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 Du venin dans ta bouche { Logan

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Cassandre S. Lipovsky

Zénith Déléguée


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MessageSujet: Du venin dans ta bouche { Logan   Lun 9 Juin - 17:25



Tu es plutôt du genre à arriver à vingt-trois heures lorsque la soirée débute à vingt heures trente. Pourtant cette fois ci tu es en avance. Les organisateurs sont Jesse et Baptiste, et même si vous avez rarement des choses intéressantes à vous dire, vous étiez devenus pas mal proche, à force d'avoir tout le temps rien à faire, à part boire de la vodka en sortant des cours. Alors tu avais décidé de leur donner un coup de main. Ils avaient réservé le réfectoire, avec promesse de le rendre nickel chrome avant sept heures le lendemain matin. Il n'était que dix-neuf heures quand tu étais en train de disposer les bouteilles d'alcool sur la table du fond, et que les deux garçons ramenaient des estrades de fortunes pour les concerts qui allaient se dérouler. Il faut dire, ils savaient s'y faire dès qu'ils avaient un budget.

Quand tout semblait presque fini, ou du moins quand ta condition de femme faible t'empêchait de les aider plus que ce que tu avais déjà fais, tu t'éclipsas pour aller prendre une douche, pour te rhabiller. Ce fut le plus compliquer. Décider de à quoi tu ressemblerais ce soir. Alors tu lissas tes cheveux et enfila un top-tunique bleu électrique que tu rentras dans une jupe noire remontée au dessus de tes hanches. Un tour sur toi même. Tu te dis qu'avec les lumières, on ne fera pas trop attention à la balafre qui dépasse légèrement sur ton épaule. Tu arranges juste tes cheveux pour un peu mieux la dissimulée. Maquillage et bracelets. Tu es prête.

Tu pousses les portes, et là, ça a bien changer. C'est la première fois que tu vois l'école Suisse comme ça. Sombre avec juste des neons bazardé le long des murs, quelques spots, notamment vers la table et la scène. En fait, tu te dis que les grosses soirées comme ça, ça fait bien longtemps que tu n'en as pas vu. Pas l'une de celle où l'on doit s'habiller en robe rasant le sol, où le moindre détail de sa peau doit respirer le fric. Pas l'une de celle où vous êtes quatre enfermés dans une chambre, assis par terre à jouer aux cartes pour ne pas se dire que vous êtes juste là pour vous quiller. C'est le genre de fêtes pour lesquelles tu avais commencé à te perdre. Pour les concerts, pour la musique qui transperce ta peau, la basse qui fait vibrer ta poitrine. Et le pire dans cette histoire, c'est qu'il est à peine vingt et une heure et la salle est déjà bien remplie. Le pire dans cette histoire c'est que le premier groupe, celui du colloc' de Jesse, va bientôt monter sur scène. et que tu te revois déjà trois ans en arrière.

Tu te diriges vers la table bar. Tout le monde amenait un petit quelque chose ou payait, pas beaucoup, quelques CFH, ce qu'ils voulaient, juste pour que l'alcool coule à flot. Alors tu choppes un gobelet et commence à te servir un verre de punch avant de retourner te perdre dans la foule. Te dire que tu vas enfin commencer à te sentir chez toi dans ce pays trop au Sud.

Puis tu croises son regard.

Ca te stoppe. Tu te fige un instant, la bouche entre-ouverte. Juste une demie seconde. Et tu passes ta main libre dans tes cheveux avant de te diriger vers lui, jetant un coup d'oeil rapide à ton allure générale. C'est le genre de choses que tu ne peux pas trop louper, sur des situations comme ça. Parce qu'il est encore tôt. Il n'est pas encore assez monté pour perdre sa non-confiance en lui. Juste assez pour savoir que tu peux le blesser. Même s'il y a eu ce flottement. Cette hésitation.

Tu lui fais maintenant face, la tête un brin tournée vers la gauche, la jambe droite en appuis. Et tu réfléchis très rapidement aux premiers mots qui doivent sortir de ta bouche. A peine assez blessants pour qu'il les sente, pas assez pour qu'il se ferme. Parce que dans le fond, tu l'apprécies encore. Après toutes ces années. Tu ne veux simplement pas l'avouer.

    « Logan. Tu penses qu'on peut discuter en se regardant dans les yeux ou il n'est pas encore assez tard pour ça ? »


Tu lui adresses un léger sourire. Tu ne sais pas du tout comment il va le prendre. Et dans le fond, tu aimes être surprise. Juste avoir une trame de base et que la tournure des événement prenne le dessus. Tu en as marre de t'ennuyer dans ce qui est déjà tout tracé.

Et tu amènes ton verre à tes lèvres.






[HS : Tu peux faire ce que tu veux du don de Cassandre. Elle ne le maîtrise que très peu, donc il peut complètement foutre bordel. Ou pas, comme tu veux.]

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Logan Sutherland

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Lun 9 Juin - 22:10

Franchement, je ne sais pas trop pourquoi je suis ici ce soir. Pourquoi j’ai pris la peine de bien choisir mon jean, pourquoi j’ai laissé les trois premiers boutons de ma chemise défaits. Ça sent le désespoir et ça, ça me dégoûte un peu. Les derniers efforts du condamné, les faux espoirs, les vaines tentatives. Le soin que j’ai pris à me raser et à me parfumer me dégoûte. Parce qu’en fait, même si j’essaie de faire comme si de rien n’était, même si je m’emplis la tête d’idées à la con comme « C’est juste une petite soirée » ou « Ça va me détendre », je sais que je vais échouer en bout de ligne. Cette soirée aura beau être un succès où j’arrive à me détendre, où je me bourre suffisamment la gueule pour être fréquentable, où j’ai assez confiance en moi-même pour agripper quelqu’un par le menton et l’embrasser, je sais que ça ne vaut rien. C’est faux, inauthentique, synthétique et misérable. Et au plus profond de mon être, je suis toujours ce mec pathétique qui n’arrive même plus à s’adresser à sa propre mère sans combattre violemment les bégayements. Une fois de plus, j’ignore cette crasse de réalité et je tente mon coup. Je me prépare, je m’enfile quelques gorgées de whisky dans le gosier. Liquid courage.

