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 Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]

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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Ven 7 Mar - 20:41

Les allées du jardin sont vides, à cette heure-ci, tout le monde est en train de prendre le dîner. Elles sont vides, et pourtant un bruit trouble le silence. Ce bruit, c'est celui des graviers qui crissent, évidemment, mais aussi, plus sourd, le ronronnement d'un moteur. Parce qu'il y a un élève qui ne dîne pas avec les autres, un élève qui a eu envie, besoin de s'isoler.
Ce n'est pas que Gabriel estime que la nourriture servie au commun des mortels n'est pas digne de son rang, non, pour un self, elle est acceptable, bien meilleure que celle de l'école allemande, en tout cas. Il n'en pouvait juste plus du brouhaha, il sentait sa tête sur le point d'exploser, une douleur qu'une simple aspirine ne servirait pas à calmer. Alors plutôt que de s'énerver, de leur hurler de se taire, et de perdre le contrôle de son don, il a choisi de s'éloigner, de se calmer, d'autant plus que l'Autre était au coin de son champ de vision et que ses regards ne cessaient d'y retourner, amplifiant sans cesse sa céphalée. Il sait d'où elle vient, ce qui la provoque. Une réaction en chaîne, physiologique, disent les médecins, lui se contentent de la qualifier de plaie insupportable. Les liaisons nerveuses se reforment dans sa colonne vertébrale, c'est merveilleux, presque un miracle, porteur d'espoir, il pourra sans doute un jour retrouver l'usage complet de ses jambes, se séparer de ce fauteuil, être à nouveau autonome. Bien sûr, c'est un miracle. Mais il ne vient pas sans contrepartie, et cela, personne ne peut rien y faire. Les liaisons ne se reforment pas sans douleur, et cette douleur se répercute dans toute sa moelle épinière pour venir cogner et tempêter sous son crâne. En ajoutant à cela les courbatures de la rééducation dans des membres qui n'avaient rien senti depuis plus de deux ans, on comprend aisément l'humeur massacrante de Gabriel, qui se traduit par une asociabilité et une irritabilité plus frappante que jamais.

Alors parfois, il se barre. Laisse tout en plan, les laisse tous en plan, et part dans un coin du jardin où il pourra hurler en paix. Seul. Sans personne. Ou du moins c'est ce qu'il pense, ce dont il est persuadé, jusqu'à ce qu'il arrête le moteur, et que les graviers continuent de crisser. C'était bien ce qu'il lui semblait, il est suivi. Un mouvement sur le joystick, une poussée du moteur, et le voilà qui fait face à celui qui marchait sur ses pas.

    - T'as pas pu t'en empêcher, hein ? Je suppose qu'une cible facile est trop tentante pour toi…


Il soupire. N'a pas envie de se battre pour l'instant. Pas envie de Le voir. Surtout pas lui, surtout pas maintenant. Pourtant, il sait qu'il faudra bien. Parce que c'est toujours le même jeu. Qui recommence sans cesse. Lui et l'Autre. Attaque, défense, contre-attaque. Un jeu, une guerre sans fin. Jusqu'à ce que l'un réussisse à mettre l'autre mat. Et il ne laissera pas ça arriver ce soir.


Dernière édition par Gabriel de St-Andrez le Jeu 8 Mai - 23:41, édité 1 fois
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Jean-Camille Douze

