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 Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know

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Jamal Komashian

avatarZénith


Messages : 11
Date d'inscription : 23/06/2014

Carte Etudiant
Statut sur le forum: Libre pour un Rp
Don: Empathie
Nombre de points:

MessageSujet: Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know    Lun 23 Juin - 7:37

Though my mind could think I still was a Mad Man



Nom : Komashian
Prénom : Jamal
Âge : 18 ans
Année : Sixième année, a redoublé une fois lorsqu'il était plus jeune.
Nationalité : Turc et Suisse
Groupe : Crépuscule je pense, mais ce sera à vous de me le dire.




Caractère

Il n’est pas rare d’entendre les gens dirent des autres qu’ils n’ont pas un « caractère facile ». En tout cas, Jamal a souvent entendu les assistantes sociales le qualifier de cette manière, avec un pauvre sourire au coin des lèvres, tandis qu’elles essayaient de le placer en famille d’accueil. Du point de vue du jeune homme, c’est là une manière diplomatique d’expliquer qu’il est un emmerdeur. Car oui, le dire directement est plutôt mal vu, faut bien l’avouer. Pour tout dire, Jamal, lui, n’est pas le genre de personne à s’embêter de ce genre de détours. Plutôt brut de décoffrage, plus téméraire et impulsif qu’autre chose, la délicatesse et lui ne s’entendent pas très bien. Le Turc n’est pas le genre d’homme à passer par quatre chemins quand il a quelque chose à dire et ses rares tentatives de faire preuve de tact sont bien souvent plus ridicules qu’autre chose. Et puis, il faut bien avouer que ça ne le gêne pas vraiment non plus. Jamal aime entretenir cette aura un peu brute, moqueuse à souhait et un brin cynique. Attitude copiée-collée sur celle de ses frangins d’ailleurs, bien qu’il le nie férocement. Une apparence qui lui joue parfois des tours, car malgré ses manières parfois grossières et ses pseudos airs de délinquant je m’en foutiste, le brun n’est pas bien méchant dans le fond. On peut même sans doute dire que c’est un bon gars. Faut juste chercher à creuser un peu.

Car une fois passée cette première impression peu glorieuse, le jeune immigré possède ses bons côtés. Sérieux quand c’est nécessaire, une fois sortie de l’ambiance de rue qu’il a connu toute sa jeunesse, il est capable d’une étonnante douceur envers les gens qui lui sont proches, comme son séjour chez la famille Müller l’a prouvé. Cependant, gagner sa confiance n’est pas chose facile, Jamal n’est pas du genre à se faire des amis facilement et reste plutôt réservé quant à ceux qui ont le droit d'en savoir plus sur lui, même si sa facilité à la déconnade peut laisser penser le contraire. Par contre, le grand brun est capable de sortir crocs et griffes pour les quelques rares personnes qu’il considère proches de lui, pouvant même se montrer un brin surprotecteur. Jamal est sans doute quelque part un peu craintif de se lier aux gens, n’ayant connu toute sa vie qu’abandons sur abandons. Mais c’est là une peur bien cachée, qu’il ne reconnaît pas lui-même et qui au vu de son attitude qui crie au monde « rien à foutre » semble même bien illogique. Souvent grognon et maladroit dans ses propos, il fait malgré tout parfois preuve d’une naïveté et d’une gêne attachante lorsqu’il s’agit des relations humaines, comme si, parfois emporté par ses sentiments, il n’avait pas conscience de se montrer plus gentil qu'il ne l'aimerait. Enfin gentil… Tout est relatif, il serait difficile de le qualifier d’ange ! Mais le Turc a du mal à supporter l’injustice, de voir qu’on s’en prend au plus faible. Il ne se sent pas l’âme d’un justicier, loin de là, simplement… Il connaît bien le sentiment d’humiliation que l’on ressent lorsqu’on est rabaissé et s’il peut l’éviter à quelqu’un d’autre, il n’est pas du genre à rester les bras croisés. Pourtant, lorsqu’il est emporté par la colère, le jeune homme peut se montrer mauvais et mesquin à souhait à son tour, une facette tout sauf glorieuse de sa personnalité.

Encore une fois, Jamal est la preuve vivante que l’on n’est jamais tout noir ou tout blanc et toujours pleins de paradoxes ; certains l’apprécieront sans doute, d’autres le détesteront... Et peut-être même que quelques-uns feront les deux. Ça fait partie de la nature humaine, tout ça : rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y parait.







