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 Once upon a time... [PV Heath]

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Lyria Sandman

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MessageSujet: Once upon a time... [PV Heath]   Dim 26 Jan - 16:16


Unfolding Time

Calfeutrée dans un pull un peu trop grand au large col, tu avalas à nouveau un cachet avant de fourrer le flacon dans la poche de ton short en jean avant de replonger dans ta lecture. Autour de toi, il y avait quatre piles de bouquin qui t’offrait une cachette presque parfaite. Une princesse à l’abri dans son château fort, sa forteresse… sa tour. Enfin, une princesse bien négligée, il fallait l’avouer. Tes cheveux avaient été négligemment attachés avec deux crayons, ce qui ne les empêchait pas de retomber encore en pagaille autour de tes épaules même s’ils étaient moins encombrant ainsi. Remontant de temps en temps les lunettes qui glissaient sur le bout de ton nez, tu passais le reste du temps en enfouir le bas de ton visage dans le large col roulé d’un pull deux tailles au dessus de la tienne. Et pour finir, tu avais un short, un de ses vieux jeans que tu avais découpé pour lui donner une seconde vie. Tu n’avais même pas pris la peine d’habiller tes pieds, la plante de ceux-ci reposant sur le bois de l’étagère en face de toi.

Ca faisait bien deux, non trois. Enfin peu importe. Ca faisait un certain temps maintenant que tu avais pris cette habitude de venir te réfugier dans la réserve quand tu n’avais plus envie de hurler sur tes voisines de chambre, de faire tomber les abrutis qui te faisait une remarque qui ne te plaisait pas, de te montrer odieuse avec le monde. Quand tu avais besoin de solitude et de tranquillité, tu venais ici. Section des livres de linguistique -personne ou presque n’en avait besoin de ces bouquins grâce au concierge-, tu passais des heures et des heures à lire de tout, sur tous les sujets, empilant à ta gauche les ouvrages qu’il te restait à lire et à ta droite ce que tu avais déjà finis. En ce moment, tu étais dans les mythes grecs et aussi quelques récits fantaisie médiévaux.

Les écouteurs vissés dans tes oreilles, tu parcourais du regard les lignes de l’Odyssée. Ce mp3 dont tu connaissais les morceaux par cœur alors qu’il n’était même pas à toi, la seule chose que tu avais gardée de… d’avant. Virtus. Ta main se serra sur le livre à cette pensée, tes sourcils se froncèrent. Ces derniers mois avaient été vraiment très contrariant. Depuis cette semaine à Clever qui s’était terminé sur un black out, l’explosion, le changement d’école. Tu n’arrivais pas à savoir où tu en étais et tu avais perdu la plupart de tes repères.

Le livre claqua, brisant le silence de la réserve. Quelle plaie. Toute cette histoire arrivait à te pourrir la vie même quand tu étais tranquillement assise au milieu de bouquin intéressant. Tu lanças un regard assassin au lecteur de musique avant de soupirer en appuyant ta tête contre le mur. C’était ridicule, tu n’avais qu’à le jeter et pourtant, tu le gardais. Lamentable, tu te faisais presque pitié.

Tu rouvris tranquillement le livre là où tu t’étais arrêter avant, la musique changeant à nouveau pour un morceau des Guns'n'Roses alors que tu faisais une vague moue contrariée sans changer de chanson. Si tu n’avais pas été si sure d’être seule, si le volume sonore n’avait pas été si haut, tu aurais sûrement entendu le bruit des pas qui se rapprochait, tu aurais sans doute remarqué la silhouette découpée dans l’ombre qui se rapprochait de ta cachette.

Caches toi, caches toi princesse… dans ta jolie tour d’argent.
Dans ta prison dorée.


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Heath J. Andersen

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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Mar 4 Fév - 17:33




Pas que tu n'aies jamais été en manque d'argent, mais tu avais trouvé ce petit job, à la bibliothèque de l'école, où on te demandait de classer les livres en réserves, d'en faire un inventaire. Et honnêtement, c'était chiant. Comme vous ne pouvez pas l'imaginer. Mais au moins tu était au calme, loin des gens, tu étais tranquillement seul avec toi même, entouré de livre, tes vieilles lunettes sur les yeux, un crayon derrière l'oreille, et ton mini-carnet à la main, quand tu ne le posait pas sur la table la plus proche pour faire ce pourquoi tu étais payé. ce petit machin à la couverture rigide te permettait de noter les références de bouquins qui t'intéressaient, que tu viendrais lire à tes heures de pauses. Ou même un soir.

Cela faisait plusieurs semaines que tu travaillais dix-sept heures, du lundi au vendredi, essayant tant que possible de libérer ce dernier soir pour passer plus de temps dans ce qu'il te plaisait d’appeler le monde réel. Tu avais pu grâce à ce salaire tout bonus, parce que ce que te donnait ton père était déjà largement suffisant, te racheter un IPod Classic, comme tu les aimais tant, persuadé que tu ne reverrais jamais le tien.

Pour une fois, ton nouveau jouet était resté chez toi. Parce que tu te connaissais. Tu savais que tu pouvais facilement le perdre dans ces mètres carrés de réserves. Et comme le patron ne voulait pas que tu le garde ne serait-ce que sur toi, ainsi que ton téléphone, pendant tes heures de boulot, tu avais finis par accepter qu'il reste dans ta chambre, bien au sûr, ou du moins, plus que dans ton sac poser sur un dossier de chaise derrière le comptoir de la bibliothèque.

