. Le rythme régulier et apaisant de l’électro dans les oreilles le détendait. Peut-être qu’il arriverait à dormir ainsi.

And so I tell myself that I'll be strong
And dreaming when they're gone

Spoiler:
 


Dernière édition par Logan Sutherland le Dim 31 Aoû - 21:10, édité 1 fois
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Lun 9 Juin - 17:40

Les nuits de juin sont les pires. Quand elles arrivent, comme ça, furtivement, quand elles ne s'annoncent pas d'abord par un léger redoux qui donnerait le temps de s'y habituer mais tombent sur vos épaules soudainement, avec leur air lourd et brûlant qu'une légère brise peine à rafraîchir, et ce, même dans les montagnes suisses, pourtant peu réputées pour leur climat désertique. Les gens normaux s'en plaignent, ouvrent la fenêtre la nuit pour tenter de capter un minimum d'air frais, allègent leurs draps, leur tenue de sommeil. Les gens normaux ne se rendent pas compte d'à quel point cela pourrait être pire. Parce que les gens normaux n'ont pas une température corporelle anormalement élevée à cause de leur don, et que les gens normaux ont donc, même les plus nordiques, une meilleure résistance à la chaleur que Gabriel. Alors les gens normaux, même pendant ces nuits lourdes, parviennent à dormir bien mieux que l'héritier qui ne rêve que d'un bon orage, avec une pluie battante qui viendrait enfin rafraîchir l'atmosphère. Et en attendant, il tourne et retourne son oreiller pour déterminer quelle face est la moins bouillante, crève de jalousie en voyant Dexter qui, dans son sommeil, ne cesse de déplacer ses jambes, une hors du lit, l'autre sous le drap, en alternant régulièrement, parce qu'il le peut. Parce que pour Gabriel, même se retourner sur le ventre nécessite de se redresser pour déplacer ses membres inférieurs, alors même que leur sensibilité qui ne cesse de s'accroître est arrivée au point où il peut, hélas, ressentir une sensation d'inconfort. Alors en attendant, il fixe le plafond, le réveil électronique qui fait défiler les minutes, la diode du téléphone de son colocataire en train de charger, la silhouette du fauteuil qui se découpe dans la semi-obscurité que les volets ouverts n'assombrissent pas vraiment.

Les chiffres défilent sur le cadran, et quand arrivent deux heures et demie, il finit par décider que ça suffit. Quitte à ne pas dormir, autant essayer d'aller attraper cette brise en direct, et de profiter de la fraîcheur relative que semble proposer le jardin. Le moteur du fauteuil poussé au minimum pour ne pas réveiller tout le dortoir –encore que ça leur ferait les pieds-, il fait descendre l'ascenseur, arrive dans la salle commune, s'apprête à la traverser, et finit par esquiver de justesse les pieds qui dépassent du canapé, et qu'il a failli ne pas voir faute d'avoir allumé la lumière. Canapé que, vraisemblablement, quelqu'un a trouvé plus confortable que son propre lit, pour cette nuit. Quelqu'un qu'il reconnaît progressivement, tandis que ses yeux s'habituent à l'obscurité. Il le reconnaît, et est presque soulagé que ça soit lui. Quitte à tomber sur quelqu'un au milieu de la nuit, il préfère encore la compagnie de ce type dont on peut dire, au fond, qu'il l'apprécie, plutôt que de n'importe quel abruti, ou, pire encore, l'Autre. Mais non, ce n'est que Logan, ce type auquel il ne faisait même pas attention avant l'attentat, ce type qui a su gagné son estime en trouvant le ton juste pour lui proposer son aide, au bon moment, en sachant quand disparaître. Un instant, il hésite, ne sait pas trop s'il doit le réveiller ou non. Celui-là au moins mérite à ses yeux un sommeil assez réparateur. Il hésite un instant, mais finit par pousser le fauteuil, doucement, jusqu'à se mettre au niveau de la tête du brun. Juste le temps de vérifier la profondeur de son sommeil.

- Confortable ?

Il n'a pas parlé très fort. Pas assez pour réveiller Logan en sursaut, suffisamment pour attirer son attention s'il ne dort pas. S'il n'y a aucune réaction, il n'en aura pas grand-chose à faire. Son plan initial peut toujours fonctionner.