Magie

Don : Empathie
Description : Ressentir les émotions des autres. Leurs vrais émotions, en général les plus violentes. Leur état d'âme en bref. Le plus souvent, il n'a pas besoin de toucher la personne pour ça mais si cela arrive, il n'en ressent l'émotion que plus violemment, au point de ne plus savoir s'il s'agit de celle de l'autre personne ou la sienne propre.
Maîtrise : En général son don est plus instinctif qu'autre chose, il n'arrive pas à le contrôler. Il paraîtrait que s'il arrivait à un certain niveau de maîtrise, le Turc pourrait réussir à calmer les sentiments les plus violents comme la tristesse, la colère, la peur ou le désespoir. Mais pour le moment, il est incapable de ne serait-ce que bloquer son pouvoir en présence d'une émotion trop violente, ce qui lui provoque d'intenses maux de tête et des saignements de nez.



Histoire

D’aussi loin que Jamal se souvienne, sa vie de famille n’avait jamais été un exemple d’harmonie. Ses frères, plus vieux, se rappelaient sans doute d’un tableau familial plus réjouissant si l’on remontait quelques années en arrière, cependant le plus jeune de la famille n’était qu’un bébé lorsque les Komashian avaient quitté leur Turquie natale pour venir tenter leur chance en Suisse. Et nul doute que c’était à partir de cet instant que la situation avait commencé à doucement dégénérer. Leur père Evren, était un homme de caractère, respecté dans son pays d’origine pour sa forte volonté et personne n’avait été si surpris de le voir quitter la Turquie presque sur un coup de tête, emmenant avec lui toute sa petite famille. Le rêve américain version européenne en bref. Beaucoup d’illusions et d’espoir. Sauf que l’espoir n’a jamais nourri son homme, et quelqu’un comme Evren, sans diplôme, ne parlant même pas la langue de ce nouveau pays dans lequel il venait de débarquer à la limite de l’illégalité, ne risquait pas de trouver un travail très reluisant.

Les Komashian s’installèrent dans le quartier turc de Zurich et fort heureusement, la solidarité entre immigrants, toujours présente, les aida énormément. Dans un premier temps du moins. Evren trouva un emploi dans la construction grâce à un homme vaguement affilié à sa famille restée en Turquie, un lointain cousin au énième degré, et qui possédait une petite entreprise. Ce n’était rien de très glorieux, mais ça payait le loyer. Le reste de leurs dépenses fut assuré grâce ce que gagnait sa femme, Azra, comme femme de ménage dans une école. Chose qui déplut d’ailleurs fortement à son mari, traditionnaliste, qui pensait que la place des femmes était de s’occuper du foyer et des enfants. Mais il n’y avait pas le choix, et nécessité fait loi. Petit à petit, les Komashian finirent par se faire à ces nouvelles langues, à cette culture. Surtout leurs enfants. Quant à Jamal, qui n’était qu’un bébé au moment où ils avaient mis les pieds dans ce nouveau pays, il s’était toujours senti plus Suisse que Turc. Au bout de deux ans commença donc pour leur famille l’enfer de l’administration : obtenir la résidence suisse dans un premier temps, puis la naturalisation. Laborieux est un terme trop faible pour expliquer à quel point ce fut long et difficile. Mais cinq années après être arrivés sur le territoire suisse, ce privilège leur fut enfin accordé.

Et Jamal allait alors sur ses six ans ; il était un enfant plutôt sage et appliqué comparé à ses trois frères aînés. Ils étaient d’ailleurs une fratrie unie, se suivant tous plus ou moins d’un an, quatre garçons plein d’énergie qui rendaient leur mère folle. D’un autre côté, ils ne risquaient pas grand-chose : le quartier turc de Zurich était comme une grande famille où tous se connaissaient et prenaient plus ou moins soin les uns des autres. C’était là la partie la plus heureuse de son enfance, d’aussi loin que le benjamin de la fratrie se souvienne. Leur père était alors certes déjà un homme grognon, pas spécialement démonstratif et toujours fatigué par son travail, mais qui aimait malgré tout passer du temps avec sa famille et qui les traitait bien. Et Jamal pouvait sentir, littéralement, l’amour qu’Evren leur portait. C’était là son don, bien qu’il ne s’en rendrait compte que bien plus tard, pensant juste pendant des années être doué d’une intuition plus élevée que la moyenne.