Je ne suis pas arrivé deux minutes que je me dirige vers la table où on offre l’alcool. Un shot d’abord, puis une bière. Ça commence à aller, doucement, j’ai les joues qui s’engourdissent un peu mais je suis encore totalement lucide. Seulement, un poids semble s’être levé de sur mes épaules. Ça n’est pas grand-chose, c’est loin d’être l’une de ces soirées où je finirai au sommet du monde, mais ça fait ça de gagné. C’est suffisant pour me permettre de croire que les gens ne me regardent pas tous comme si j’étais sur le point de devenir le monstre qu’ils m’ont déjà vu être. Je m’avance un peu vers le dancefloor mais je reste toujours à l’écart, piquant quelques gorgées à ma bouteille. Je regarde. J’admire les couleurs des néons, les sourires des uns, les corps des autres. Tout le monde semble être de bonne humeur. C’est une bonne chose. On a besoin d’un peu de répit, d’un moment pour respirer. Tout le monde dans cette pièce à son vécu et parfois, on a besoin de le laisser de côté, de l’oublier un peu pour se perdre dans l’énergie jeune et insouciante de la foule. On a besoin de se retrouver. Eux, surtout. Moi, je ne me permets pas souvent de le faire.

Puis je la sens au fond de moi. Dans mes tripes qui se serrent. Elle remonte jusqu’à mes poumons, m’oblige à respirer un peu plus fort. Mes sourcils se froncent avant que je ne la vois finalement, s’approchant de moi beaucoup trop féline et confiante pour que je sois à l’aise. Comme d’habitude. Et j’ai envie de me sauver comme un gosse apeuré. Comme d’habitude. Mais quelque chose m’empêche de le faire. La foule, la bière entre mes mains, cette naissance de confiance qui persiste toujours dans mon cœur. Je détourne mon regard gris-bleu dès qu’elle se range devant moi. Elle est si petite, à mes côtés. Et pourtant, je me sens minuscule. Sa voix semble tonner à mes tympans; première pique de la soirée. Subtile, songée, pas tout à fait blessante; elle est douée. Je m’achète du temps, terminant ma bière de deux grandes gorgées. Je mords ma lèvre inférieure un bref instant, comme pour me ramener à l’ordre. Ne fait pas un con de toi-même, Logan. Reste calme. J’ose finalement poser mon regard dans le sien, je sens ma pression artérielle monter. Reste calme.


« Il y a des gens b… beaucoup plus intéressants que tu peux aller en-embêter ici, Cassandre. »

Je ne l’ai pas lâchée des yeux. J’ai accroché sur quelques mots, mais je ne l’ai pas lâchée des yeux. Et comme poussé par ce petit élan d’espoir, je la contourne et je me rends à nouveau vers le bar pour saisir une autre bière. Parce que je sais que ceci n’était que la première ronde. Elle reviendra à la charge. Comme toujours.
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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Mar 10 Juin - 14:15



C'est une personne bien, ce Logan. Il n'est pas comme toi à tenter de répandre la discorde juste parce que tu t'ennuies, il n'est pas là, à diminuer les autres pour se sentir grandi. Toi, tu as besoin d'être mise sur un pied d'estale. Tu as besoin que l'on parle de toi, que l'on te regarde. Tu as besoin d'être au centre de l'attention. C'est comme ça que tu te sens vivante, importante.

Alors le fait qu'il ne fasse que butter sur ses mots, qu'il continue de ne pas lâcher ton regard t'ébranle. Un brin. Juste de quoi cacher ton sourire derrière ton gobelet en plastique. Il n'y a que les personnes sur d'elles qui t'affectent. Celles qui s'effacent ne sont souvent que celles que tu utilise pour te distraire. Les personnalité fortes, qui s'opposent et te résistent. C'est celles là qui te font vibrer. C'est celles là qui vaillent la peine d'être rencontrée. Alors c'est encore plus magique, lorsque tu en vois une se transformer. Devant toi et sous tes yeux. Et tu pinces tes lèvres. Un peu impressionnée.

Tu pourrais être une fille bien.
Essayer d'utiliser ton don pour qu'au contraire, il se sente bien, sûr de lui. Et tu sais que le pire dans cette histoire, c'est que ça te ferait sûrement plaisir. Mais alors tu n'aurais plus aucune emprise sur cet individu tout droit sorti de ton passé, tu n'aurais plus aucune place un peu à part, même dans le dégoût. Et encore une fois. Le besoin d'être unique se fait sentir.

Il s'échappe rapidement, et tu ne te retournes pas de suite. Laissant flotter un moment d'hésitation. Tu pourrais le laisser là. Lui foutre la paix. Et c'est ce que tu t'apprêtes à faire lorsque le groupe se met à jouer. Ca te ramène à ta réalité. Alors tu te rapproches de la table, venant te prendre un shooter, posant ton gobelet sur un bout de nappe en papier.

    « Crois pas que tu es inintéressant. »


C'est déjà un énorme compliment, venant de ta part. Parce que tu ne pouvais pas dire qu'il était intéressant, tu ne pouvais pas dire qu'il t'intéressait. Ni même que tu avais envie de sa compagnie, sa voix. Tu aurais simplement pu dire que tu n'étais pas là pour l'embêter, juste pour passer du temps. Non. A la place tu fais cette demie remarque. Un peu pour redorer ce que tu venais d'attaquer. Juste pour qu'il ne sache plus vraiment dans quel camps tu étais.