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Mer 12 Mar - 0:56


    • Please don't say you hate me because I may say it back •

    Derrière les grandes fenêtres, le ciel s’était obscurci depuis le début du repas, un repas normal, mais à Verbum Pretium. Plus de Synchronicity, plus de Virtus Insania, on change d’école, mais, étrangement, on s’habitue de plus en plus vite à ces nouveaux lieux, on prends ses marques, ses habitudes, la routine revient, on essaie de se convaincre que l’on ne craint rien, que personne ne posera une bombe aujourd’hui, qu’il est toujours possible de sourire sans craindre pour sa vie.
    Tu avais senti le regard de Saint-Andrez sur ta nuque tout au long du repas, tes camarades du groupe Aube te le faisaient encore remarquer, inconscient de la profondeur du lien qui te reliais à lui comme une blessure à vif dont vous empêchez la cicatrisation à chaque échange. Tu ne te retournais pas, tu résistais à la tentation de regarder son visage balafré, de lui rendre un regard hautain, un sourire narquois, comme deux amants échangeraient des œillades aguicheuses, promesses de rencontres futures entre leurs draps de coton. C’était sans doute cela, plus qu’ennemis, toi et Saint-Andrez étiez comme des amants, sans tendresse, sans amour. L’inverse. Des amants de haine qui s’accrochent, qui se trouvent, se retrouvent dans un coin sombre pour se glisser des mots durs à l’oreille, pour entretenir la flamme comme par crainte de voir les sentiments s’éroder, de voir l’autre s’éloigner.

    On te soufflait en gloussant que Saint-Andrez était parti, qu’il avait quitté le réfectoire. Par réflexe tu te retournais et voyais sa place vide, désertée. Tu haussais les épaules, tentais de t’intégrer aux conversations que tu n’avais pas suivies. Dans ton assiette, tu abandonnais ton reste de poisson panné, ton quartier de citron pressé, la quasi totalité de tes brocolis qui, de toute façon, avaient une odeur de souffre pour avoir trop cuit. Tu abandonnais ton yaourt, ton demi morceau de pain. Tu avais tenu deux minutes avant de te lever, de prendre ton manteau comme si de rien n’était, de t’échapper en prétextant à l’un un manque d’appétit, à l’autre un travail à finir. Ainsi tu n’avais pas l’air de Lui courir après, de rechercher sa présence que tu disais fuir à qui voulait bien l’entendre.
    Une fois dans le couloir vide, tu écoutais le silence, tu guettais le bruit devenu trop familier de son moteur. L’endroit était vaste, mais tout y résonnait, au fond, à gauche, là. Le bruit d’une porte qui se referme trop violemment. Une porte que l’on n’a pas retenue, qui claque dans le silence. Tes jambes te font prendre cette direction, assez longues pour avaler le chemin plus vite que le fauteuil dont tu aperçois vite la silhouette. Tu le suis dans le jardin, alors que le ciel s’assombrit, tu le suis de loin, sans pour autant te cacher, mais sans rien préparer. Il y a longtemps que vous vous fréquentez, que vous vous supportez sans jamais vous séparer pour de bon, tu sais reconnaître à son ombre, au bruit de sa respiration, son état émotionnel. La colère en l’occurrence, comme souvent, d’autant plus qu’il avait remarqué ta présence et semblait montrer le même talent que toi à reconnaître tes pas. Il attaque mollement, l’agressivité est là, mais elle manque de tranchant et toi même tu reconnais ne pas avoir envie d’un simple échange de fiel, pas ce soir.

      « Oh, ce serait presque trop simple. »


    Le soir tombe, derrière quelques arbres vous pouvez encore apercevoir le ciel, rendu orangé par le coucher de soleil, quand l’horizon à l’est est noir d’encre, quoique quelques étoiles filtrent entre les nuages. Cette nuit te rappellerait presque cet autre soir, il y a bien longtemps, à Synchronicity, où vous aviez déclaré une trêve. Une pause de quelques heures à fixer le ciel, à parler d’étoiles et de mythologies. Au matin, l’un et l’autre aviez frappé plus fort, comme pour compenser ce laisser aller. Tu doutais fort qu’une pareille trêve soit possible ce soir, vous aviez tout deux trop de fierté pour faire une telle proposition et pourtant tu n’avais pas l’énergie de l’attaquer ce soir. Les étoiles avaient un drôle d’effet sur vous deux. Ou peut-être appréciais-tu la chaleur qui rayonnait de lui et que tu sentais faiblement sur ton visage mordu par le froid de la nuit Suisse.