Ta chemise plaid émeraude et tes cheveux en bataille, tes lunettes démodées et tes cernes sous les yeux semblaient te faire ressembler à un personnage de BD. Enfin, tu te dirigeais vers un rayon au hasard : Peu importe, aucun des livres de la réserve n'était trié. On trouvait facilement des encyclopédies à côté de petit manifestes d'art, lui-même contre une autobiographie d'un misaya durant la seconde guerre mondiale.
Tu fredonnais un air des Blue Öyster Cult, ton carnet à la main. Nonchalant. Quand tu tomba nez à nez avec une silhouette bien connue. Enfin. Nez à nez. Tu la surplombais très largement puisqu'elle était assisse, recroquevillée sur son ouvrage. La chanson se stoppa dans ta bouche. Et tu soupiras. Tu ne savais pas vraiment si c'était le destin ou une connerie du genre. Mais voilà, ce n'était simplement plus possible. Vous deviez parler. Parce que jusque là, vous n'étiez pas encore tombés l'un sur l'autre, et à vrai dire, tu ne l'avais pas complètement cherché. Tu ne savais même pas si elle avait suivit le mouvement de foule plutôt que de rentrer chez elle.

D'ailleurs, tu avais décidé de revenir.
Et en cet instant, tu te demandais pourquoi. Ta vie à Zurich aurait été magnifique. Plus de contrainte, plus de gens bizarres et loufoques. Une vie ordinaire dans laquelle tu pourrais fonder des relations ordinaires. Arrêter de valser entre les filles une fois de temps en temps, arrêter d'avoir des amis auxquels tu ne dis rien. Plus tard même fonder une famille. Avoir un gros chien et trois chats. Déménager à la campagne. Tu aurais pu avoir tout ça. Mais tu étais revenu. Sans trop savoir pourquoi. Avec cette excuse que tu veux maîtriser ton don jusqu'à pouvoir le renier au fond de toi. Jamais utiliser l'excuse des autres, comme quoi quelqu'un serait capable de te manquer.

    « Faut qu'on parle. »


Tu voulais lui dire ces mots. Je suis un connard. Mais soyons honnêtes, ils ne sortent pas aussi facilement que ce que tu l'aurais cru. Ils ne sortent pas comme vérité. Parce que tu les penses. Mais dans le fond, elle s'en fout de toi. Tu n'as pas besoin de te mettre à genoux pour elle. Elle t'as bien répéter cent fois que tu n'étais pas un vrai chevalier.





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Lyria Sandman

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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Mar 4 Fév - 18:46


I'm lost inside the crowd

L’endroit n’était, de base, pas très bien éclairé. Après tout, personne n’était sensé s’assoir pour lire, c’était un endroit où l’on stockait tout un tas d’ouvrage sur tout un tas de domaine qui n’intéressent pas le quart des personnes qui résidaient dans cette école. Tout ça pour dire que la lumière était une denrée rare et appréciée, surtout quand on était pour ainsi dire prostrée dans un coin -pas trop étroit non plus, ca faisait un moment que ce n’était plus trop ton truc ça-. Alors forcement, lorsqu’une ombre sembla se posé sur toi, tu fronças les sourcils, tes lunettes glissant légèrement sur le bout de ton nez. Et alors que tu allais engueuler la personne qui cachait ton apport vital de lumière pour la poursuite de ta lecture, une voix bien trop familière te saisit légèrement.

Ca faisait plus d’un mois que tu n’avais pas croisé sa route d’une façon ou d’une autre, surement même plus encore, et pourtant même par-dessus la musique, tu le reconnaissais rien qu’à sa voix. Tu restas le regard rivé sur ton livre même si tu ne lisais plus la moindre ligne, n’ayant pas encore daigné adresser un regard à ton perturbateur. Dans un geste trahissant ta nervosité, ton ongle grattait un peu la couverture alors que tu réfléchissais à la meilleure façon que tu aurais de l’envoyer promené. Tu n’avais pas envie de lui parler. Tu n’avais pas envie de te retrouver seule avec lui -même si pour ça, ca semblait un peu raté-. Tu ne voulais pas de son entré théâtrale et de sa réplique digne d’une introduction à une scène de ménage. Non, là maintenant, tu voulais te lever pour ne plus avoir l’air si petite, et partir de cet endroit parce qu’il s’y trouvait.

Si le destin existait, tu l’aurais surement étripé à cet instant. Pourquoi est-ce qu’il avait fallut qu’il tombe sur toi dans un des rares moments où tu n’étais pas grande et arrogante, pourquoi est-ce qu’il fallait que ca tombe sur un moment où tu étais surement le plus à découvert, sans ta superbe. Juste toi.

Après quelques secondes sans même avoir daigné lever les yeux vers lui, tu refermas ton livre d’un claquement sec et poussiéreux avant de retirer tes lunettes. Personne dans cette école avant cet instant ne savait que tu en portais pour lire. C’était d’avantage une question de confort que de problème de vue réel, mais ca restait, à ton sens, un défaut que tu ne supportais pas. Une chose à rajouter à la liste de celles qui font que tu n’avais qu’une envie : partir.
En prenant toujours un soin particulier de ne pas poser les yeux sur Heath, tu te levas en posant l’ouvrage que tu n’avais pas finis de lire sur l’une des piles qui t’entouraient. Tes mains tapèrent un peu sur le bas de ton pull trop grand qui, maintenant que tu étais debout, cachait en grande partie ton short tout en reprenant sa forme, le col baillant à tel point qu’une de tes épaules était dégagée. D’un geste bref, tu tiras les écouteurs de tes oreilles par le fil pour fourrer le tout dans ta poche.