    « Shooter ? »


Tu attrapes uns second mini-gobelet que tu remplis du sayer. Tu attrapes de la tequila pour remplir les deux verres que tu complète avec un peu de schweppes tonic. Tu avais bien horreur de ça, le tonic. Mais c'était de tradition.
Tu lui tends alors le paf, toute sourire. Comme une gamine de seize ans prête à prendre sa première cuite.




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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Mer 11 Juin - 5:53

C’est une sensation particulière que j’éprouve en m’éloignant de Cassandre. Comme si on relâchait un nœud qui s’était solidement serré autour de mon cou. Comme si on me redonnait le souffle qui semblait s’être coupé dès qu’elle s’était adressée à moi. J’ai aussitôt senti mes épaules se dégager, ma posture devenir plus solide, moins recourbée. C’est à peine si je ne bombe pas un peu le torse. Je sais que son don a beaucoup à voir avec la façon dont je me sens à ses côtés. Ça ne doit plus être un secret pour qui que ce soit. Cela fait des années que l’on étudie ensemble, que l’on apprend à se connaître, que l’on vit des choses parfois terribles et parfois merveilleuses ensemble. Tout le monde connaît au moins un peu l’histoire de tout le monde, c’est la moindre des choses. Elle sait quel est mon don, elle en a déjà été moins, elle me l’a même déjà ramené sur la gueule quelques fois, quand ça lui disait d’être cruelle. Et moi… Je subis le sien à chaque fois que je la regarde dans les yeux. Qu’elle le veuille ou non, je n’ai jamais réussi à me sentir à l’aise et authentique à ses côtés. Elle est le chaos. Et moi, tout ce que je veux, c’est un peu de stabilité.

Mais elle se rapproche. Évidemment, je le savais. C’est Cassandre. Elle n’allait pas me laisser partir juste comme ça. Elle était trop persévérante, trop obstinée. Je ne peux pas m’empêcher de lâcher un court soupir alors que je la vois s’installer près de moi du coin de l’œil. Je n’ai même pas eu le temps de prendre une gorgée de ma bière. Vraiment, je n’aurais pas dû venir ici. J’aurais passé la soirée tranquille à lire, à écouter ma musique, à fumer. Comme je le fais à presque tous les soirs. Je sais que c’est mieux comme ça, que c’est plus sécuritaire pour moi et pour les autres, que je ne risque pas non plus de me faire harceler. Mais non, il a fallu que je tente mon coup, que je me donne espoir. Quelle connerie. Et puis elle parle. Étend cette vague de chaleur dans mon torse qui me donne un peu envie de vomir. Sur mon visage se trace une moue défaite, entre la détresse et la tristesse. J’en ai assez. Je porte ma bière à mes lèvres. En prend une gorgée. Puis deux, puis trois. Et au bout d’une minute, elle est vide. Je laisse l’alcool descendre, pose la bouteille avec les autres vides. Je ne sais plus quoi faire.

Mais je commence par prendre le shooter. Le regarde un instant, pose mes yeux contre ceux de Cassandre. Je la défie presque alors que, sans répondre, j’avale le contenu du shooter. C’est chaud au fond de ma gorge. Je dépose le verre, prend sans hésiter une autre bière. Je me sens un peu plus fort. L’alcoolémie qui monte dans mon sang fait son travail. Je m’approche de Cassandre de deux pas, me penche un peu vers elle. Je veux la confronter, mais je sais qu’elle voit cette lueur suppliante au fond de mes yeux qui commencent à s’embrumer d’alcool.


« Pou… Pourquoi tu me fais ça, Cassandre? »

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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Mer 11 Juin - 11:23



Tu ne pensais pas qu'une remarque presque gentille pouvait le mettre encore plus mal à l'aise que ta première pique de la soirée. Vous ne vous étiez échangés que quatre phrases, mais la tension était déjà plus que palpable. Et même si d'un côté, ça te plaisait, tu n'avais pas envie que tout votre début de soirée se passe dans la haine.

Tu le vois avaler sa bière, puis le shooter que tu lui as servis. Tu tapes le tien pour le faire mousser et l'avale cul sec. Ca t'arrache une grimace que tu caches vite. Tu reprends alors ton gobelet pour te faire un tequ sunrise. Boisson de fille. Parfait. Et tu manques d'avaler de travers quand il prononces ton prénom. Tu préfères qu'on t'appelles Lipovsky. Il n'y a que tes amis qui t'appellent Cassandre. Personne ne t'appelle Cassandre.
Une hésitation sur tes mots. A savoir si tu vas être vraie ou simplement être imbuvable.

    « Parce que j'en ai envie. »


Tu avales une gorgée, passe ta main dans tes cheveux. Vous ne seriez pas si près de la table, tu lui proposerait de danser. Juste histoire de ne plus parler. Qu'il accepte ou pas, tu es tout à fait capable d'essuyer un non. 

    « J'avais envie de te parler. Et puis, tu dois le savoir, que je fais pas entièrement exprès. »


Tu soupires un instant. Il était bien placé pour le savoir que ton don était un bordel inimaginable pour toi. Il te complexait déjà assez, il te faisait croire que tout ce que tu pouvait entretenir avec les gens, positif ou négatif, n'était dû qu'à lui. Et dans le fond, ça te rongeait, de ne pas pouvoir être certaine d'être toi pour les autres, ça te rongeait, de n'être qu'un artifice surfait.