Et durant les trois ans qui suivirent, il fut le témoin impuissant du changement se produisant au sein de son foyer. Tout commença à cause de bêtes douleurs de dos. Il s’en souvient encore comme si c’était hier ; son père poussant la porte de leur appartement, la main posée au creux des reins et l’agacement qui émanait de lui. Un énervement qui ne semblait être dirigé contre personne en particulier mais dont tout le monde pâtissait. Et Jamal se souvenait clairement l’avoir senti, là encore, ce début de changement. Evren devenait de plus en plus refermé, criait pour un oui pour un non, s’énervait contre sa femme quand elle lui disait d’aller voir un médecin, clamant qu’ils n’avaient pas l’argent pour se permettre un tel « luxe ». Et les douleurs allèrent en s’empirant au cours de l’année qui suivit. Leur père se montrait de moins en moins efficace dans son travail et on finit par le licencier. Et ce fut le début de la fin pour les Komashian. Énervé, abattu, le patriarche sortait se consoler de son infortune dans les bars, buvant l’argent durement gagné par sa femme. Et c’est à partir de là que commence pour Jamal les pires de ses souvenirs et tout ce dont il se souviendra de sa famille.


-Hey Jamal !

Une voix criarde. Celle de Kasim, le deuxième né des Komashian. Une voix qui avait toujours eu le don de le faire grogner d’exaspération, même du haut de ses onze ans. Réfugié sur le balcon de leur appartement, le plus jeune de la famille avait le nez dans son bouquin de maths, réfugié sous l’étendoir à linge comme s’il espérait s’y cacher. L’interpellé ne releva même pas le nez de ses exercices, comme s’il espérait qu’en ignorant les appels, on finirait par l’oublier lui aussi. Ses yeux clairs, les mêmes que sa mère et dont seul lui et Kassim avaient hérité, finirent cependant par se fixer avec un agacement boudeur sur l’adolescent qui venait de faire irruption dans son petit espace personnel.

-Sérieux mec ! Comment tu fais pour rester là avec le froid qu’il fait ?
demande le plus vieux d’un ton geignard, posant un regard cependant préoccupé sur son petit frère, emmitouflé dans un manteau trop grand et qui lui avait appartenu quelques années en arrière.

-Au moins ici c’est calme !
rétorqua Jamal en posant un regard pénétrant sur le visage de son interlocuteur, comme s’il le défiait de dire le contraire.

L’autre haussa les épaules, un léger éclat de tristesse dans ses yeux bleus, chose qui fit que le benjamin se senti immédiatement coupable. Leur fratrie avait déjà suffisamment de soucis sans qu’il vienne en rajouter avec de la mauvaise humeur.

-S’cuse…
reprit-il plus doucement. Mais tu sais bien que faire mes devoirs à l’intérieur, c’pas possible. Et puis… J’aime pas ce nouveau quartier, on connaît personne et les gens ont pas l’air très sympas.

Kassim soupira et haussa les épaules, finissant par s’asseoir à côté et passer un bras autour des épaules du plus petit. Lentement, il regarda par-dessus le petit balcon. Ils avaient emménagé dans ce HLM depuis une semaine désormais, et il ne pouvait qu’être d’accord avec son petit frère. Quoique que « pas très sympas » lui paraissait un bel euphémisme. Kasim avait toujours été le plus fataliste des quatre frères, il n’était pas du genre à se rebeller contre ce qu’il leur arrivait, jugeant qu’il ne pourrait de toute manière rien n’y changer. Mais ça lui faisait mal, du haut de ses quatorze ans, de voir ses frères, surtout les plus jeunes, devoir s’inquiéter de choses qui n’étaient pas de leur âge. Il força un sourire à ses lèvres et ébouriffa les cheveux courts du benjamin, espérant enfin voir sur son visage autre chose que cette expression renfrognée, omniprésente depuis quelques années, et qui ne seyait guère à une figure aux traits encore si enfantins.

-T’en fais pas pour ça frangin ! T’sais bien que de toute façon, nous on sera toujours là pour s’assurer qu’il t’arrive rien !
clama-t-il en lui faisant un clin d’œil avant de déclarer d’un ton pompeux. C’est juste qu’ils connaissent pas encore les Komashian par ici ! Mais crois-moi, ça tardera pas.

Jamal ne put que sourire devant l’air orgueilleux de son aîné, amusé. Quelque part, il n’en doutait pas, ils avaient toujours été soudés comme les doigts de la main et avec ce qui se passait, les quatre frères ne s’étaient que plus rapprochés. Il finit par donner une légère bourrade à Kasim et fit mine de se replonger dans son bouquin.

-Allez Kass, laisse-moi bosser !
lança-t-il d’un ton plus léger.

Son frère haussa un sourcil un peu moqueur.

-T’sais que ça sert à rien les cours p’tit frère ? Joue pas les grosses têtes va, dans quelques années tu trouveras ça aussi chiant et inutile que nous !
lança-t-il tout en se levant, accédant tout de même à la demande.