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Logan Sutherland

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Mar 10 Juin - 6:36

C’était une douce et délicieuse tombée. Lente, constante, paisible, comme cela faisait longtemps qu’il n’en avait pas vécues. La sensation de calme et de relaxation s’étendit du bout de ses orteils jusqu’à ses hanches, se dispersant ensuite dans son ventre, son torse et ses épaules avant d’atteindre ses doigts puis sa tête. Une chaude couverture de laine pour l’âme, réconfortante et enveloppante. Ses soucis n’avaient plus aucun pouvoir, il était complètement relaxé. Pas encore tout à fait endormi, mais dans cet état hypnotisant de demi-sommeil qui lui permettait de se reposer alors qu’il était toujours alerte à ses environs. Il aurait pu sentir l’air bouger contre sa peau, il était toujours bien conscient de la musique qui lui faisait vibrer le cœur et les tympans. Un mince sourire vint se tracer sur ses lèvres alors qu’il se concentrait à présent sur le rythme serein de sa respiration. Il lui semblait presque qu’elle s’était fondue à la liste de lecture d’électro zen qu’il avait choisi. C’était parfait. Un moment qu’il chérissait là, seul et en paix. Sans avoir cette peur d’effrayer quelqu’un, sans avoir le sentiment d’être constamment jugé et épié par ses pairs. Si seulement chaque jour était comme cela.

Il aurait juré avoir entendu un bruit mécanique qui n’était pas dans la chanson qu’il écoutait. Un bruit sourd mais distinct, qu’il était certain de connaître mais qu’il n’arrivait pas tout à fait à identifier. Les yeux toujours clos, le jeune homme dégagea l’une de ses oreilles de l’emprise de son écouteur puis resta attentif quelques secondes. Plus rien. Un petit ronron électrique qui pouvait bien être absolument n’importe quoi. Peut-être que quelqu’un s’était levé à l’étage et était retourné à sa chambre. Le jeune homme ne s’y attarda pas plus longtemps, réajustant aussitôt son casque d’écoute. Quelque chose d’autre attira son attention à peine quelques secondes après. Une voix, presque un murmure à travers la musique. Un peu surpris, le jeune homme ouvrit subitement les yeux, retirant en même temps ses écouteurs pour de bon, puis laissa son regard s’habituer à la noirceur. Les traits flous apparaissaient maintenant plus clairement à ses yeux et il put finalement distinguer la personne qui s’était adressée à lui. Il remarqua son visage d’abord, puis son fauteuil roulant. C’était donc l’ascenseur qu’il avait entendu un peu plus tôt. Un sourire bienveillant ourla ses lèvres alors qu’il se redressait sur ses coudes afin de mieux voir le jeune homme.


« Très, merci… T… Tu ne dors pas? Je pensais être le… le seul. Tout le monde semblait être si paisible à l’étage. »

Logan passa brièvement sa main dans sa chevelure, sans lâcher Gabriel des yeux, puis se redressa de façon à être assis sur le canapé. Il aimait bien la compagnie de son confrère. Ils n’avaient pas vraiment eu la chance de discuter longuement, mais cela n’empêchait pas le courant de bien passer entre eux. C’était simple et détendu, sans attente de la part de l’un et de l’autre. C’est à Virtus Insania qu’ils s’étaient rapprochés. Sans artifice, le plus naturellement du monde. Il avait voulu l’aider, Gabriel avait accepté. Et depuis, il régnait entre eux un accord silencieux, une aisance inexplicable. C’était agréable. Logan éteint son iPod, se redressa sur ses pieds et, après avoir demandé à son ami s’il voulait quelque chose à boire, se dirigea vers le petit frigo qu’il y avait dans le coin cuisine de la pièce. Il y prit une bouteille d’eau pour lui-même et quelque chose pour le Français et revint aussitôt s’asseoir, tendant le breuvage au jeune homme, à qui il sourit. Il ouvrit sa bouteille d’eau, en prit quelques gorgées puis se risqua à lui poser une question.

« Ça te plait vraiment, ici? », demanda-t-il, son ton presque soucieux.