Tu te concentres un moment, pour le brider au possible. Mais tu te dis que s'il continue de boire, il devrait assez gagner confiance en lui pour que ton don ait l'effet inverse et amplifie ce sentiment de hauteur. A moins qu'il soit en ce moment même en train de capter ton doute. Mais voilà. Tu essayes, vraiment. De rien avoir. Perdu cette illusion, ce joker empoisonné. 

    « Et puis dans le fond, tu me manque. Un peu, pas beaucoup. »


Tu finis ton verre. Sens le rouge commencer à monter à tes joues. Si ce n'était pas quelqu'un avec qui tu avais un duel de confiance, tu aurais sûrement détourné le regard, un instant. prétexté regarder les membres du groupe jouer une reprise de Mardy Bum. Mais non. Tu ne t'en donnes pas le droit. Alors juste tu maintiens tes yeux dans les siens. Avec cet air un brin moins confiant. Un brin moins hautain.






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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Ven 13 Juin - 2:54

« Arrête de me mentir. »

Mon ton est clair, presque sec. Mais je suis incapable de l’être vraiment, on a tué cette partie de moi. C’est l’alcool. Normalement, je me serais écrasé comme une pauvre bestiole sous son pied. J’aurais gardé les yeux baissés, l’échine courbée, je me serais fondu en excuses – qui oserait s’opposer à la grande Cassandre Lipovsky? – et je serais parti, sans demander justice, sans insister une seconde. C’est tellement plus facile s’effacer que de réclamer ce qui nous est réellement du. Parce que rien dans la vie n’est juste et on doit toujours se battre pour obtenir quelque chose. Lutte constante entre les désirs des uns, les droits des autres et les caprices de tous. Certains gagnent plus que d’autres, qui eux semblent toujours perdre. Mais c’est la vie, aussi moche puisse-t-elle être. Je ne m’oppose presque jamais à l’ordre naturel des choses. Cassandre est une gagnante, je suis un perdant. Je ne sais pas ce qui m’a donné cette envie de faire trembler cette frontière, mais je me surprends presque. Demain, je le regretterai sans doute déjà. En attendant, j’oublie mes propres scrupules et je profite de cet élan de force qui coule dans mes veines. Je la regarde toujours droit dans les yeux.

Et je pense à tout ce que j’ai déjà eu envie de lui dire. Je pense aux mots à la frontière de ma gorge qui luttent pour sortir mais que je retiens. Parce que même si mon aveu impulsif ne serait pas élogieux, je ne peux pas m’empêcher de vouloir son bien. Je ne pourrais jamais la détester, même si ça serait plus facile. Et ça n’est pas que son don qui m’empêche de le faire, même que je pense franchement qu’il joue un rôle très secondaire dans cette histoire. Cela doit bien faire une minute que je me suis tût. Je dois faire quelque chose, mais je sais que je ne peux pas juste rester comme ça à la fixer. Je lâche un court soupir et, d’une poigne ferme sans être agressive, je lui prends la main et l’entraîne un peu à l’écart. Je ne l’ai pas forcée; si elle avait voulu se dégager, elle aurait pu aisément le faire. Sitôt un peu plus loin, je me retourne vers elle et la regarde. J’espère qu’elle ne voit pas qu’en fait, j’ai un peu peur.


« Tu sais ce qui me… me dérange dans tout ça? C’est que je ne peux pas te lire. Je n’ai jamais été c-capable. Et parfois il me prend l’idée folle de vouloir une relation saine avec t… toi, mais ça m’angoisse tellement. De ne pas savoir vraiment ce que tu penses, de ne pas pouvoir te faire confiance. Tu me fais peur, Cassandre. Je te regarde et j’ai envie de fuir. Et une partie de moi voudrait que ce soit di…différent. Tu comprends? »

Je n’ai pas lâchée sa main. Réflexe de préhension, sans doute. Ou simple instinct humain.

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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Ven 13 Juin - 11:21



Faible.
Tu es faible. Tu le caches, tout le temps, en continue. Tu fais semblant d'être solide, d'être un rock, mais c'est faux. Tu as cette assurance, palpable, cette aura qui se dégage de toi qui te permet de faire semblant. Mais dès que quelqu'un te tien tête alors qu'il n'est pas censé le faire, tu te sens vulnérable. Tu aimes tellement tenir tête, c'est quelque chose que tu t'es habitué à faire, que lorsque ce n'est pas le cas, lorsque les événement te surprennent, en plus de te sentir vivante, tu te sens enfant. Gamine de six ans.

C'était quatre petits mots. Quatre simples mots. Comme un ordre. Maintenu par son regard. Et le pire c'est que tu ne mens pas. Tu pourrais te vexer. Lui piquer une crise, de t'accuser à tord. A la place tu baisses un peu le visage, continuant de chercher son regard. Comme une enfant prise sur le fait, prête à assumée. Comme si tu venais de dire quelque chose qu'il ne fallait pas mais qui était vrai. Pourtant tu restes dans ton silence. Comme si une bulle s'était créée autour de vous. Tu n'entends plus la basses ni la batterie. Ni même le chant ou la guitare. Tu n'as plus que ses mots en têtes. Ta main passe dans tes cheveux, se posant sur ton épaule. Et tu serres un brin ta peau. Vivre.
Le besoin de souffrir un brin pour mieux respirer. Manquer d'oxygène pour remonter à la surface.

Il m'attrape. M'amène un peu plus loin. Un peu plus perdus dans la foule. Un peu plus seuls. Et il se lance. Dans sa petite tirade. Et ton visage s'étire dans un sourire. Ceux comme quand l'on rit sans un bruit. Ta seconde main cache un peu ton visage. Et tu finis par serrer la sienne.