Jamal l’ignora, se contentant d’un bref grognement dubitatif. Il ne savait pas encore à l’époque ce que le désintérêt de ses frères pour les cours finirait par causer et qui avait même déjà commencé. Après tout, à onze ans, on ne sait pas grand-chose…


En général les gens aiment bien les histoires de foyers brisés, ça leur permet de se dire qu’au final leur propre vie n’est pas si mauvaise que ce qu’ils s’imaginent. Ils se font également bien souvent une idée romancée, pleine de mélo et de drames de la chose. Ce n’est pas faux. Mais ce n’est pas que ça non plus. Si on laissait ce même genre de personnes raconter l’histoire de la famille Komashian, sans doute qu’ils se centreraient sur le côté pathétique de la situation, sur l’alcool ingurgité par Evren et la violence dont il savait faire preuve. Ils laisseraient sciemment de côté, les excuses et les larmes du père une fois sobre, la manière dont il promettait d’arrêter la boisson, la façon dont il se reprenait parfois pour chercher un travail et les cadeaux dont il couvrait son épouse et ses enfants pour tenter de se racheter. Et pourtant, c’était ces moments-là qui faisaient le plus de mal à Jamal et ses frères. Car dans le fond, il leur était impossible de haïr leur père. Le prendre en pitié, oui, sans aucun doute. Se sentir en colère lorsqu’il rechutait ? Bien sûr. Le mépriser lorsqu’il éclatait en sanglots ? Toujours. Mais pas le détester, jamais. Evren Komashian n’était pas un monstre, loin de là. Juste un homme ayant perdu ses repères. Et pour Jamal et ce fichu « don » d’empathie qu’il possédait, sentir ce maelstrom d’émotions qui envahissait chacun d’entre eux était une épreuve dont il se serait bien passé. Sentir la colère, la douleur, la tristesse, le regret, la mélancolie, l’espoir qui finissait toujours par reprendre pour mieux rechuter par la suite… C’était usant. Et le petit dernier des Komashian ne se fermait que plus aux autres, dans une vaine tentative de protection contre tout ça. Deux ans passèrent ainsi, avec des hauts et des bas. Mais au final sa famille ne faisait que s’enfoncer un peu plus, doucement mais sûrement, comme un homme cherchant à lutter contre l’océan avec des poids attachés aux pieds. Malgré toutes leurs tentatives pour rester à la surface, les Komashian sombraient lentement. Pas seulement leur père, pas seulement leur mère. Tous, petit à petit, prenaient un chemin sans retour.


-Jamal ! T’as toujours le paquet que je t’ai filé l’autre soir ?

La voix de Kasim de nouveau. Mais elle n’avait plus rien de criarde désormais. Elle était grave et sèche. A seize ans il avait déjà fini de muer et possédait une voix d’homme malgré sa carrure d’adolescent en pleine croissance. Son regard avait changé également, moins torturé, plus sûr. Mais plus résigné également. Le plus jeune soupira à la question et alla fouiller dans ses affaires, sortant une enveloppe blanche de sous son matelas

-Tu parles de ça ?
demanda-t-il sèchement, évitant la main de son frère qui allait s’en saisir. Attend ! Dis-moi c’que c’est Kass… J’sais pas ce que vous tramez toi et Isah, mais ça me plaît pas. Alors… y’a quoi là-dedans ?

Malgré son ton ferme, Jamal avait peur de la réponse que lui donnerait son frère. Car dans le fond, il le savait bien, ce qui se passait. Il se rappelait comme si c’était hier ses deux aînés en dehors de l’immeuble, donner un petit sachet plastique contre de l’argent, il y avait deux mois de cela. Il avait préféré faire comme s’il n’avait rien vu sur le coup, abasourdi et un peu perdu. Kasim grogna à la demande du plus jeune et s’avança pour lui arracher l’enveloppe, les sourcils froncés et évitant le regard perdu du benjamin.

-T’occupes frangin. C’pas tes affaires.
Grogna-t-il, s’éloignant déjà.

-C’est d’la beuh hein ?!
lança-t-il plus fort alors que Kasim se trouvait déjà sur le pas de la porte. L’interpellé se retourna, les sourcils froncés, et franchit en quelques enjambées la distance qui le séparait de Jamal, la nervosité émanant de tous les pores de sa peau.

-Non mais ça va pas !
siffla-t-il en agrippant le col de son frère. T’as qu’à gueuler encore plus fort, j’crois qu’ils t’ont pas entendu au septième !