      « Qu’est-ce que tu fais là au juste ? »


    Malgré les brûlures, malgré le feu, tu te surprenais parfois à apprécier cette chaleur, tu n’osais t’en éloigner, comme vous n’osiez quitter vos habitudes, vos mécanismes, vos stratégies, vos attaques, défenses, contre-attaques. Comme si vous aviez quelque chose à y perdre.
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Mer 12 Mar - 21:55

La voix de l'Autre le fait tressaillir. Elle n'est pas rauque, il n'hausse pas le ton, glisse à peine une pointe d'ironie. Et pourtant, tout ce que Gabriel arrive à ressentir quand il l'entend, c'est ce frisson de haine, de mépris, de dégoût. Parce que c'est l'Autre, et que tout ce qui vient de lui ne peut être que mauvais. Parce que c'est l'Autre, et que chaque mot peut cacher une attaque à parer ou parfois, dans les moments de chance, une faille à exploiter. Une remarque fait suite à la sienne, parade facile à un coup porté sans conviction, un coup d'essai, une amorce facile. Question, réponse, question. Attaque, parade, contre-attaque. Comme toujours. Un schéma qui se répète et le fatigue, alors qu'une brise légère se lève. C'est le mouvement des brins d'herbes qui lui en fait prendre conscience, et l'attitude de l'Autre. Lui ne la sent pas, ne la sent plus, ne la sent jamais vraiment. Même dans ce mois de mars encore frais, un manteau léger lui suffit, comme d'habitude. Un léger sourire naîtrait presque sur ses lèvres, pour une fois que ce don qu'il hait tant est un instrument en sa faveur dans la guerre de leur haine... A défaut de L'incommoder directement, il permet à Gabriel de se débarrasser sans effort aucun de ce qui est une gêne pour Camille. Ce n'est presque rien, pas même un vrai coup, bien éloigné de tout ce qu'ils ont déjà pu se faire subir, et pourtant, pourtant, c'est déjà ça, et ce soir, il s'en contenterait presque. Parce que l'Autre n'est pas une distraction suffisante, et le froid non plus. Sans cesse, c'est cette douleur de fond qui se rappelle à lui, celle qu'il cherchait justement à fuir en quittant le réfectoire surchauffé par la présence de la masse des élèves. Ce qu'il fait là, au juste ? Il fuit. Il fuit les autres qu'il méprise, il fuit cet Autre qui l'insupporte et pourtant ne lui laisse aucun répit. La voilà, la vraie réponse à la question de Camille, mais il se la refuse déjà à lui-même, et ne risque pas de la révéler au brun. Il hésite un instant, examine la probabilité d'élaborer un mensonge, la refuse.

    - ... Rien.


Il ne lui faudrait qu'un signe pour faire faire demi-tour à sa monture motorisée et le planter là, il en a envie, mais ne bouge pas. Parce que partir serait fuir, serait se rendre, accepter d'avoir perdu la bataille avant même qu'elle ne commence. Et cela, il refuse. Même s'il n'a pas envie de se battre ce soir, même s'il sent que l'Autre, lui aussi, est las, il refuse de perdre une bataille aussi facilement, il en va de son honneur. Alors il relève le menton, plante son regard dans le sien, choisit ses mots, son ton, comme ils le font toujours.

    - Et toi ? Puisque ce serait trop simple pour son altesse, qu'est-ce que tu fous là ?


La dernière phrase lui démange la langue, il hésite à la laisser sortir. Prononcer ces mots, ce serait réveiller un souvenir qui, aujourd'hui encore, semble étrange sur le fond de leur haine. Peut-être parce qu'Il était Elle ce soir-là, peut-être parce qu'il y avait cette étrange atmosphère, ce ciel qui les avait poussés à la trêve. Il hésite, mais elle est plus forte que lui, se fraye un chemin dans sa gorge, entre ses lèvres.

    - Encore à regarder les étoiles comme une gonzesse ?