Tu n'es qu'une enfant gênée. Le genre de fille faible que les longues tirades font craquées. Tu es timide, sous ta couche d'artifice. Tu es adolescente, avec ta fausse assurance. Tu laisse le silence se poser entre vous. Pas longtemps. Quelques secondes. Cinq. Peut-être dix. Moins de vingt. Et tu parles. Pas vraiment doucement, juste assez pour qu'il puisse t'entendre malgré le monde extérieur. Juste assez pour ne pas donner l'impression de crier.

Parce que c'est avec des phrases comme ça, que tu comprends pourquoi tu l'as aimé. A ta façon.

    « T'as pas besoin d'essayer de me lire. »


Parce que même toi tu n'y arrives pas. Alors comment quelqu'un d'autre le pourrait ? Surtout quand tu essaye de le déstabiliser ? Tu poses ta main au dessus de sa hanche, geste pour te rapprocher un peu. Et tu le regardes avec tes grands yeux bleus.

    « Je comprends. J'ai un peu la même impression. Enfin... Y a tout mon être qui me crie de te faire du mal. Ou du moins de pas te vouloir du bien. Pourtant, dès que je t'assène une remarque un peu trop acerbe, je m'en veux et j'ai envie de me ronger de l'intérieur... »


Aveux à peine murmurés. Tu es partagée entre l'envie qu'il n'ait rien entendu et le désir qui saches. Ces derniers temps, tu te montres beaucoup trop vulnérable. Beaucoup trop vraie. Alors avant qu'il ne puisse répondre quoi que ce soit, tu éclaircit ta voix, et reprends bien plus fort, plus assuré.

    « Ca peut ne pas être compliqué. Différent. »


Tu voudrais être belle, influente. Tu voudrais être capable de ne pas te créer des problèmes, mais les habitudes ont la vie dure, alors à la place tu essayes de les résoudre, maladroitement. Pourtant il n'y a qu'une chose que tu voudrais être. Qu'une chose que tu veux paraître. Surtout là, maintenant, devant lui.
Forte.






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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Lun 30 Juin - 7:52

Et je sens cette faiblesse au creux de mon genou, un souffle raté, un battement cardiaque figé, la bouche qui s’entrouvre, cette chaleur confuse mais bien présente qui s’étend dans mon torse et mes épaules pour descendre le long de mes bras. Ça a toujours été comme ça avec elle, et c’est suffisant pour me rendre fou. Avec l’alcool qui m’engourdit les joues et la tête, je vois de moins en moins clair dans tout cela. Les émotions se mélangent, s’entrechoquent, s’intensifient et me déboussolent. Et même si je n’entends plus la musique depuis un moment, j’ai l’impression que la basse va me percer le cœur. Je ne peux pas la lâcher des yeux. Elle est si près de moi. Trop, même. J’ai du mal à ne pas me noyer dans son regard. Et nos mains qui sont toujours enlacées. Et mon dos qui a terriblement envie de se recourber un peu plus pour être près d’elle. Je sais qu’elle le sent, même si j’en ai honte. Cette pointe de désir, cette faiblesse, cette pulsion qui m’attire à elle. Je n’aurais pu dû boire autant que je l’ai fait. Je suis toujours en contrôle de mes moyens, je peux marcher sans problème, j’ai la parole claire. Mais cette barrière émotionnelle que j’ai bâtie au fil du temps s’écroule.

C’est une bonne chose, parfois. Après tout, c’est toujours ce que je fais quand j’ai envie de me sentir moins seul. Je bois, je bois, je me drogue un peu. Je bois encore. Puis je deviens plus tactile, plus ardent, plus charmeur. Je m’approche, l’enlace, j’embrasse, je murmure. Et le lendemain, je redevins le Logan que tout le monde connaît. Discret, retiré, qui bégaye et qui se fond en excuses pour un rien. Mais je n’aime pas le faire avec Cassandre. Je n’aime pas cette force, mêlée de faiblesse et d’envie, qui me pousse à poursuivre quelque chose avec elle. Cette même sensation qui s’étend en ce moment-même dans mon corps en entier. Je l’écoute parler, je me mords la lèvre inférieure. Sans la quitter du regard, sa petite main toujours au creux de la mienne. Et je me permets d’être ainsi parce que je sens que, même si elle déteste sans doute se l’avouer, elle a laissé tomber ses propres défenses. Je l’ai toujours trouvée plus belle dans sa vulnérabilité. Ça la rend humaine. J’ai cette envie d’elle qui commence à me ronger. Il faut que je regarde ailleurs, il faut que je fasse quelque chose. Parce qu’en fait, on n’a plus rien à se dire. Ce sera toujours compliqué, même si elle prétend le contraire. Mais ce soir, je choisis l’ignorance. Je me laisse prendre au jeu, je me laisse envoûter. Juste un peu.

Ma main serre un peu la sienne.


« Viens, on va danser. »

Cette fois, je l’emmène vers la piste de danse, bondée. Encore une fois, si elle avait voulu se défaire de mon étreinte, elle aurait pu le faire. Mais nos doigts sont toujours soudés. Il y a des gens partout autour de nous, la musique qui tonne, les lumières qui, dans leur ombre, font disparaître encore quelques-unes de mes inquiétudes. Je la regarde dans les yeux une dernière fois, passe en réflexe ma langue sur mes lèvres puis je la fais tourner sur elle-même, pour qu’elle se retrouve dos à moi. L’un de mes bras s’accroche à sa taille, la main de l’autre caressant sa hanche, sans trop réfléchir. Je me mets à bouger au rythme de la musique, yeux mi-clos, mon corps se penchant naturellement vers elle comme pour l’entourer, la couver. Ma joue trouve sa tempe, pour éviter que mes lèvres trouvent les siennes.