Jamal croisa les bras, détournant la tête d’un air blessé sans chercher à se dégager
.
-C’est stupide ce que vous faîtes…
souffla-t-il en évitant résolument les yeux de son interlocuteur. Si vous vous faîtes attraper on sera encore plus dans la merde.

-Parce que tu crois que t’es plus utile, le nez dans tes bouquins ?
interrogea le plus vieux d’un ton dur en le secouant légèrement. On peut pas cracher sur cet argent Jamal ! Souviens-toi que c’est grâce à nous si tu peux continuer à aller à tes putains de cours à la con ! Et nous ? Nous on te demande rien ! Juste de fermer ta grande gueule et de nous couvrir ! C’est trop te demander ? Tu veux pas te mouiller et continuer à jouer les moralisateurs ? Faux frère ! termina-t-il d’un ton amer.

Sur cette déclaration, Kasim se détourna, sortant de la chambre à grands pas et laissant un Jamal un brin choqué au milieu de la pièce. Lentement, il alla s’asseoir sur son lit, le regard un peu perdu dans le vague. Ses doigts se saisirent machinalement de son livre d’histoire-géo et firent tourner quelques pages, sans entrain. Mais son cerveau n’enregistrait pas ce que ses yeux lisaient et le silence de la pièce lui parut soudain terriblement oppressant. Et dans un mouvement d’humeur, le bouquin alla s’écraser contre le mur d’en face dans un fracas retentissant.

-Fais chier !


Une exclamation qui résumait plutôt bien son état d’esprit actuel.


Ce fut le début de la fin pour Jamal. Ses frères avaient changé. D’un point de vue extérieur, ils n’étaient désormais rien de plus que des petites frappes en devenir, de futurs déchets de la société. Mais au fond, ils ne faisaient que ce qu'ils croyaient juste pour leur famille. Pour s’en sortir. Ils n’avaient plus de père pour leur enseigner où était le bien et où était le mal. Quant à leur mère. Soit Azra ne voyait vraiment rien, soit elle préférait s’aveugler. Dans tous les cas, les résultats étaient les mêmes. Jamal ne voulait pas être mêlé à ce que Kasim et Isah faisaient. Mais son autre frère, Salem, ne tarda pas à se joindre à eux également, sous l’œil désapprobateur et désespéré du benjamin. Alors, parfois, il se voyait obligé de les aider un peu également, cachant la came puisqu’on ne le soupçonnait jamais, les accompagnant s’ils devaient vendre à des personnes peu disposés à payer… La force du nombre… Ça ne lui plaisait pas, encore une fois. Mais on ne dit pas non à sa famille. Et Jamal avait beau le nier férocement, quand il voyait l’argent que ça leur rapportait, le respect avec lequel on avait fini par les dévisager dans ce quartier peu recommandable… L’adolescent ne pouvait que se sentir un peu fier. Une fierté bien vite oubliée une fois qu’ils étaient de nouveau enfermés entre les quatre murs de leur appartement.

Leur père devenait de plus en plus violent, surtout à l’égard de son épouse. Comme si la voir se démener pour lui et ses enfants ne faisait que lui rappeler à quel point il était désormais inutile. Toujours en colère. Malgré tout, cette violence était plus verbale qu’autre chose. Mesquine. Rien de ce que faisait les membres de sa famille n’était assez bien pour Evren. Et ce qui marqua le plus Jamal de ces années noires, ce n’était pas les gifles qu’il se prenait parfois, les bouteilles qui volaient et s’éclataient contre le mur ou les corrections plus sérieuses qui tombaient quand l’un d’eux avait commis une réelle bêtise. Non. C’était les mots. On sous-estime bien trop souvent le pouvoir des mots. Ce sont des armes. Douloureuses, aiguisées. S’entendre dire qu’on ne valait rien, qu’il aurait mieux valu ne jamais venir au monde. Sentir toute l’honnêteté et la rage qui débordait de ces phrases… Jamal aurait préféré, mille fois préféré, tous les coups du monde.

Alors il finit par fuir l’appartement autant que faire se peut. Trouvant refuge dans la rue, parfois seul, parfois accompagné de ses frères. Et leurs bêtises de gosses devenaient de plus en plus sérieuses ; dans le fond, c’était plutôt simple à comprendre. Dans la rue, Jamal était quelqu’un. Un des frères Komashian, et on le respectait ou l’enviait pour ça. Chez lui ? Il n’était de nouveau rien de plus qu’un gosse terrifié et sans pouvoir. Alors malgré lui, le Turc se laissa entraîner par ses frères. Il redoubla son année, tandis que ses grands frères devenaient de plus en plus téméraires et sans pitié. Surtout Isah. Il était l’aîné. Le chef en quelque sorte. Et à dix-sept ans, il se prenait déjà pour un adulte. Et quand les enfants jouent aux jeux de grands, jamais rien de bon n’en ressort. Et il ne fallut qu’un an de plus pour le prouver. L’année des quinze ans de Jamal.