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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Mar 24 Juin - 21:25

Ses précautions n'ont pas suffi pour éviter à Logan un réveil en sursaut, mais au moins le brun de semble pas lui en tenir rigueur ; mieux, son sourire indique qu'il a l'air plutôt satisfait de le trouver là, une attitude plutôt rare de la part des gens qui se retrouvaient en compagnie de Gabriel par hasard. Assez rare, d'ailleurs, pour arracher l'ébauche d'un sourire en réponse sur les lèvres de l'héritier. Puis au sourire succède la parole, une question simple, à la réponse si évidente que Gabriel ne peut qu'il répondre par un haussement d'épaule, d'autant plus que, de toute façon, le brun ne lui a pas laissé le temps d'y répondre avant de continuer, d'évoquer leurs camarades qui, chanceux, n'avaient aucun problème à trouver le sommeil, quelle qu'en soit la source.

Un court silence s'installe ensuite, pas un de ces silences inconfortables, de ceux qu'on voudrait meubler, maladroitement, juste pour le principe de faire la conversation, en la laissant retomber à l'eau à chaque fois puisque, au fond, on n'a pas grand-chose à se dire, rien qui ne vaille la peine. Non, ces silences-là qui s'installent souvent entre eux, ce sont plutôt de ces silences où l'on se contente de savoir l'autre à proximité, présent au cas où un véritable sujet vous vienne à l'esprit. Un de ces silences qui disent "je t'apprécie assez pour ne pas chercher à te détruire dès que tu apparais", juste un silence calme, confortable, pas fait pour s'éterniser, mais qu'on ne cherche pas à fuir pour autant. Un silence que Logan brise rapidement, en se levant, en lui demandant s'il souhaite quelque chose à boire. Avec la chaleur, l'idée n'est pas mauvaise, encore que la simple idée d'une boisson sucrée assèche encore plus la gorge de Gabriel qu'elle ne l'est déjà. Une bouteille d'eau lui suffira, merci. Alors qu'il regarde l'écossais avancer jusqu'au coin cuisine, il caresse un instant l'idée de le suivre, de le rejoindre, puis renonce. A moins de faire ronfler le moteur, il aurait à peine le temps de traverser la moitié de la pièce avant que Logan ne soit de retour. Et cette simple réalisation lui arrache une grimace de frustration. Parce qu'il a beau contrôler presque à la perfection ses trajectoires, être capable de rejoindre et quitter son lit seul, il se rend bien compte que, tant qu'il ne pourra pas marcher à nouveau, il n'aura pas la même capacité de mouvement que les autres. Et rien que ça suffit presque à faire chauffer ses poings, dans cette atmosphère déjà trop étouffante de début d'été.

Mais déjà Logan est revenu, et il lui tend cette bouteille d'eau dont la fraîcheur pourra peut-être soulager un peu la surchauffe qu'il ressent. Le silence confortable est de retour, pas longtemps, juste le temps que les deux adolescents se désaltèrent. Puis c'est Logan qui, une nouvelle fois, brise le silence. Une question, une simple question, à laquelle Gabriel se laisse le temps de réfléchir, reprenant quelques gorgées d'eau, avant de hausser les épaules.

- Ni plus, ni moins… C'est toujours mieux que l'Allemagne, au moins les gens du coin parlent français.

Et c'est aussi toujours mieux qu'en Allemagne, parce qu'ici il y a des ascenseurs fonctionnels pour passer d'un étage à un autre, des couloirs au sol régulier, et des allées mieux pavées que les corridors les mieux entretenus de Virtus Insania. Il reprend une gorgée d'eau, puis la parole.

- Et au moins, j'en ai plus que pour quelques heures pour rentrer, alors que depuis la Russie, c'était un peu plus galère.

Rentrer, pour revoir sa sœur, ses parents, reprendre sa place d'héritier, son apprentissage auprès de son père. Rien que l'idée lui arrache une ébauche de sourire, rien qu'un retroussement du coin des lèvres, alors qu'il se retourne vers Logan.

- Pourquoi ? T'es pas bien, toi ?

La curiosité est sincère, quelqu'un de naïf pourrait presque déceler de l'inquiétude dans le ton de Gabriel, dont on dit pourtant qu'il n'est qu'un héritier arrogant, qui ne s'intéresse qu'à ceux qui pourront lui apporter un éventuel bénéfice. Mais pourtant, cette fois, il attend vraiment une réponse, est prêt à l'écouter. Parce que cette question ne devait pas être venue par hasard.