Dernière édition par Gabriel de St-Andrez le Mer 23 Avr - 20:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Sam 22 Mar - 20:54


    • And if you close your eyes,does it almost feel like you've been here before? •

    Le vent se lève, tu resserres le col de ton manteau, tu enfonces tes mains au font de tes poches. Tu as déjà survécu à l’hiver russe, mais cette veste semblait malgré tout un peu trop légère pour cette amorce de printemps suisse. Au sourire de Saint-Andrez réchauffé par son feu intérieur, tu offrais un regard indifférent. Sa chaleur, tu la sentais presque rayonner jusqu’à ton visage, faiblement, peut-être que tu ne faisais que l’imaginer après tout, que cette chaleur sur ta peau n’était que le résultat de la haine portée à son encontre.
    Que fait-il là ? Rien dit-il. Bien sûr tu flaires le mensonge, mais, après tout, quand il te pose la question tu es tenté de répondre la même chose. Difficile d’admettre que tu le poursuis, qu’il est un de tes derniers point fixe, que votre haine est comme un socle sur lequel tu essaie de garder l’équilibre et que sans lui toutes ces choses disparaissent. Difficile d’admettre tout ça, et plus encore de le dire. Tu cherches un instant comment répondre sans lui donner la satisfaction d’être important, mais avant que tu ne puises dire quoi que ce soit, voilà qu’il ajoute quelque chose.

      « Encore à regarder les étoiles comme une gonzesse ? »


    Evidemment. Dans une telle situation, difficile de ne pas penser à cette nuit qui vous avait presque rapprochés, cette nuit où vous aviez fait une trêve. Vous y pensiez, certes. Lui l’évoquait, clairement. Et tu ne savais toujours pas que penser de ce soir où vous aviez déposé les armes, cette nuit où vous aviez parlé astronomie et mythologie presque sans penser à vous arracher les yeux.

      « On m’appelle Altesse maintenant ? Voilà que je me retrouve noble…. »


    Chaque chose vient en son temps, Camille.
    Bien que las de vos incessantes batailles, tu ne te sentais pas prêt à quitter la rassurante monotonie de vos batailles rangées. Paradoxalement peut-être, il te semblait plus effrayant d’arrêter de vous déchirer et de faire la paix que d’imaginer quels pourraient être vos échanges sans la haine et le mépris habituel, sans le fiel. Tu frissonnais, essayais de ne pas le montrer et serrais les poings au fond de tes poches. Tu avais gardé le regard plongé dans les iris d’ambre de ton ennemi jusque là, mais tu levais maintenant les yeux au ciel et repérais la Grande Ourse.

      « Du nouveau pour tes jambes ? »


    Tu n’avais pas réfléchi avant de parler, tu cherchais quelque chose à dire, n’importe quoi, et voilà qu’une certaine curiosité quant à son état de santé se levait. Tu aurais aimé pouvoir dire que tu ne t’en souciais pas, mais malgré tout, une petite voix te rappelait qu’il était dans ce fauteuil par ta faute et que tu respirais encore grâce à lui. Plus vite il se relèverait, plus vite tu pourrais faire semblant d’ignorer ta dette, d’oublier tout ce que tu lui dois et combien il pourrait te demander en retour. Le vent souffle, et tu plonges ton regard dans le sien de nouveau, comme si tout cela t’importait, comme si faire semblant pouvait changer quoi que ce soit.


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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Dim 6 Avr - 16:38

Le rictus qui avait répondu à la réplique de Camille disparaît vite quand sa dernière question s'achève. L'Autre aime remuer des couteaux couverts de sel dans ses plaies, cela, Gabriel le sait déjà, ils ne font que ça, depuis toujours, inlassablement. Mais là, il touche juste, trop juste, alors même qu'il a tenté de le lui cacher.

    - Ça avance.


Deux mots laconiques, des yeux qui se ferment pour empêcher son visage de grimacer. Cacher la souffrance. Aujourd'hui n'est pas un jour où il l'agite sous les yeux de l'Autre pour mieux lui rappeler sa dette. Aujourd'hui il a juste envie de l'oublier, d'oublier que ses jambes ne pourront pas le porter avant encore longtemps, d'oublier qu'il ne comprend toujours pas pourquoi, à cette instant précis, alors qu'il aurait pu fuir, sauver sa vie et ses membres, il lui a semblé inconcevable de laisser ce tas de gravats ensevelir son pire ennemi, pourquoi même maintenant, la simple idée qu'il puisse l'abandonner, avoir une vie que lui n'envahirait pas lui paraît inacceptable, au point qu'il continue à vouloir se l'attacher par tous les moyens. C'est peut-être pour ça, d'ailleurs, qu'il ne bouge pas. Il pourrait partir, laisser l'Autre en plan. Mais non. Il reste là. Crève d'envie de lui dire de dégager, mais n'en fait rien. Ils pourraient rester longtemps ainsi, à se jeter des regards à la dérobée, regards de mépris, regards de dégoût, de haine, mais aussi de fatigue, de lassitude. C'est déjà arrivé, leur guerre prend des tournures de plus en plus affinées, ils n'ont presque plus besoin de mots, c'est peut-être d'ailleurs pour ça qu'ils blessent toujours plus.