-Isah ! Kass ! Mais qu’est-ce que vous avez foutu bordel ?!

Celui qui gueulait comme ça ? Jamal, encore et toujours. Avec un clair brin de panique dans la voix. Car ce qu’ils lisaient sur le visage de ses frères alors qu’ils préparaient fébrilement leurs sacs à dos, c’était de la peur. Et le plus jeune était suffisamment intelligent pour savoir qu’il ne pouvait pas y avoir trente-six mille raisons pour un tel comportement. Soudain, le benjamin manqua s’étrangler en voyant Isah sortir un revolver de sous son t-shirt et le cacher au fond de son sac.

-Bordel les gars, sérieux qu’est-ce que vous avez fait comme connerie cette fois ?!

Il n’aimait pas le ton de sa voix en cet instant ; il avait tout d’un gosse effrayé. Isah lança un regard entendu à Kasim avant de s’avancer, l’air grave, et de poser sa main contre la nuque de son petit frère, comme pour le calmer. L’espace d’une seconde, alors que les yeux de Jamal se posaient sur lui avec espoir, il sembla sur le point de dire quelque chose. Pour finalement se détourner en silence et sortir de l’appartement. Aussitôt Jamal se tourna vers son autre frère, l’air totalement perdu.

-Kass ?
demanda-t-il d’une voix suppliante.

L’interpellé s’avança à son tour, le cœur lourd. Kasim savait pertinemment que cette fois-ci, ils ne pourraient pas s’en sortir aussi facilement que de coutume. Lui et Isah partaient pour ne jamais revenir. Et l’annoncer à son petit frère s’annoncer beaucoup plus difficile que ce qu’il aurait voulu. Alors, avant toute autre chose, il attira le plus jeune contre lui, dans une étreinte forte, le serrant contre son torse au point de l’étouffer. Étourdi, immobile, Jamal se laissa faire. Et sentit la panique se faire de plus en plus présente en notant les yeux humides de son frère.

-Écoute Jamal, ce coup-ci on a salement merdé. Quoiqu’on te dise dans les jours qui viennent, faut que tu saches qu’on a jamais voulu que ça tourne comme ça d’accord ?
La voix de Kasim était calme, bien qu’un brin tremblante, et le plus petit hocha la tête par automatisme. Dis à Salem de brûler toute la came quand il rentrera, c’est important… Et… On se reverra pas avant un p’tit bout de temps frangin, alors j’ai besoin que vous soyez forts tous les deux.

C’était un adieu, Jamal le savait. Le sentait. Ce qui ne l’empêcha pas de demander bêtement, fixant ses yeux clairs sur le visage de son aîné.

-Mais on se reverra hein ?

Kasim hésita avant d’adopter un sourire réconfortant, ébouriffant les courts cheveux bruns du benjamin.

-Bien sûr qu’on se reverra ! T’en fais pas !

Et sur ces mots, partit à son tour. Encore une fois, Jamal se retrouvait seul. Et alors qu’il restait immobile, en était de choc, ses yeux faisaient le tour de la pièce, finissant par se poser sur la veste préféré de Kasim. Ce grand nigaud l’avait oublié. Jamais il ne l’oubliait pourtant. Mais après tout, c’était bon signe. Il reviendrait la chercher, forcément. Pas vrai ?