Et finalement, enfin, tu dardas ton regard vers l’intrus, ce visage que tu t’étais évertuer à garder en rancune, que tu avais commencé par éviter sans jamais l’oublier. Tu le fixas avec ce que tu voulais être de la suffisance mais qui n’arrivait à se détacher d’un fond de colère. De honte. A cause de ce soir là. D’un talon cassé. D’explications jamais données. D’une partie de carte inachevée.

« J’crois pas, non. »

Tu fuyais. Oui, ca n’était pas toi. Tu marchais sur les gens pour passer, tu les faisais s’écarter d’un regard méprisant. Tu les envoyais paitre. Parler, c’était ta meilleure arme, ton domaine, ta zone de sécurité. Avec tout le monde. Sauf lui. Tu ne voulais pas parler. Tu ne voulais pas reprendre cette partie dont tu avais presque oublié les règles. Tu n’arrivais même plus à te souvenir de si tu avais la main ou si c’était lui. La seule chose dont tu te souvenais de cette valse avec le diable, c’était la colère et la frustration. Et la peur.

Alors pour cette fois, tu commenças à le contourner, laissant derrière toi les piles de livres en bataille, longeant la haute étagère de bois. Abandonnant ta tour d’ivoire, ton repère sécuritaire. Tu voulais juste partir de ces sous-sols. De cet endroit. Loin de lui et de tout ce qu’il te rappelait. Tu n’étais plus faible, tu ne devais plus l’être.

Et surtout, surtout.
Tu ne voulais pas entendre ce qu’il avait à te dire.


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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Sam 8 Fév - 21:29




A quel autre genre de réponse pouvais-tu t'attendre ? Réellement. Il était normal qu'elle ne veuilles pas t'adresser la parole. Cela faisait presque un an que vous ne vous étiez pas parler. A peine croiser. Sans un sourire ni quoi que ce soit. Ca faisait depuis votre voyage en France. Pourtant tu l'avais chercher. Mais vous n'étiez jamais seuls. Et tu savais pertinemment que votre petit jeu, un peu trop douloureux, ne pouvait pas fonctionner devant un public. Et puis le temps avait passé. Elle t'avais si bien évité que tu avais finis par en quelques sortes l'oublier. Vous étiez redevenus des étrangers. Comme si vous aviez disparus. Respectivement de vos vies. Tu en étais même venu à te demander si elle était venu ici, dans ce pays que tu aimais tant.

La voir avait réveillé quelque chose en toi. Tous ces discours que tu avais préparés. Toutes ces fois où tu avais espérer l'attirer dans une salle, à l'écart du monde. Lui dire que rien n'était fini. Que ça continuerait. Encore et encore. Que tant qu'elle ne dirait pas non, clairement. Tant qu'elle ne dirait pas qu'elle ne veux plus rien avoir à faire avec toi, tu lutteras.
Pas que ce soit de l'amour. Tu n'en as rien à foutre, de l'amour. Tu es incapable d'aimer, trop renfermé sur toi même. Trop persuadé d'être un monstre, un ramassis d'imperfection. Handicapé des sentiments, toujours à jouer des faux semblants. A sembler attaché. A sembler heureux. Mais tu voulais te retrouver en elle. Savoir pourquoi elle se cachait tant que ça. Pourquoi elle cherchait tant à se faire voir si ce n'était pas pour se montrer réellement. Pourquoi elle n'acceptait pas sa solitude. Parce que dans le fond, tu voulais un peu mieux de comprendre. Connard d'égoïste.

Alors ta voix se fait plus sèche. Elle n'a rien à voir avec celle que tu as déjà utilisé avec elle. Elle est juste celle que tu aurais prise avec n'importe qui se trouvant ici.

    « T'as pas le droit d'être ici. C'est interdit aux élèves. »


Et avant qu'elle ne puisse dire que toi aussi, t'es qu'un imbécile d'élève, que si tu la dénonces, ça voudra dire que toi aussi tu as enfreins les règles, tu sors du col de ta chemise un ruban, au bout duquel est attaché ton badge de bibliothèque. Sourire narquois. Elle t'écouteras.

Tu es instable, Andersen. Puisque alors qu'elle commence à s'esquiver, tu attrapes son poignet. Frêle. La tire contre toi. Tu sais très bien que c'est pas bien pour vous. Tu sais très bien que tu vas avoir mal au crâne dans peu de temps. Tu sais très bien que tu risque de faire voler des livres sans le vouloir. Alors tu restes concentré. Regarde simplement tes doigts qui serrent un peu trop cette peau trop blanche.

    « Si je te dis que je suis un connard, tu m'écoutes ? »


Et tu la lâches. Doucement. Laissant la trace rouge de tes doigts. Tu te retournes alors complètement vers elle. Reprend ton petit carnet, le stylo derrière ton oreille. Et tu tires une chaise, t'assieds tranquillement, comme s'il ne s'était rien passé. Tu regardes la pile de livre qu'elle a laissé traîné. Note chacun des noms avec ton écriture un peu trop oblique. Tu fais une liste. Arrache la page. La lui tend, sans même un regard.

    « Y a ma signature. Tu pourras tous les emprunter en même temps si tu montre ça au comptoir. »


Elle ne veux pas parler. Alors ce sont des mots pour meubler le vide. Ce sont des choses pour qu'une fois encore, elle ne prenne pas la fuite.





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Lyria Sandman

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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Dim 9 Fév - 2:32


Make it quick. Make me fast.