Et soudain, un bruit, qui vient briser le silence, comme pour souligner le quasi-ridicule de leur situation. Des gloussements, des pas qui crissent sur le gravier. Un couple sans doute, venu se bécoter dans les buissons avant de rejoindre leurs dortoirs respectifs. Leurs effusions d'amour bruyantes font grimacer Gabriel, qui préfèrerait qu'on les laisse à ses effusions de haine silencieuse. Il jette un dernier regard au ciel étoilé, qui ressemble un peu trop à celui qu'ils avaient observé ensemble, puis rallume le moteur, pousse sur le joystick.

    - Viens, on se casse.


Il regrette ces mots quelques instants à peine après les avoir prononcés. Ce n'était pas ça qu'il voulait dire. Il ne voulait pas être associé à lui, pas même par l'intermédiaire de ce pronom. Il voulait s'en aller seul, ou lui dire de le faire. Mais pas ça. Sauf qu'il est trop tard. Et qu'une fois cette ordre prononcé, il lui faut l'assumer, pour que l'Autre n'y trouve pas une faille à exploiter. Alors il garde la tête haute, continue à avancer droit devant, dépasse l'Autre sans lui jeter un seul regard.

    - Et traîne pas.


Reprendre le contrôle de la situation. C'est la seule chose qu'il peut faire. Et si l'Autre choisit de ne pas le suivre, il ne pourra au moins pas l'accuser d'avoir fui.


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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Mar 22 Avr - 21:43


    • Now that you are here, suddenly you fear you've lost control •

    « Ça avance » ? la formule était presque trop belle, trop propice à une réponse, à une nouvelle attaque. Ça avance. Comme sur des roulettes ? À toute vitesse ? Vraisemblablement ça n’avançait pas. Tu te préparais donc à ouvrir la bouche, à dire quelque chose, à rebondir sur la réponse malheureuse de ta Némésis… Non. Tu te retiens, ce serait trop simple de jouer sur les mots, trop attendu. Ça manquerait presque de raffinement, ça détendrait trop l’atmosphère, faire une blague vous rendrait comme intimes, comme assez proches pour rire ensemble, même si vous saviez tout deux que « rire ensemble » était une utopie lointaine. Si rire il y avait entre vous, c’était pour rire de l’autre, une moquerie, un rire amer, une aiguille plantée sous la peau que l’on tourne avant de tirer d’un coup sec. Rire ensemble, ce serait vous rapprocher, ce serait être amis, partager quelque chose et non plus s’opposer fermement. Ce serait être proche, trop intimes, oublier votre histoire commune, oublier votre haine…
    Cela vous était déjà arrivé, pourtant, mais vous choisissiez tout deux d’oublier la moindre trace de complicité, vous suppliiez l’autre de vous haïr en feintant de ne rien sentir, rien ressentir, en feignant le détachement, l’indifférence. Et pourtant, Camille, c’était bien toi qui l’avais suivi, ce soir. Et c’était bien toi qui t’interrogeais sur ton avenir, qui pianotais sur ton ordinateur, ouvrant des onglets sur les échanges universitaires, Scrutant des cartes du monde, regardant des sites d’apprentissage de langues, un peu au hasard, puis supprimant ton historique, comme s’Il risquait de voir tout ça, comme si tu avais peur de ce qu’il pourrait penser de ces vains projets. Et pourtant, en le voyant quitter le réfectoire, tu l’avais suivi.
    Tu t’en foutrais des baffes.