Cette soirée, Jamal s’en souviendrait toute sa vie. Son père rentra peu après le départ de ses fils aînés, saoul comme jamais. Et après se fut la police qui vint frapper à leur porte, posant des questions sur Kasim et Isah. Il aurait voulu en apprendre plus mais ses parents le tinrent éloigné de l’entrevue ; mais au vu de la peur et du choc sur le visage de sa mère, de la rage sur celui de son père, l’affaire devait être plus que sérieuse. Les policiers finirent par partir. Et la situation explosa. Son père était dans une rage noire, hurlant après sa mère, l’accusant d’avoir mis au monde des délinquants. Le chaos fut vite omniprésent dans l’appartement, Salem et lui essayait de calmer les choses, de retenir leur père, bien trop effrayés cependant pour s’opposer réellement à lui. Puis sa mère sembla s’évanouir sous les coups et Jamal paniqua, allant frapper chez les voisins pour qu’ils appellent la police, certain que si on n’arrêtait pas son père maintenant, il allait y avoir un drame.
Peut-être ne l’aurait-il pas fait s’il avait su comment ça allait finir. On embarqua son père au commissariat, sa mère à l’hôpital, dans un état critique. Et il resta seul avec son autre frère qui ne décrochait pas un mot et semblait tout aussi choqué que lui. Ce soir-là, les deux adolescents rencontrèrent leur première assistante sociale. Mais sûrement pas la dernière. Jamal détesta immédiatement la pitié qu'il put lire dans le regard de cette femme ; il savait parfaitement de quoi il avait l'air avec sa mine fermée, les marques sur son visage qui ne tarderaient plus à virer au bleu et son regard choqué. Et il n'avait sûrement pas besoin d'une grognasse pour le lui confirmer ! On leur posa toutes sortes de questions. Sur leurs parents, leurs frères, la situation. Jamal mentit pour protéger ses frères, mais que ce soit lui ou Salem, ils racontèrent la vérité à propos de leur père. La fonctionnaire leur demanda de prendre leurs affaires et de la suivre ; Jamal embarqua la veste de Kasim, quelques vêtements, son vieux lecteur de CDs et claqua la porte. Quelque part, il le savait, c’était la dernière fois qu’il voyait ce qui avait été son foyer pendant quatre ans. Mais le jeune garçon ne savait pas si le regretter ou non.

Après ces évènements, le dernier né des Komashian se renferma encore plus sur lui-même ; Jamal se sentait seul au monde. Le procès de son père eut lieu, on envoya sa mère dans un établissement spécialisé pour aider les victimes de violence conjugale à reprendre confiance en elles. Isah et Kasim furent attrapés également moins d’un mois après ces évènements et inculpés d’homicide involontaire. Jamal ne sut jamais ce qui s’était réellement passé et n’eut pas le courage d’aller les voir en prison non plus. Il ne restait plus que lui et Salem. Mais en général, les familles d’accueil ne pouvaient pas se permettre de prendre soin de deux adolescents de leur âge, alors là encore on les sépara. Et Jamal n’était qu’un adolescent, alors il fit ce que font les adolescents : il se rendit insupportable. Il ne parlait jamais à ses familles d’accueil, ignorait leurs règles et rentrait tard le soir sans donner de nouvelles. Et il ne passait jamais bien longtemps avant qu’on ne rappelle l’assistante sociale qui l’avait placé en clamant que ce n’était plus possible. Au final ça devint presque un jeu pour l’adolescent, de deviner combien de temps tiendrait son nouveau « foyer » avant de le renvoyer. Enfin ça, c’était avant les Müller.

Habituellement, les familles qui se décidaient à l’accueillir étaient des couples âgés, sans enfant. Aussi Jamal fut-il surpris en rencontrant les Müller de voir qu’ils avaient une fille d’à peu près son âge. Au début, ça ne changea rien à son attitude, l’adolescent restait imperméable à toute tentative d’approche, que ce soit de Melissa ou de ses parents. Mais étrangement, aussi loin poussait-il les limites, jamais ils n’appelèrent pour le rendre aux services sociaux. Et au bout de trois mois, Jamal s’avoua vaincu. Quelque part, il avait sans doute eu envie de leur donner une chance, fatigué de passer de maison en maison comme un paquet encombrant dont personne ne voulait. Et petit à petit, le caractère patient, doux et joyeux de la famille Müller le fit changer. Jamais il ne parla de sa vie d’avant, mais ça ne l’empêchait pas de profiter de chaque moment avec sa famille d’adoption. Et puis, il y avait Melissa. Au début, Jamal s’était senti agacé, énervé sans savoir pourquoi, par cette boule d’énergie et d’optimisme ambulant, l’ignorant sciemment ou l’envoyant sur les roses. Mais la jeune fille était entêtée et finit par se creuse une petite place dans le cœur du Turc. À vrai dire, Melissa était la première personne de son âge que Jamal vint à considérer comme une amie : dans son ancien quartier, ses frères lui suffisaient pour toute connaissance.