Il t'avait fixé en silence pendant quelques instants avant de te parler de ce ton hautain, sec et distant. Quelque chose que tu connaissais mais chez les autres. Tu avais presque faillis regarder par dessus ton épaule pour voir s'il ne parlait pas à quelqu'un d'autre mais tu savais qu'il n'y avait rien que de la pierre et du savoir dans ton dos. Mais tu avais feins l'indifférence face à cet air détaché qu'il avait adopté, même quand il avait arboré sa petite carte, son pass VIP pour cet endroit si calme que tu squattais en connaissance de cause.

Tu n'en avais rien à faire de la permission. Tu n'en avais jamais rien eu à faire des règles. Alors pourquoi ca changerait parce qu'il te le disait. Alors tu t'étais contenter de vaguement levé un sourcil à sa remarque, d'un air de dire "et alors". Tu t'en foutais royalement de la permission ou de la bénédiction. Tu te contenterais de trouver une autre allée, plus loin dans la réserve, plus poussiéreuse, moins fréquenté. Mais tu n'avais pas l'intention de cesser tes visites furtives dans cet endroit. C'était ton havre, ton oasis. Et c'était la raison pour laquelle tu étais si contrarié de le voir ici. Lui encore plus que n'importe qui d'autre.

Alors que tu passais à coté de lui, il te stoppe, te rattrape, t'attire vers lui. Ses doigts sur ton poignet te font tressaillir, tes sourcils se fronçant légèrement. Sur l'instant, tu ne réagis qu'au simple fait qu'il te touche, comme tu l'aurais fait avec n'importe qui d'autre. Le contact physique, c'était vraiment une des choses qui te contrariait, même si c'était lui. Surtout parce que c'était lui. Et puis, d'un coup, ta mémoire s'activa comme une ampoule s'allume. Son don. D'un geste ni trop évident, ni trop brusque, tu essayes de récupérer la mobilité de ton bras, sans y parvenir tant qu'il ne le décide pas. Quel idiot.

Tes discrètes mais vaines tentatives de te défaire se stoppèrent lorsque sa voix résonna à tes oreilles. Tu étais contrariée, c'était même un doux euphémisme que de simplement parler de contrariété. Tu avais envie de le gifler. Tu en avais vraiment envie, ca te démangeait presque autant que pouvait le faire sa main sur ton poignet, même lorsqu'elle te lâche. C'est désagréable, un peu comme une vieille cicatrice qui gratte et qu'on ne peut atteindre. Alors tu le fixes en silence pendant qu'il griffonne dieu-sait-quoi sur son carnet -il pourrait rédiger une lettre d'excuse que ca te laisserait de marbre-, pesant le pour et le contre de sa demande, son ultime question.

Il finit par te tendre le papier, dans une proposition qui t'es parfaitement inutile. Tu n'as pas la moindre envie de porter cette pile de livre en dehors de cet endroit, parce que premièrement, tu n'en as pas la force physique et de deux, tu n'as pas d'autre endroit qu'ici pour lire en paix. Ta chambre est bien trop bruyante étant donner que tu dois la partager avec deux autres personnes, les ateliers ne sont pas sûrs car tout le monde peut y débarquer et les salles de groupe sont toujours bondées de gens curieux et encombrant. Il n'y avait qu'ici, en compagnie de la poussière et de l'humidité des sous-sols, que tu avais envie de lire.

Et pourtant, tu as fixé le papier quelques instants, levé les yeux vers cet apprentis bibliothécaire et puis tu as finis par prendre ta décision. Tu avançais tranquillement vers lui, attrapant le papier d'un geste sec avant de le froisser dans ta main. Et pour finir, tu lui collas la gifle la plus imprévisible dont tu étais capable. Tu savais pertinemment qu'il avait du en essuyer de plus féroce et de plus douloureuse, mais celle-ci était pour toi. Et ca t'avait fait un bien fou. Surement plus qu'à lui en fait. Gardant le papier froissé au creux de ta paume, tu croisas les bras avant de t'adosser à l'une des étagères de livre.

« Maintenant, je veux bien t'écouter. »

Ta main était encore chaude du contact brutal avec la joue du jeune garçon mais ca te semblait un compromis bien suffisant pour écouter ce qu'il avait à dire. D'ailleurs, maintenant que tu y pensais, tu n'arrivais pas à te souvenir de la dernière fois que tu avais jugée nécessaire d'accorder suffisamment d'attention à quelqu'un pour considérer de le frapper physiquement. Ca remontait surement bien trop loin. Pourquoi est-ce qu'il fallait toujours que même après tout ce temps, il se démarque du reste.

« Mais fais vite. »

Cette situation était vraiment trop étrange pour toi. Ca donnait l'impression que tout était resté en pause, pendant tout ce temps.

Jusqu'à hier, tu étais certaine que c'était quelque chose qui appartenait au passé, qui te rendrait irritable de temps en temps. Mais rien de plus. Tu avais été persuadée d'avoir tourné la page de cet étrange jeu sans gagnant. Et le voilà à nouveau devant toi. Et tu as l'impression que la France était hier, que le bal s'était terminé il y a quelques heures et que tout le reste n'a jamais existé. L'illusion serait presque parfaite, s'il n'y avait pas cette colère que tu avais laissé mariner pendant tout ce temps. Cette contrariété qui avait teinté tout d'un gout amer, comblé les trous de ton amnésie, doublé la fréquence de ton auto-médication.

Ton regard se posa sur tes piles de livre, une moue se posant sur ton visage. Tu n'avais même pas pu finir ton chapitre, c'était contrariant ça aussi. Enfin, il te suffisait d'écouter ce qu'il avait à te dire, l'envoyer paître et, une fois qu'il serait partis comme il le faisait toujours, tu n'aurais qu'à reprendre. Oui. C'était la meilleure chose à faire.
Attendre qu'il fuit, comme il le faisait toujours. Parce qu'il était celui de vous deux qui était lâche, ou du moins, celui qui n'avait pas peur de l'admettre.