Now I got you in my space
I won’t let go of you
Got you shackled in my embrace
I’m latching on to you

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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Mar 8 Juil - 12:03



De temps en temps, tu te dis que tu es une vraie salope. D'autres un simple coeur d'artichaut. Tu ne sais pas trop. Tu ne sais pas vraiment. Tu ne sais pas. Parce que ton coeur vacille facilement. Parce que tu les aimes tous et tu n'en aimes aucun. Tu ne saurais pas vraiment comment expliquer ça. Tu sais juste que ça t'empêche d'être au clair avec toi même. D'être au clair avec les autres. Ca t'empêche de vivre pleinement ta vie. De profiter de l'instant présent comme si ce soir aller s'éteindre. Ca t'empêche de te projeter dans l'avenir. Créer des choses pour demain. De temps en temps tu te dis que tu es une vraie salope. D'autres un simple coeur d'artichaut.

Tu es un peu toute chose. Comme une adolescente de quinze ans. Quand son regard croise le tien. Mais la lumière et l'alcool seront ton alibi au léger rosissement de tes joues. Tu aimes que sa main se raccroche à la tienne. Tu aimes te sentir petite dans des bras. Comme si on devait te protéger. Comme si tu finissais par redevenir toi. Celle qui existait avant la drogue et le besoin de se montrer. Celle qui existait avant qu'elle ne pense qu'un nom faisait tout. Tu voudrais redevenir Cassandre plus que Lipovsky. Enfant chantant plus qu'adolescente pleurante.

Il te tire. T'attires. Et tu ne prononces toujours pas un mot. Parce que même si tu les as toujours utiliser à ton avantage, le silence est ce que tu préfères. Parce qu'il peut tout et ne rien dire. Un malaise, une envie. Une déclaration, une hésitation.

Tu as le choix. Te croire une dans une salle bondée. Te croire une dans les bras d'un quelqu'un autrefois aimé. Parce que tu n'as pas le temps de comprendre que tu fais un demi tour sur toi-même. Te laissant attraper. Bougeant à son rythme, celui de la musique. Tu ne cherches pas à te retourner, à le redécouvrir. Ni même à chercher sur son visage les parcelles d'inquiétudes, de timidité et de retenue. Tu restes comme il t'as mise : dos à lui. Te laissant guider par son corps. Le tien l'imite à merveille. Tu ne dis rien. Pas un mot. Et puis. Que pourrait il entendre parmi tous ces sons.

L'une de tes main vient se fermer sur son poignet. Juste de peur qu'il s'échappe oubliant de s'enfuir avec toi. Tu es bien petite, à côté de lui. Alors tu penches légèrement ta tête en arrière. La calant dans le creux de ses clavicules. Sentant son souffle sur ta tempe. Et ta main libre passe dans sa nuque quelques secondes avant de revenir vers la tienne, effleurant tout son corps qui vous sépare au passage.

Tu te sens un peu plus vivre.
Dansante.
Sans ne penser à rien d'autre.
Que ce qui est en train de se passer.
Et à la musique qui fait vibrer ta peau.
Et à sa peau qui fait vibrer ton souffle.





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Logan Sutherland

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Jeu 10 Juil - 3:44

Je me noie.

Je me noie dans la basse rythmée qui guide mon corps et qui le fait vibrer de l’intérieur. Je me noie dans la sensation ardente de son corps pressé contre le mien, qui suit mes mouvements avec une insouciance qui me fait rêver. Je me noie dans l’odeur distincte de ses cheveux et de sa peau qui me rappelle un passé pas si lointain où mon cœur avait battu pour elle. Je me noie dans ces envies, ces désirs, ces pulsions qui me crient aussi fort de me sauver que de me rapprocher d’avantage. Je me noie dans mes souvenirs d’elle, de nous, de l’innocence perdue. C’était risqué de l’emmener sur la piste de danse, de rompre la distance confortable qui s’était installée entre nous, tant physiquement qu’émotionnellement. Elle est fragile, ce soir, entre mes bras. Mais je pense l’être encore plus qu’elle. Et une partie de moi ne peut s’empêcher de vouloir crier à la traîtrise, qu’elle le fait exprès, qu’elle profite, qu’elle s’amuse, qu’il n’y a rien là d’autre qu’un jeu pour la distraire. Mais j’aimerais y croire, en sa sincérité, en son authenticité. En cette idée que quelqu’un, un jour, m’aura trouvé désirable, peut-être même attachant et digne d’amour.

Je ne sais plus quoi faire.

Je veux tellement continuer mais je sens que ça dérape, que mon contrôle me file entre les doigts, autant qu’elle bouge contre eux. Je veux arrêter, je veux me sauver, mais son être ne répond plus de la logique. Besoin viscéral, animal de la savoir près de moi, belle et vulnérable. Puis elle se fond à moi encore plus, agrippe ma nuque un instant alors que ses cheveux s’étendent sur mon épaule. Je frissonne, viens me mordre la lèvre inférieure alors que mes doigts se serrent à sa taille. Ses ongles glissent contre ma peau, faisant naître à leur passage des flammes qui, sinueuses, glissent le long de mon corps, de mon torse à mes cuisses. Elle joue fort, elle ne perd pas de temps. Elle se fait tentante, succube. Elle me fait regretter et remercier le moment où j’ai décidé de lui adresser la parole, le moment où j’ai laissé l’alcool toucher mes lèvres, le moment où je lui ai proposé d’aller danser. C’est une lutte sanguinaire qu’elle provoque en moi et j’ai peine à savoir qui en ressortira gagnant. La soif ou la sagesse. Elle ou moi.