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Logan Sutherland

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Lun 30 Juin - 8:53

Il avait toujours cette impression d’être terriblement maladroit, dans presque toutes les interactions sociales qu’il poursuivait. À chaque jour, constamment. Un doute ici, un autre là. Mélangeant cela à une peur constante de dire ou faire quelque chose d’inapproprié. Et une impression générale qu’il ne valait pas la peine que les gens s’attardent à lui. Logan préférait s’isoler des autres plutôt que de se forcer à subir cela à chaque fois qu’il voulait approcher quelqu’un. Et puis, c’était embarrassant pour les autres, aussi, de devoir interagir avec un handicapé social qui ne sait pas placer deux phrases sans accrocher sur trois mots au moins. Et franchement, ça l’épuisait. Il aurait voulu être comme les autres, à l’aise et confiant lorsque le temps était aux rencontres. Mais pour lui, c’était une source de stress presque insurmontable. Mais il y avait quelques gens, et ils étaient rares, avec qui Logan n’était pas aussi soucieux. Avec qui les choses coulaient naturellement. Et même s’il avait du mal à s’exprimer correctement, il savait que ces quelques personnes-là étaient patientes et compréhensives. C’était ainsi avec Gabriel. Et c’était un peu difficile à croire. Après tout, il était du type plutôt farouche, tandis que lui… eh bien, il était tout le contraire. Pourtant, c’était bien vrai.

Même s’il avait régressé depuis le second changement d’école, même s’il avait encore du mal à parler sans se mettre à bafouiller, Gabriel était là. Il avait été témoin des changements qui s’étaient produits en l’Écossais et les avait accepté, sans l’assaillir de questions. Et même s’ils n’étaient pas le genre d’amis qui passaient constamment leur temps ensemble, qui mangeaient en même temps, qui faisaient toujours les mêmes activités, Logan n’avait jamais douté de la sincérité de leur amitié curieuse et singulière. C’était une relation saine. Juste, simple, rafraîchissante. Sa question s’était perdue dans le silence qui régnait dans la pièce. Même qu’il ne savait pas trop pourquoi il l’avait posée. Il savait que le Française était plus à l’aise ici. C’était une école plus accessible, et on parlait sa langue natale dans ses environs. Et comme pour confirmer ses pensées, il répéta à peu près tout ce qu’il avait pensé, ce qui arracha au ténébreux un mince sourire alors qu’il venait prendre une gorgée de sa bouteille d’eau. Il s’apprêta à répondre mais son ami le devança, lui rendant aussitôt sa question. Le ton du jeune homme laissait entendre qu’il se souciait de son camarade. Et ça, c’était carrément inattendu.

Quelque peu déstabilisé, Logan resta silencieux quelques secondes, l’air fixe et songeur. Mais en réalité, il savait déjà ce qu’il voulait répondre. Seulement, il n’avait pas osé simplement se confier. Il avait dissimulé cette envie de s’exprimer dans une question. Advenant que Gabriel ne lui donne pas l’opportunité de s’exprimer à son tour, il ne l’aurait pas pris de lui-même. Cette réalisation l’attrista un peu. Car même si les choses étaient plus détendues avec son confrère, il voulait tout de même que ce soit lui qui mène la conversation. Arriverait-il un jour à avoir vraiment confiance en lui? Il en doutait. Évidemment.

Un sourire désolé se peint sur le visage du jeune homme. Il prit une gorgée d’eau puis, lentement, commença à parler.


« Je ne sais pas. Je pense que si mais je... Je ne suis pas à l’aise. Ça me prend du temps, devenir c-c-confiant dans un environnement et quand on doit se déplacer d’un en… endroit à l’autre, dans de telles circonstances, ça a son poids sur m-ma personne. J’ai l’impression… » Il rit. Un rire court, sec, amer. « J’ai l’impression d’être encore plus pathétique que je l’étais avant. Même à Virtus, j’ai commencé à me détendre, j’étais un peu plus social, je m… m’exprimais plus facilement. Mais là je suis de re… re… retour à la case départ et c’est t-tellement frustrant. C’est un éternel recommencement et j’en ai…. J’en ai assez. »

Le jeune homme soupira de soulagement. Heureux d’avoir pu dire ce qu’il pensait mais aussi soulagé de ne plus être en train de s’humilier avec ses pauvres tentatives de conversation. Il jeta un autre regard au Français et, à mi-voix, ajouta simplement :

« Désolé. »

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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Dim 13 Juil - 16:30