Car tout le monde sait que tu fuis, petite princesse.
Tu fuis ce monde qui t'effraie.


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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Dim 9 Fév - 20:19




Ce qu'il y avait de plus étonnant, c'est que la gifle que tu reçu de plein fouet ne te fit même pas sursauter. A vrai dire, même si tu ne t'attendais pas à ce qu'elle te touche, même dans un geste violent, tu avais très bien réussis à imaginer le fait qu'elle t'envoie le premier truc lui passant sous la main au visage. Tu te contentes alors de frotter ta joue. C'est comme ça qu'ils font dans les films. En vrai tu t'en fous. Tu en as reçu des pires. Des bien pire. Entre ça et les coups de poings que tu n'as jamais rendus, ta mâchoire survivrait, à une simple claque.

Elle marquait en quelques sorte son pouvoir. Par une claque. Pour te faire comprendre que si tu voulais parler, c'était à tes frais. Et dans le fond, ça te faisait un peu rire. Qu'elle ait besoin de ça. Parce que ça te réconfortait juste dans l'idée qu'elle ne te dominait pas. En rien. Pas que tu te sentes supérieur. Mais elle trahissait elle même son propre jeu. Elle qui regarde tout le monde de haut malgré sa petite taille. Elle s'abaisser à te frapper. Et tu te sentais spécial pour ça.
Parce que ça ne tourne pas rond dans ta tête, Andersen.

    « Je sais pas ce qui s'est passé. Pourquoi ça a mal tourné. Je t'ai à peine lâché des yeux quelques secondes. Deux minutes tout au plus. Et après t'as disparu. J'me suis dis que tu voulais pas de moi. Alors j'ai rien dit. J'ai laissé les feux explosés. J'ai laissé les choses se faire. Et je te croisais dans les couloirs. Tu m'adressais même pas à regard. J'ai jamais réussis à te retrouver, seul à seul. »


Tu ne coupes même pas ta phrase, te relèves et t'approches d'elle, juste pour caresser ses cheveux de ta main gauche. Ou plutôt effleurer. Sur un mouvement d'index. Avant de te retourner.

    « Je voulais pas m'imposer dans ta vie si tu ne le voulais pas. Mais j'ai envie de continuer d'essayer tant que tu me le diras pas droit dans les yeux. »


Tu te rassois, normalement. Comme si tu venais de dire à n'importe qui qu'il allait pleuvoir demain. Comme si tes mots ne pouvaient pas avoir d'impacts, ou de réalité. Et tu balances sur l'arrière de ta chaise. Passe tes mains derrière ton crâne, les bras croisés. Comme tes jambes étendues devant toi.

Aucune réalité des choses.




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Lyria Sandman

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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Lun 10 Fév - 18:15


Through the dreams and disasters

Il avait le sens de l’euphémisme, c’était rien de le dire. Et ca t’agaçait. Alors comme ça, il n’avait fait que te « lâcher des yeux quelques secondes ». Quelle jolie formule pour ne pas dire qu’il t’avait littéralement larguer au milieu d’une foule dansante pour aller se caler entre les bras d’une fille facile qui ne lui ferait pas de résistance. Cette façon qu’il avait de tourner les choses de façon si anodine, te plaçant en position d’enfant jalouse et capricieuse dans cette fameuse soirée eu l’effet d’un peu d’huile sur le feu d’une colère qui avait presque été sur le point de s’éteindre quand il avait admis à demi-mot être un connard.

Une partie de toi avait envie de lui faire tomber la moitié du contenu des étagères dessus et de le laisser là, ensevelis sous assez de savoir pour qu’il s’étouffe avec. Cette pensée se nota d’ailleurs surement avec une colère à peine voilée dans ton regard qui le fixait pendant son monologue qui continuait. A propos de ce stupide bal. De ce stupide feu d’artifice dont tout le monde te parlait mais dont tu n’avais pas le moindre souvenir.

Et cette amnésie, ca faisait un long moment que tu en avais pris conscience, premièrement parce que, à moins d’une conspiration, le fait que tout le monde te parle d’un feu d’artifice qui n’avait selon toi jamais eu lieu prouvait que tu étais surement celle qui avait manqué un truc, et deuxièmement, parce que ce n’était pas la première fois que ta mémoire occultait quelque chose. Tu avais déjà perdu près d’une semaine de souvenir lorsque tu avais été enseveli quand ta première école avait explosé. Alors, les trous de mémoires, ca avait quelque chose de vaguement familier pour toi et ca n’était pas pour te plaire.

Tu avais levé les yeux au plafond quand il avait finit par dire que tu avais disparu. C’était ridicule. Même si tu n’étais pas grande, tu ne pouvais clairement pas disparaitre. Tu n’accordas pas vraiment plus d’attention que ça au reste de ces pitoyables explications qui sonnaient faux à tes oreilles. Surement que la rancune te rendait hermétique, sans le moindre doute même. Le voir résumé tout ça à un « tu m’as planté alors j’me suis dis que t’en avais marre » te donnait juste envie de lui en coller une autre.

Mais lorsqu’il avait approché sa main de toi dans un geste calme et calculé, tu n’avais pas cillé. Soyons honnête, si tu n’avais pas eu l’étagère dans ton dos, surement que tu aurais reculé, pour te mettre hors d’atteinte en le foudroyant du regard mais, comme tu étais bloquée, tu t’étais contenté de la second option sans bougé d’un pouce. Et pourtant, l’envie d’éloigner sa main du revers de la tienne pendant qu’il se donnait le beau rôle dans ce jeu où vous étiez aussi lâche l’un que l’autre, te démangeait encore plus qu’un bouton de moustique.