J’inspire un grand coup, serre mes doigts contre sa taille. Je me veux ferme mais je ne contrôle pas la chaleur qui émane de ma poigne. Je la fais se retourner, lentement, sans perdre le rythme de la musique. Elle est face à moi, à présent. J’essaie de ne pas trop la regarder mais je me perds dans ses yeux. Je la fixe, la tenant toujours tout contre moi, un bras accroché à sa taille alors que la main de l’autre vient couver son épaule, glissant lentement le long de son bras jusqu’à glisser ses doigts entre ceux de Cassandre. Puis je me penche vers elle, lentement, doucement. Mon nez qui effleure sa tempe avant que mes lèvres se posent sur sa joue. Je goûte sa peau, à peine, avant de murmurer :


« C’est dangereux, Cassandre… »

Je soupire, ferme les yeux. Toujours près d’elle. Si près.

« Je dois m’arrêter. »
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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Mer 16 Juil - 13:47



Si seulement tout avait été plus simple. Si seulement tu n'avais pas renoncé à tout, si seulement tu n'étais pas complexée par ton image, décomplexée par ton corps. Si seulement tu pouvais rentrer dans les rangs. Être ce que tu veux être, et pas ce que tu t'es forcée à devenir au fil des années.
Ce serait plus simple.
Beaucoup plus simple.

Quand ses doigts serrent ta peau à travers ce fin tissus tu te sens bien. Entre danse charnelle et acte dansant. Il me retourne et je le laisse me guider. Comme si nous étions dans un lit, d'un commun accord on prendrait chacun le dessus à tour de rôle. Tu t'attends à encore onduler aux rythme de la basse. Tu t'attends à ce que la soirée de s'arrête jamais. Comme si à travers cette valse des temps moderne vous oubliez tout ce que vous aviez pu être l'un pour l'autre. Comme deux inconnus qui profitent d'une chaleur humaine. Mais ce n'est pas ça. Tu distingues à peine son regard dans le trop noir, trop néon de la pièce. Juste un peu d'éclat sur sa cornée. Juste assez pour que tu entrevoies sur son visage des birbes d'émotions. Ou peut-être que tu les sens simplement au travers de ton corps ? Et sa main se lace dans tes doigts. Et tu sais qu'avant même la fin de cette chanson il va s'en aller. Te laisser comme tous le font. Tu n'en as simplement pas envie. Tu es un livre. Lisible. Alors tes dents cherchent ta lèvre alors que son visage se rapproche de tes mèches brunes. Non non. S'il te plait ne dit rien. Comme une légère envie de pleurer que tu ravales. C'est dangereux dit il. Mais ne vit-on pas pour des shots d'adrénalines ?

Ta main vien chercher ses côtes. S'agrippant au tissus qui les couvrent. Non non. S'il te plait ne t'en vas pas. Tu veux rester là. Qu'importe si l'on vous regarde. Qu'importe même si tu perd la face. Comme si toute son insécurité était venue se logée au creux de ta gorge, lovant ton coeur dans une brume que tu ne connais pas assez. Tu tournes ton visage vers le sien. Hésites un instant.

C'est toujours la même rengaine. Tu ne sais pas laquelle tu dois être. L’audacieuse ou la faible. L'enfant ou la putain.

Et tu finis par lâcher sa chemise. Tu finis par simplement te contenter de sa main. Que tu presses un peu plus au creux de la tienne. Même si tu sembles minuscule. Même si tu sembles insignifiante.

    « Y a pas de raisons. »


A moitié sensuelle. A moitié toi. Ton bras vient se loger dans le bras de son dos. Tu détournes le visage, l'apposant contre sa poitrine. Serrant la tienne contre son corps. Tu respires un peu fort. Tu ne le laisseras pas partir. Pas comme ça. Il n'a pas le droit. De t’entraîner sur la piste, te faire rêver quelque instants et se désister. Il n'a pas le droit. D'habitude c'est toi qui lui fait mal.

    « Demain on fera comme si on s'en souviendra pas. »


Murmuré à toi même comme une promesse. Partagée entre l'envie qu'il n'ait rien entendu ou qu'il acquiesce.




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Dernière édition par Cassandre S. Lipovsky le Mer 16 Juil - 22:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Mer 16 Juil - 22:35

Ce n’est plus de l’envie que je ressens. La pulsion est passée, bien qu’elle aille été forte et imposante. Tout ce qu’il reste au bout de mes doigts alors que Cassandre y serre les siens, c’est de la tristesse. Une mélancolie douloureuse qui me prend au ventre et qui tord, qui déchire, qui gruge, qui dévore. Une soudaine envie qui me serre la tête, qui m’empêche un peu de respirer. Je déteste me sentir comme cela. Je déteste être si faible, si sensible. Combien de fois ai-je rêvé d’être ce mec que les gens regardent d’en bas, les étoiles dans les yeux, le cœur agité, en se disant qu’ils aimeraient tant apprendre à le connaître. Mais non. J’ai toujours été le type qu’on prend toujours à moitié en pitié. Et le reste du temps, on ne sait pas s’y prendre avec moi. Moi non plus, je ne sais pas. Alors je cherche. Ça fait des années que je cherche sans trouver. La seule chose qui m’offre un peu de réconfort artificiel, ce sont les drogues et l’alcool. Eux ont toujours une réponse à m’offrir. Même si j’aimerais trouver mes réponses dans les yeux des gens que je côtoie. Dans les yeux de Cassandre qui me font encore fondre un peu.