Les silences qui entrecoupent les conversations avec Logan ne sont jamais inconfortables, ne donnent jamais une impression de mépris, ne mettent jamais Gabriel hors de lui, n'engendrent aucune inquiétude. Ce n'est pas comme avec l'Autre, l'esprit n'est pas le même. Avec l'Autre, un silence signifie soit la victoire, soit l'arrivée d'une attaque plus virulente encore que les précédentes. Avec l'Autre, chaque mot est pesé, affuté, chaque silence permet de mieux faire résonner le coup que l'on vient de porter. Pas avec Logan. Avec Logan, Gabriel s'en rend bien compte, ces silences sont juste là quand personne n'a rien à dire, ils sont là pour permettre de chercher des mots, pas ceux qui vont blesser, mais juste ceux qui permettent de s'exprimer. Parce qu'aucun n'est très doué avec les mots, Logan parce qu'il a du mal à être à l'aise, Gabriel parce qu'il l'est souvent trop, parce que si les grands discours des affaires et du monde et les piques venimeuses de la haine lui viennent naturellement, il ne sait pas les mots de l'amitié, ne les connaît pas, a encore du mal à les apprivoiser, même avec Cassandre à laquelle il tient pourtant plus qu'à bien d'autres personnes ici, même avec Logan, dont il connaît la fragile confiance en lui-même, le genre de personne qui serait facile à briser avec un de ces mots qui ne font plus qu'effleurer l'Autre, mais qu'il n'a pas envie de détruire.

Alors quand Logan prend du temps pour réfléchir à sa réponse, il ne dit rien de plus, le laisse rassembler ses mots, ses pensées, parce qu'il sent bien que cette question, le brun l'attendait, que c'est pour pouvoir partager ses sentiments sans les imposer qu'il a lancé la conversation sur ce sujet dès le départ. La réponse arrivera, et après tout, à cette heure de la nuit, personne ne viendra les déranger, ils ont le temps d'attendre, de ne rien précipiter. Et puis finalement, la réponse arrive, laborieuse, comme si les mots ne voulaient pas venir, comme s'ils refusaient de sortir de la bouche de Logan. Au début, ce bégaiement agaçait un peu Gabriel, et puis il s'y est fait, a appris à ne plus soupirer quand une parole fait de la résistance, à ne plus avoir envie de lui dire de se presser. De toute façon, ça ne ferait sans doute qu'empirer les choses, et il n'en a pas vraiment envie, n'a pas envie de mettre celui qu'il a mis un certain temps à appeler un ami mal à l'aise. Il prend d'autant plus sur lui, sur cette patience qu'il n'a guère, que la réponse de Logan sonne presque quand un appel à l'aide, un signal de détresse, même s'il tente de l'effacer, de l'invalider en la ponctuant d'un simple "désolé". Comme si ses plaintes n'avaient aucune raison d'être, comme si sa détresse n'avait aucune importance, comme si, au fond, tout le monde s'en fichait bien, voir pire, de savoir qu'il ne se sentait pas bien. D'ailleurs, quelques mois plus tôt, c'est sans doute ce que Gabriel aurait pensé, c'est sans doute comme ça qu'il l'aurait vu, comme un pleurnichard incapable de s'insérer, incapable de faire le moindre effort de sociabilisation, incapable de développer ces aptitudes que lui, l'héritier, le futur baron, s'est vu inculquer dès l'enfance. Quelques mois plus tôt, il n'en aurait rien eu à cirer, du mal-être de ce camarade à qui il n'avait jamais vraiment parlé. Sauf que depuis, Logan a su l'aider sans le prendre en pitié, être présent sans s'imposer, là où tous les autres ont échoué, et pour ça, il voudrait l'aider. Il voudrait l'aider mais ne sait pas comment, parce qu'il ne sait pas vraiment aider les gens, juste comme ça, sans rien attendre en retour, sans que ça ne tienne plus du partenariat que du don de soi. Il voudrait l'aider, mais il ne sait pas comment, parce qu'il ne sait pas réconforter les gens, il a du mal avec les mots, comme toujours. Alors à son tour, il garde le silence, une minute, deux minutes, cherche comment pouvoir répondre à ça, comment rassurer Logan, comment lui faire comprendre que ça s'arrangera, et que s'il a besoin de quelque chose, il verra ce qu'il peut faire.