Et il finit par simplement retourné s’assoir, comme s’il avait finit son petit caprice, sa petite plaidoirie. Visiblement, c’était ton tour de prendre la parole, alors tu n’allais pas te gêner.

« Tu as une mémoire sélective, Don Juan. » lâchas-tu au bout de quelques secondes en retirant le crayon qui retenait encore quelques mèches de cheveux, refusant de te montrer plus claire. Tu n’allais pas non plus ramener cette fille grossière et désagréable que tu avais arrosée du contenu de son verre par dépit.

Comme pour être certaine qu’il soit attentif à ce que tu allais dire, tu plantas les quatre pieds de sa chaise sur le sol, l’empêchant de se balancer par une simple pensée. Tu avais finis par améliorer ta maitrise avec le temps mais tu savais d’ors et déjà que la migraine n’allait pas tarder et que ca ne t’aiderait clairement pas à rester calme.

« Je ne fuis rien ni personne. Jamais. Et puis, personne ne disparait, c’est ridicule. Alors ne me prête pas des mots ou des gestes que je n’ai pas eu. C’est agaçant. »

Tu refusais d’admettre que de te faire planter au milieu de cette piste de dance t’avait blessé, qu’il avait réussit à d’atteindre suffisamment pour que tu t’en souviennes encore après tout ce temps. Tu ne voulais pas lui laisser voir qu’il avait déjà bien trop réussit à s’imposer dans ta vie que tu ne l’aurais voulu. Qu’il avait percé cette carapace d’indifférence en acier pour en devenir le défaut.

Que ce soit en bien ou en mal.


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Heath J. Andersen

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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Dim 6 Avr - 13:52




La vérité c'est que tu ne comprends pas un traître mot de ce qu'elle raconte. Tout semble être délié. Comme si vous aviez vécu deux choses totalement différentes. Ca t’insupporte. Parce que ça remonte à un moment déjà. Plus d'une année. Tu ne comprends même pas pourquoi tu es resté bloqué dessus. Quoi que tu ne 'laies pas vraiment été. Juste que de temps en temps, tu y pensais. Jusqu'à ce que ça s'évapore lentement à force qu'elle disparaisse de ton paysage. C'est un peu ta faiblesse, ou ta force. De t’accommoder à tout, de t'en foutre de tout. T'adapter. C'est ce que tu fais de mieux. Te laisser traverser par les choses. Jamais longtemps. Juste le temps de revenir à ta position initiale. Celle d'un gars tout droit sorti de ton imagination. Un gars banal. Un gars bourré de défauts qui se fout bien d'être parfait. Celui qui fait comme tout le monde. Celui qui est tout le monde.

    « Les gens disparaissent ! Comme le Masilya Airline. Faut que t'arrête, princesse. Peut-être que t'as trop bu, peut-être que t'as préféré éluder ce souvenir de ta réalité, mais t'as disparu quand les lumières ce sont éteintes. Je m'en suis voulu. Quelques secondes; Pas plus. Parce que de toutes façon tu m'aurais rembarré mots après mots. Et au bout d'un moment, j'ai juste pas envie d'être malheureux si tu peux même pas être heureux de ça. »


Tu plaques les paumes de tes mains sur les bords de la chaise pour te lever. Et tu lui fais face. Une vingtaine de centimètre entre vos torses. Tu sais que tu es dans son espace vital. Tu pourrais simplement fermer tes bras sur elles pour qu'elle ne fuit pas, mais non. u les laisses pendre le long de ton corps, cherche son regard alors que ton visage est inexpressif. Fini les sourires tout faits, les émotions fictives au coin des yeux. Tu te montres sous ce que tu es vraiment, un masque de plâtre que rien ne traverse réellement.

    « Je t'en voudrais pas si tu m'envoies contre les rayons, si tu pars, ou si tu fais quoi que ce soit d'autre. Mais je peux pas jouer éternellement. Je veux bien essayer d'être ton ami. De redevenir un inconnu complet, me fondre dans la masse et tu ne me verras plus que comme un objet du décor. Mais arrête de dire que je suis le seul fautif. Arrête de penser que tu m'auras toujours sous le coude. Je veux sûrement t'aider. Mais si t'en en as rien à branler, j'pourrais pas te sauver. Alors je te le demande une dernière fois. »


Tes mains se glissent dans tes poches, tu secoues le visage en regardant tes pieds. Que tu es stupide, Andersen. Personne ne ferait quelque chose d'aussi encensé après avoir reçu une gifle. Après avoir reçu tant de haine, ou même après avoir été si odieux et montrer tout ton ego refoulé depuis des années. Mais qu'importe. Tu ne réfléchis pas. Après tu seras de nouveau toi.

    « Sors avec moi. »


Ou n'importe quoi d'autre.
Ne me laisse juste pas planter là.




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Lyria Sandman

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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Sam 12 Avr - 22:45


all my fragile strength is gone

Il finit par reprendre la parole. Il hausse la voix, il brise le calme d’un ton cassant. Et le voilà repartis dans une litanie, un amas de reproche et de remarque contre toi. Et tu sens la colère monté, chez lui, chez toi. C’est étrange mais tu le sens. C’est comme si une corde de guitare n’avait cessé de se tendre entre vous, sans vous relié, il était juste là, laissant filer le son plaintif d’une note discordante.