Et ce qui n’était à la base qu’une solide amitié, devint quelque chose de plus pour l’adolescent au fil des ans. Mais il n’en dit rien, se contentant de profiter de cette sensation de découvrir ce qu’était une vraie famille, ne souhaitant pas gâcher ça. Puis vinrent ses dix-huit ans. Bien trop vite à son goût et il dut partir. Et si la vie avait bien enseigné une chose à Jamal, c’est qu’il valait mieux vivre avec des remords que des regrets. Aussi, au moment de partir, embrassa-t-il Melissa. Voilà, pas de regrets. Et très franchement, il doutait de la revoir un jour. Même si ces deux années avec les Müller avaient été un souffle d’air frais pour le jeune homme, il savait qu’ils ne faisaient pas vraiment partis du même monde et que ce ne serait jamais le cas. Après ça, sachant qu’il n’aurait jamais de quoi se payer des études, Jamal se trouva une formation pour devenir menuisier, travaillant à côté pour pouvoir payer. Et ce fut alors que ce « don » qui l’avait poursuivi toute sa vie mais qu’il avait toujours cru être un simple instinct plus développé que chez les autres, se manifesta plus violemment que jamais. Jamal ne pouvait plus être dans la même pièce que quelqu’un sans ressentir exactement ce que cette autre personne éprouvait. Et c’était usant. Aussi, le jour où arriva la lettre de cette drôle d’institution, il n’en crut pas sa chance. Laisser tomber sa formation l’embêtait, mais Jamal savait également qu’il ne pourrait jamais vivre en paix si on ne lui apprenait pas à contrôler son don. La seule chose qu’il ne sait pas ? Que cette fameuse école est également celle de Melissa… Voilà qui promet d’être explosif.




Autre


~Est fan des bons vieux groupes de rock américains et rêverait d'être né il y a une trentaine d'années en arrière rien que pour ça.
~A commencé à fumer en cachette à quinze ans, a bien entendu arrêter chez les Müller et cherche désormais à cacher à Melissa qu'il a repris son vice.
~Déteste qu'on lui demande de quel pays il vient et ne parlerait Turc que sous la torture. Et encore.
~A un faible pour la couleur bleu et aimerait voir la mer un jour.
~Déteste le café et le thé, se retrouve donc avec un penchant plus ou moins honteux pour le chocolat chaud. Ou toute autre chose sucrée en fait. En réalité tout ce qui est malbouffe et sucrerie le rend de bonne humeur pour faire simple.
~S'habille plutôt simplement en général, même s'il a du mal à se défaire de la vieille veste en cuir que son frère Kasim lui a laissée. Une vieille chose à la couleur passée et un peu rayée par endroit mais qu'il « trouve bien trop confortable ». Enfin, c'est la raison officielle.


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Dernière édition par Jamal Komashian le Ven 27 Juin - 7:04, édité 4 fois
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Melissa Müller

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MessageSujet: Re: Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know    Lun 23 Juin - 11:37

... Je. Je. TOI. MAIS. FUH.

*kidnappe Jamal sous sa couette l'air de rien.*



Edit Heath : Tu sais qu'à la base on ne doit pas poster dans les fiches de présentations ?
Bon là c'est ton PV. Mais voilà.
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Heath J. Andersen

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MessageSujet: Re: Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know    Lun 23 Juin - 12:03

Bonjour et bienvenue !

Si tu as la moindre question, n'hésites pas !
(Et Melissa, comme c'est ton PV, tu as le droit de donner ton avis. De façon constructive <3)

En dehors de ça, la Télékinésie est déjà prise par Lyria. Du coup, il va falloir que tu changes. Il y a une liste de dons ici si jamais. Avec des propositions, mais tu peux inventer le tien.

Voilà. Avec hâte de lire la suite !
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Jamal Komashian

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MessageSujet: Re: Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know    Ven 27 Juin - 7:08

Merci de l'accueil !

De mon côté, j'ai le plaisir de vous annoncer que ma fiche est terminée *danse de la victoire*
Encore désolée pour le don, je n'avais absolument pas noté l'existence de cette liste.
Voilà voilà, en espérant que ça vous ira !


HEATH : je te dis ça d'ici demain soir ! pardon pour le délais !
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Heath J. Andersen

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MessageSujet: Re: Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know    Ven 27 Juin - 13:57

Parfait ! Te voilà validé !
Pour le groupe. Petite hésitation entre CREPUSCULE et ZENITH (bonjour, je crois que je dois travailler pour m'en sortir) Je te laisse me dire ça par MP.
(Juste pour le don on est d'accord que c'est juste le fait de ressentir ce que les autre ressentent ?) (MP aussi si c'est pas ça) (Je t'ajoute ton groupe et ton rang dès que tu m'as dis.)

Tu peux donc ajouter ton don au botin .

Et si jamais tu veux une chambre, c'est .

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MessageSujet: Re: Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know    

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Jamal ~ And if I claim to be a wise man well, it surely means that I don't know

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