      « Excusez, on vous pique la place »


    Une voix et un rire. Ça contraste, avec le temps qui se rafraichit, avec le silence glacial que tu avais offert à Saint-Andrez sans y penser, ou peut-être en y pensant trop. Tu jetais un regard aux jeunes filles qui vous dépassait avec un clin d’œil malicieux. Leurs mains mêlées, leurs yeux brillants, leurs vestes déjà mises à mal par ce qui ressemblait à un début de bécotage. Juste un couple qui cherchais un moment d’intimité dans le parc, quelques instants de liberté où seul le froid les empêcherait de glisser leurs doigts trop loin sous le tissu de leurs vêtements. On sentait bien dans leurs rires feutrés, alors qu’elles s’éloignaient, l’attente du printemps, d’un temps plus propice à la romance bucolique. Le vent commençait à souffler et toi tu relevais ton col en frissonnant pour protéger ta gorge du froid, le ciel devenait menaçant. « Excusez, on vous pique la place », avait-elle dit, comme si l’endroit avait été choisi, comme si l’espace présent, le lieu où vous vous teniez pouvait signifier quoi que ce soit sur votre relation. Comme si votre haine tenait compte de l’espace pour se déployer.
    Le temps que tu les suives des yeux, Saint-Andrez te dépassait, mais, sans grande difficulté, tu le rattrapais, le chemin était quelque peu accidenté et la luminosité ne permettait sans doute pas au trône de faire des pointes de vitesse.

      « Attention, c’est limité à 90 par ici. »


    L’ironie mordait toujours, et d’autant plus qu’en ne répondant pas directement à tout ce qu’il avait pu dire, tu dressais d’autres barrières, lui laissais croire que tu ne l’écoutais pas. Mais tout deux saviez bien que vous seriez toujours à l’écoute l’un de l’autre, pour mieux frapper plus tard. Mais tu laissais planer le doute, l’illusion que tu lui échappais, qu’un jour tu pourrais lui échapper.
    Tu marchais à ses côté, comme compagnon d’infortune, évitant les pierres du chemin, sentant déjà sa majesté pester en silence contre les ramassis minéraux qui entravaient sa route, arrachant à son fauteuil des bruits trop comiques pour la situation.


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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Mer 23 Avr - 20:41

On dirait qu'il accumule les erreurs, aujourd'hui. Quitter la salle alors que l'Autre est présent, lui donner une occasion de venir appuyer sur la plaie au moment où lui en a le moins envie, l'inviter à le suivre par cet ordre… Choisir le mauvais chemin. Parce que la grande allée leur aurait fait risquer de croiser d'autres élèves, il a préféré bifurquer dans un des chemins secondaires, qui permettent aussi de rejoindre le bâtiment principal, plus lentement, certes, mais aussi plus tranquillement, si l'on ne recherche pas trop la compagnie. Ou plus chaotiquement, si l'on oublie un instant, comme Gabriel vient de le faire, que l'engin qui lui permet des déplacements presque autonomes, s'il est à la pointe de ce qui se conçoit actuellement et subit régulièrement des révisions et améliorations pour le rester, n'en est pas pour autant tout terrain, et que qui dit chemin secondaire dit aussi entretien secondaire. La grande allée d'abord, les petits sentiers ensuite, et on ne prend guère la peine de combler les nids de poules, sinon à renfort de terre et de gravillons, ni de désherber les bas-côtés, qui envahissent peu à peu la terre battue. Mais qu'importe. Rebrousser chemin, c'est s'avouer vaincu, c'est laisser transparaître une faille supplémentaire, c'est donner à l'Autre une chance de frapper. Alors il ignore sa pique moqueuse, ignore l'état du chemin, continue à avancer malgré les cahots, à tenter de conserver du mieux qu'il peut sa fierté de St-Andrez, même quand un caillou plus audacieux que les autres tente de faire vaciller son intrépide monture.