Au fil de ses mots, le souvenir lointain de cette soirée se précise dans ta mémoire. La tenue que tu portais, ton arrivée dans cette salle bondée, la danse et puis, le black out. Et ensuite rien. Ensuite, le lendemain est arrivé sans que tu ne comprennes comment, tu avais perdu tes chaussures telle une cendrillon qui aurait oublié d’avoir le prince sur ses talons, sans souvenir du reste de la soirée. Tu avais eu envie de hurlé aux adultes de te donner des explications, autre chose que ces fadaises qu’ils avaient tenté de te faire croire. Parce que tu avais besoin de comprendre ce qu’il s’était passé. Tu avais besoin d’avoir l’explication des rares flashes obscurs, des voix qui peuplaient tes cauchemars déjà bien trop nombreux avant ça.

Mais tu te taisais. Parce que parler, te confier, partager, ça n’avait jamais été une chose que tu avais appris à faire.

Il se lève dans un mouvement brusque qui t’arrache malgré toi, un bref sursaut. Il te fait face et cette fois, il n’y a plus de jeux, avant même qu’il ouvre à nouveau la bouche, tu le sais. Parce qu’il n’y a pas d’artifice, pas de rictus, pas de regard moqueur, pas d’étreinte superflus. Et le voilà entrain de déclamer des vérités que tu ne veux pas entendre. Tu n’as pas besoin de savoir, de réaliser que l’impression que ton monde est bancale, que ta stabilité n’est qu’une illusion. Pourquoi ne serait-il pas le seul fautif ? Lui qui s’est rendu si présent et, sans même le réaliser, qui est devenu une part de ce décors familier qui t’es nécessaire alors pourquoi. Comment ose-t-il te dire qu’il ne sera pas toujours là ? Tu avais commencé par ne vouloir que ça, qu’il disparaisse en rampant de honte devant toi mais il était resté, il s’était installé, alors comment osait-il. Par quel moyen croyait-il être capable de te sauver alors que toi-même tu ignorais comment faire…

Soudain, ton regard s’agrandit légèrement, ton estomac se renverse à 18O°. « Alors je te le demande une dernière fois. »
Le rendre muet. Disparaitre ailleurs. Réécrire ces mots. Arrêter le temps.

Tu as l’impression de voir un verre basculer du bord d’une table, tes doigts se refermant juste au dessus de lui avant de le voir s’éclater sur le sol pour s’éparpiller en millier de petits éclats. Un bruit blanc semble envahir l’espace autour de vous, un bourdonnement assourdissant mais pas assez pour que ces trois mots sombrent dans le néant.

La corde se casse dans une note dissonante.
Le verre se brise en millier de petits éclats.

N’étais-ce pas une règle tacite, l’interdit, le pas à ne pas refranchir, la boucle à ne jamais bouclée. Le silence s’installe, bien trop lourdement pour que ce soit un réconfort. Ces yeux carmin qui sont les tiens le fixe avant de se détourner. D’un geste simple et ample, tu t’étais détaché de l’étagère contre laquelle tu étais jusqu’à maintenant, te rapprochant sensiblement de lui mais tu ne fis que lui passé à coté, le frôlant de ton épaule. Ne pas lui faire face, c’était ridicule. Ridicule d’être incapable de retenir ce sentiment de déception qu’il vous ait fait quitter cette zone de confort d’absence de réalité à ce qu’il vous liait. Tes cheveux complètement lâché flottant légèrement dans ton dos, tu commenças de t’éloigner.

« … Tu as tout gâché, Andersen. »

Ce détail, insignifiant. Ce nom entre tes lèvres, que tu prononces à ses oreilles sans doute pour la première. Comme pour terminé ce pacte non-dit qu’il a brisé le premier. Plus de chevalier Don Juan ou de dragon maladroit. Plus de tour, ni de princesse.

Avant, vous n’étiez pas amis. Vous n’étiez pas amants. Vous n’étiez pas ennemis.
Vous étiez juste quelque chose, sans savoir quoi et c’était parfait.
Maintenant, vous n’êtes plus rien.


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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Sam 12 Avr - 23:52




Bizarrement, tu t'attendais à bien pire. Alors ses mots te donnent envie de rire. Ce truc au fond de l'estomac que tu essayes de contrôler. C'est peut-être nerveux dans le fond. En fait, tu n'en sais rien. C'est peut-être simplement ta seconde nature de poupée à revêtir les émotions qui prend le dessus. Mais tu n'en fais rien. Tu la laisses te dépasser. Hausse un sourcil. C'est tout ? Toi qui, à la place des ces petits mots fatidiques voulaient en réalité lui dire Laisse moi t'aider. Au moins tu ne perd pas la face. Alors ta main passe dans tes cheveux. Tu remets toutes tes mèches en place telle l'adolescente refoulée que tu es. Ecarte la bouche. Incline la tête. Comme si tu allais dire quelque chose alors qu'elle te fait dos. Puis rien.

Tu finis par te retourner. Un peu perplexe. Tu vérifies que toutes tes affaires sont encore là d'un coup d'oeil avant de reprendre tes légères mimiques, ta voix un peu plus enjouée, enjolivée. Et tu avances jusqu'à la jeune fille. Posant ta main sur son épaule une fois à ses côtés.

    « On va prendre un café. Et dis pas non. »


Tu ne lui laisses pas vraiment le choix. Tu commences à avancer, la poussant légèrement. Juste assez pour qu'elle s'en rende compte. Trop doucement pour la brusquer. Tu as mis fin à ce jeu. Avec les même mots qui l'ont commencés. Alors cette fois ci tu ne prends pas la fuite. Tu entames juste le début d'un autre type de relation, si on considère que tu as des relations. Pas grand chose. Tu n'es pas son amant, son mec ou un copain. Tu seras juste dans le décor. Une présence semi rassurante. Toujours là. Sans qu'on ne te le demande.