Elle me dit qu’il n’y a pas de raison. Elle se presse contre moi. Mais je n’ai plus chaud. J’ai froid, même. Je ne peux pas m’empêcher de passer ma main dans son dos, le frottant doucement, comme si je cherchais à la rassurer. Comme si je cherchais à me rassurer. Que tout cela n’est que passager. Qu’un jour je n’aurais plus de peine et de doute qui me pourrissent l’existence comme c’est le cas en ce moment. Non, je ne l’ai pas repoussé sèchement en l’envoyant promener. Et je n’ai pas céder à ses avances avec désinvolture. Ces deux scénarios auraient été plus agréables que ce qui va suivre. Ces cas-là auraient fait de moi un être qui vit au lieu de survivre. Elle murmure encore quelques mots que je comprends très bien. Et j’ai envie de lui donner raison. Parce qu’on a tous droit à un moment de faiblesse. Et personne ne nous en tiendra rigueur, je le sais. Tout le monde a bu, tout le monde est ailleurs, personne ne se regarde. Alors je me dégage un peu, la regarde. Pose mes doigts sous son menton pour lui lever la tête, pour pouvoir voir ses yeux.


« Ça me va. Mais juste pour un moment. », que je lui réponds à l’oreille.

Ma main serre toujours la sienne alors que je me penche vers elle. Mes yeux se ferment et j’expire un court soupir juste avant que mes lèvres viennent se presser contre les siennes. Un baiser empreint de tendresse, de nostalgie, presque timide. Je redécouvre le goût de ses lèvres, la sensation chaleureuse et délicate de sa langue. Juste pour un moment, nous sommes amoureux. Rien ne peut nous atteindre. Juste pour un moment, mon cœur ne bat que pour elle. Mon bras lui enlace la taille, la colle encore un peu plus contre moi, le temps de savourer ce baiser aux saveurs d’antan, le temps d’oublier, juste pour un moment, qui nous sommes devenus. Mais le moment s’écoule et le baiser prend fin, aussi naturellement qu’il est venu. J’ouvre les yeux, la regarde, mes bras retombant lentement sur les côtés de mon corps. Je ne la touche plus. Je reste silencieux quelques secondes. Pas pour longtemps.


« Je vais… aller à ma chambre. Je suis désolé, je n’aurais pas… »

Je ne termine pas ma phrase. Je me mords la lèvre, recule d’un pas. Bien vite, je vais me retourner. Bien vite, je vais disparaître. Demain, je vais faire comme si je ne m’en souvenais pas.

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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Dim 20 Juil - 0:04



Si c'était pour ça.
Si c'était pour ça, tu n'aurais pas insister pour rester dans ses bras. Tu aurais accepter. Qu'il s'arrête. Que ça s'arrête là. A une danse de quelques instant. Juste le temps de frémir et de vous souvenir que vous existez l'un pour l'autre pour un peu plus jouer amèrement la fois suivante. Au détour d'un plateau repas où tu lui aurais demander de te laisser sa place. Au détour d'une soirée comme celle là où vous auriez bu ensembles pour faire comme si tous vos souvenirs n'existaient pas.

Si c'était pour ça, tu ne lui aurais pas servi de shooters pour qu'il ressente encore mieux toutes les émotions qui traversent ton corps. Tu n'aurais pas bu pour mieux savoir tout ce qu'il y avait sceller en lui. Tu n'aurais rien fait de tout cela. Simplement ta remarque acerbe et ton dos dans son sillage.

Si c'était pour ça, tu te serais contentée de danser devant lui. Plongeant ton regard dans le sien alors qu'un autre aurait serrer tes hanches dans ses mains. Juste pour qu'il sache toute le mépris ou peut-être le désir que tu avais pour lui.

Si c'était pour ça, tu n'aurais pas laissé ses lèvres goutter aux tiennes, encore. Tes mains ne se seraient pas agrippées un peu plus à lui. Tu n'aurais pas désirée que cet instant continue. Mène à quelque chose. Tu aurais simplement profiter. Du sucre de l'alcool sur sa langue, de la chaleur de son corps sur ta poitrine. De son battement de cœur dans ta cage thoracique.

Mais il t'as lâché. Il s'est éloigné.
Comme si tu venais de tout perdre.

Tu es Lipovsky. Grande, belle, théâtrale. Tu es Lipovsky, qui se donne en spectacle. Faites place, attention ! Tous tes espoirs pour lui, pour vous, ou plutôt tes fantasmes incongrus et mal placés. Ils ont péri. Tu n'es bonne qu'à ça. Te donner en spectacle. Comme tu l'as déjà fait devant une école entière. Peut-être cette fois-ci le concert cachera le son de ta voix qui gronde. Peut-être cette fois-ci personne, même pas lui ne t'entendra. Parce qu'il est là. Et alors qu'il mord sa lèvre j'ai envie de lui crier. Tu m’as perdue de nouveau !

Pourtant aucun son ne sort de ta bouche entrouverte. Ombres malheureuses, voyez, et contemplez ce grand exemple des retours de la fortune. Tu ne peux rien y faire, si telles sont les choses. Tu n'es plus cette adolescente hurlante. Tu n'es plus celle qui quémande. Qui a besoin. Même si une petite voix au fond de toi te crie de l'être. Même si une petite voix au fond de toi te supplie de vous montrer jusqu'à ce que les spots soient détournés sur vous. Même que tu pleures. Même que tu te détruises.

Tu fais un pas vers lui. Te tend le plus possible sur la pointe de tes pieds.

    « Autrefois, la pudeur m’eût empêchée de l’avouer. »


Tes lèvres l'embrassent. Une dernière fois. Puis tu te retires.

    « Vas y. »


Et comme si tu voulais que ce soit plus facile pour lui. Tu tournes les talons, retournant vers là où vous vous étiez croiser. Vers le bar où peut être tu trouveras une coupe de champagne. Jusqu'à ce que les bulles te montent à la tête. Jusqu'à ce que tu puisse atteindre un point de non retour. Où tu t'abandonneras à tes seuls instincts. Où demain sera un black out.





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MessageSujet: Re: Du venin dans ta bouche { Logan   Aujourd'hui à 21:58

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Du venin dans ta bouche { Logan

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