Et puis il finit par hausser les épaules, reprend la parole, sur un ton presque anodin, juste un peu plus sérieux que quelques minutes auparavant.

- T'as pas besoin de t'excuser, tu sais, c'est moi qui t'ai posé la question... Et puis c'est normal d'être perturbé par le changement, j'veux dire, c'est pas comme si c'était particulièrement paisible, comme ambiance. Mais bon, il faut se dire qu'on est toujours mieux ici qu'à Virtus, c'était vraiment immonde là-bas.

Les paroles sont maladroites, il s'en veut à lui-même de ne pas être capable d'en trouver de meilleures, lui qui pourtant sait d'habitude toujours quoi dire. Mais il n'a pas pu faire mieux, il ne sait pas réconforter les gens, les rassurer. Alors en attendant, il espère juste que ça suffira. Qu'il ne s'est pas trop planté.

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Mer 16 Juil - 6:07

Mon excuse pathétique se perd dans le silence qui règne dans la pièce. Je n’entends rien d’autre que le rythme régulier de nos respirations. Je me décompose un peu, perd de ce confort que j’ai commencé à gagner avec lui. Son silence me fait peur, en ce moment. Parce que je sais comment il peut être avec les autres. Je connais les mots secs qu’il peut employer, j’ai vu la pointe d’aigreur qu’il a dans l’âme se montrer de temps en temps. Je sais à quel point il peut être imposant. Et pour un instant, j’ai peur qu’il aille atteint la limite avec moi, j’ai peur d’avoir épuisé sa patience, qu’il réalise qu’il n’a pas de temps à perdre avec quelqu’un comme moi. Demi-homme, qui n’a rien de grand que sa taille. J’ai peur que ce soit fini, que ma liste d’amis s’écourte une fois de plus. Parce qu’on peut s’habituer à la solitude. Mais elle est toujours glaciale. Elle blesse avant d’engourdir. Elle mord avant de laisser saigner. Je suis seul parce que c’est la bonne chose à faire. Parce que c’est mieux pour eux, c’est mieux pour moi. Je suis seul parce que je n’ai pas le choix. Parce que c’est mon sort; je ne l’ai pas choisi mais c’est mon devoir de l’endurer. Jusqu’à ce que je trouve une solution. Parce qu’il doit y en avoir une. Je refuse de croire qu’il n’y en a pas.

Mais en réalité, j’aimerais mieux ne pas avoir à souffrir de cette solitude nécessaire. J’aimerais pouvoir sortir sans m’inquiéter, sans toujours penser au pire scénario, sans me préparer à devoir me sauver si le besoin y est, sans risquer de mettre les autres en danger. J’aimerais effacer ces cicatrices sur mon corps qui me rappellent à chaque jour que des monstres m’ont déjà habités et qu’il y en aura d’autre. Car ça n’est pas mon don en entier, qui est maudit. J’ai appris à vivre aisément avec les apparitions aléatoires des esprits et fantômes des environs, je n’ai plus peur des ombres qui se tracent au bout d’un lit, des voix défaites qui murmurent à mon oreille. Je les comprends, j’essaie de les aider. Je les ai apprivoisés, ces spectres de vies passées et éteintes. Mais on ne peut pas s’habituer à quelque chose qui nous prend de l’intérieur, qui nous coupe le souffle, qui nous aveugle, qui nous séquestre dans notre propre corps. On ne peut pas accepter que notre corps serve à faire des choses aussi immondes sans que l’on puisse les arrêter. Être témoin de sa propre déchéance, c’est quelque chose d’absolument terrifiant.

Il parle. Presque doux, beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais. Je le regarde dans les yeux, l’écoute attentivement malgré la gêne qui grimpe en moi. Tu te plains vraiment pour rien, Logan. Tu devrais juste apprendre à te taire, Logan. Qui suis-je, pour prendre pour acquis l’avis d’une personne sur moi? Personne. Mais je n’y peux rien. Ça rend mon isolement plus facile. Justifiable.  Je regarde Gabriel dans les yeux. Quelques secondes passent après qu’il aille finit sa courte tirade avant que je n’esquisse un sourire.  Je ne sais pas quoi lui dire, vraiment. Parce que nous savons, tous les deux. Nul besoin de s’étendre encore sur le sujet. Je prends une gorgée de ma bouteille d’eau, attends encore quelques secondes puis je dis, le ton doux :