    « Et si t'aime pas le café, tu peux prendre du thé, une limonade ou autre chose. Même un cheese cake. Mais ça ce boit pas ça. »


Tu n'es pas un gras bien. Tu n'es pas même quelqu'un qui en vaille la peine. Mais tu reprend le dessus. Comme si tout ce que vous aviez vécu avant n'avait aucune importance. Comme si c'était la première fois que vous vous voyez. Comme s'il n'y avait jamais eu de tensions, de frictions. Comme si vous vous rencontriez.

    « T'as pas besoin de parler de toi, on parlera même pas de moi. Juste de la pluie et du beau temps. Ou de bouquins. »


Tu réajustes rapidement ton col de ta main libre alors que vous vous approchiez de la porte doucement. Tu réfléchis à chaque millième de seconde au mot que tu dois choisir pour ce qui va suivre. Mais ça tombe comme une ponctuation de phrase en moins d'un instant.

    « S'il te plait, Lyria. »


Fini les princesses. C'est elle qui l'a dit. Tu as tout gâché. Alors c'est son prénom. Parce que tu appelles rarement les gens par leurs prénoms. A moins qu'ils soient mono-syllabiques. Et parce que tu veux lui prouver que malgré tout, t'as retenu son prénom. Même si c'est rien d'important. Même si c'est basique. Tu ne demandes pas un rendez-vous avec cette boisson chaude. Seulement une place dans sa vie.





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MessageSujet: Re: Once upon a time... [PV Heath]   Jeu 1 Mai - 15:43


sing my cares away

Tu t’éloignais, lentement pour ne pas avoir l’air de t’enfuir mais assez rapidement pour ne pas donner l’impression d’attendre, un subtil juste milieu qui faisait de toi qui tu étais : la reine de l’indifférence. Mais soudain, une main se pose sur ton épaule, stoppant cette avancée aux allures bien trop théâtrale. Et alors que tes yeux se lèvent vers lui dans un regard distant, il arrive encore à te surprendre.

« On va prendre un café. Et dis pas non. »

Sans doute que la surprise et l’absurdité de sa proposition s’affiche sur ton visage, trop stupéfaite pour réellement trouver quoi répondre sur l’instant alors qu’il te fait reprendre ta marche sur un rythme différent : le sien. Au moment où tu croyais qu’il n’y avait plus rien que les ruines d’une chose qui n’avait jamais réellement existé, soudain, il trouvait le moyen de te montrer qu’une fois de plus, tu avais tord. Quand tu croyais que ta solitude allait à nouveau t’étouffer avec l’aide de ta fierté trop grande pour simplement ignorer les mots qu’il a prononcé, voilà qu’il bouleverse encore cet équilibre si fin que tu entretiens soigneusement avec le monde.

Et pendant qu’il te fait une liste de ce que tu pourrais boire ou manger, avec cette façon nonchalante qu’il a toujours eu de te parler, même quand il savait que tu l’enverrais paitre, tu reconsidère lentement cet équilibre. Cette opportunité. Toi, Lyria, tu n’as pas d’amis. Tu as des gens qui te suivent, des gens qui t’envient, des gens qui te haïssent. Et avant, tu avais aussi lui. Heath. Cet électron libre qui n’avait pas de légitimité dans ta sphère mais qui avait décidé de gravité autour de toi d’une façon complètement différente de tous les autres, rassurée de cette illégalité qui t’évitait d’avoir à trop réfléchir à ce qu’il était pour toi.

Vos pas finissent par ralentir une fois que la porte est en vue, et quelques mots résonnent avec pour unique témoin des rangées d’étagères chargées de livre.

« S’il te plait, Lyria. »

Tu marques une pause, comme si tu considérais sa demande, ou simplement le fait qu’il t’appelle par ton prénom. Etrangement, cette ponctuation inhabituelle de phrase de sa part ne te donne pas la même impression que lorsque tu avais lâché sans émotion son nom à la fin de ta réponse à sa demande un peu plus tôt. Là où tes mots avaient terminé quelque chose, cette fois, le ressentit était tout à fait différent.

Tu retiras tes lunettes pour les glisser dans leur étui que tu gardais au fond de ta poche, rassemblant tes cheveux pour les glisser devant l’une de tes épaules pour ne pas qu’ils te gênent. La colère et la déception s’étaient estompées doucement au fil de vos pas qui vous avaient conduit jusque là. Après quelques secondes, tu avanças de quelques enjambées plus longues pour le devancé de quelques pas, posant ta main sur la poignée avant de te tourner vers lui, un mince sourire au coin des lèvres.

« Va pour un verre mais je te préviens. Je n’ai pas le moindre franc suisse sur moi. »

Tu ouvris la porte pour remonter la première. Après tout, il n’y avait plus rien entre vous, rien de ce « quelque chose » indéfinissable qui avait semblé vous lier de façon aussi sûr que malsaine par moment. Alors, qu’est-ce que tu risquais à essayer de faire de lui un ami ? C’était sans doute un compromis bien plus confortable que de l’ignorer. Parce que malgré tes grands airs détachés et d’intouchable, tu n’étais pas certaine de supporter un décor sans une place pour ce grand idiot.

Prince, dragon ou ami. Tant qu’il restait dans les environs, au final, peu importait.



:: Fin du sujet ::

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