« Merci, Gabriel. Je sais que je ne suis pas la personne la… la plus facile à gérer. J’apprécie ta patience et ton écoute, vraiment. »

J’hésite encore. Il faut vraiment que j’arrête ça. Cette manie que j’ai de trop penser, de tout tourner et de retourner dans ma tête. Il faut que je vive. Que j’oublie.  Je termine ma bouteille d’eau, la pose sur la table centrale et lance finalement, une trace timide de mon sourire d’un peu plus tôt toujours accrochée à mes lèvres :

« Tu voudrais aller faire un tour dehors? Ju-juste pour prendre l’air un peu. Changer de paysage. On voit très bien les étoiles cette n… nuit. »

Spoiler:
 

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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Lights [PV Gaby][Terminé]   Ven 29 Aoû - 0:31

Pendant un moment, Logan ne répond pas, et sur le coup, Gabriel a peur. Peur de s'être foiré. Peur d'avoir réussi à blesser une des seules personnes qu'il essaye de réconforter. Peur de s'être tellement laissé aller aux paroles de haines avec l'Autre qu'il ne sait plus utiliser que celles-là. Il a peur pendant un moment, et puis finalement, dans la pénombre à laquelle ses yeux s'habituent doucement, il voit les lèvres du brun s'étirer, former un sourire, et il se rassure. Il ne s'est pas foiré, pour une fois, il a su calmer les doutes de quelqu'un au lieu de les encourager, de fourrager dedans comme on tisonnerait des braises. Et puis quand Logan reprend la parole, ce sont les lèvres de Gabriel qui imitent les siennes. Parce que ce n'est pas si souvent qu'on le remercie pour sa patience, pour son écoute. Parce que d'habitude, on dit plutôt de lui qu'il est irritable, qu'il est du genre à vouloir que tout lui soit donné à l'instant où il l'exige, qu'il a sans doute été trop gâté, qu'il n'est qu'un gosse de riche, et c'est en partie vrai. Non, il n'est pas connu pour sa patience, pour sa générosité, pour son altruisme, et pourtant, c'est bien pour ça que son ami vient de le remercier. Alors ça le fait sourire, lui arracherait presque un rire s'il n'était pas aussi tard, cette incongruité de leur relation qui en étonnerait plus d'un, si des gens étaient au courant de cette amitié discrète qui unit ce pauvre type pas très à l'aise socialement à l'imposant héritier déchu des St-Andrez. Et puis soudainement, Logan reprend la parole, coupe presque brutalement le silence qui était revenu s'installer entre eux, ce silence confortable qui n'a pas toujours besoin que des mots viennent le remplir. Il reprend la parole, et sa proposition fait s'écarquiller les yeux de Gabriel, le replonge en arrière, il y a quoi, deux ans, trois ? Cela lui semble une éternité. La dernière fois qu'il a regardé les étoiles, il marchait encore. La dernière fois qu'il a regardé les étoiles, c'était en Russie, c'était ce soir-là, ce soir étrange qu'il ne comprend toujours pas, ce soir de trêve où l'Autre et lui ont déposé les armes, ce soir de trêve où ils se sont juste posés dans l'herbe, parce qu'aucun n'arrivait à dormir, et où l'Autre avait commencé à parler de mythologie, juste comme ça. Ils n'en ont jamais reparlé, lui-même a du mal à y repenser sans se sentir confus.

Cette proposition l'a fait plonger dans le passé, alors il lui faut un instant pour réagir, pour se ressaisir. Mais Logan a l'air motivé, Logan sourit, semble se sentir mieux que quelques instants auparavant, alors il se reprend. Se redresse un peu dans le fauteuil, finit sa bouteille d'eau à son tour, prend le temps de lui adresser un sourire avant de répondre.

- Pourquoi pas ? Ça peut être sympa…

Il débloque le frein, pousse sur le joystick pour faire avancer le fauteuil jusqu'à la porte, puis ralentit, se retourne vers Logan.

- Au moins, tu ne devrais pas avoir trop froid.

Presque une blague pour lui faire oublier le trouble qui l'a pris tout à l'heure quand il s'est mis à repenser à cette nuit avec l'Autre. Presque une blague parce que son don l'empêchera sans doute de profiter de la légère brise à l'extérieur, mais qu'au moins Logan, lui, y aura droit.

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