Le trajet se poursuit en silence. Comme deux joueurs d'échecs qui n'auraient besoin que de jouer quelques coups avant que l'un ne reconnaisse la victoire de l'autre, ils savent si bien anticiper leurs réactions qu'elles en deviennent superflues. Un simple geste, une crispation des doigts, un regard lancé ou au contraire évité vaut désormais autant qu'ont pu valoir des heures de hurlement, il y a longtemps, avant que leur haine n'atteigne ce paroxysme. Elle ne pourra sans doute plus grandir, elle les consume déjà trop, et pourtant, chaque jour, Gabriel la sent qui évolue encore, qui ne cesse de se raviver, comme on soufflerait sur des braises déjà enflammées. Ils n'ont plus besoin de mots, se contentent de les sous-entendre, alors à quoi bon briser le silence ? Le fauteuil fait déjà trop de bruit, entre moteur et gravillons, et hausser la voix pour couvrir ces sons serait déplacé entre eux, pas tout de suite, Gabriel réserve ses cris pour quand l'Autre dépasse les bornes, et l'Autre ne se laisse aller à ces débordements que dans les meilleurs victoires de l'aristocrate. S'ils continuent comme ils sont partis, il se pourrait qu'ils n'échangent plus un mot avant de bifurquer vers leurs chambres respectives, il se pourrait que, sans qu'une trêve ne soit explicitement prononcée, les affrontements s'en arrêtent là. Cela convient à Gabriel, alors que la douleur dans ses jambes s'estompe peu à peu, cela lui convient, convient à sa fatigue, à sa lassitude, à…

Il n'a pas senti le coup venir. Un instant, il avançait, tant bien que mal, sur le sentier mal entretenu, un coup sourd, et le voilà à terre. Humilié, le visage dans l'humus, le fauteuil renversé, et la douleur revenue, dans ses paumes qui ont amorti le choc, dans son torse qui a tout de même fait la rencontre du sol rocailleux, dans ses jambes mêmes qui n'apprécient guère que l'on secoue sa colonne vertébrale avec tant de vigueur. Un peu sonné, il pousse sur ses mains, tente de se relever, oublie un instant, rien qu'un instant que rien sous son bassin ne suivra le mouvement amorcé, et retombe. Si aucun cri de surprise n'a eu le temps de franchir ses lèvres quand son véhicule s'est renversé, sans doute suite à une rencontre malencontreuse avec un bijou géologique plus tenace que les autres, cette fois, un grognement de douleur lui échappe. Près de lui, il sent la présence de l'Autre, qui se délecte sans doute de le voir ainsi au sol, réduit à l'impuissance, incapable de se relever, incapable de se redresser, malgré tous les progrès effectués depuis qu'il est coincé dans ce fauteuil. Il sait que l'Autre va utiliser ce moment, accentuer son humiliation, l'enfoncer plus bas que terre, mais ne peut s'empêcher de siffler entre ses dents, de manière préventive, sans y croire vraiment.

    - Ne t'approche pas. Ne me touche pas.


Comme si les rôles étaient inversés. Comme si soudainement, c'était lui qui craignait ce contact qu'il utilise si souvent aux dépens de l'Autre. Comme si en tombant de son fauteuil, il était tombé de son piédestal.
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Jean-Camille Douze

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Mer 23 Avr - 23:40


    • Flames – they licked the walls, tenderly they turned to dust all that I adore •

    La nuit s’installe, seules quelques touches de lumière rose, orange, attestent encore du jour passé. L’allée principale est éclairée pour guider les élèves qui restent dans le jardin vers le bâtiment principal, le couvre feu approche, après tout, vous n’êtes pas les seuls à rentrer. Justement, vous n’êtes pas seuls, et vous ne désiriez pas, autant l’un que l’autre, faire face à un tiers parti. Les spéculations et les rumeurs commençaient si vite après tout, ça partait de questions innocentes, de « mais si tu le hais, pourquoi vous êtes toujours tous les deux ? » et autres « mais il ne fallait pas le suivre si tu le supporte pas ! » ou « moi je dis, c’est louche quand même il doit y avoir autre chose… ». Tu n’avais rien contre tes camarades, mais ce sujet était trop sensible, trop personnel pour que quiconque soit autorisé à faire le moindre commentaire. Tu supportais mal que l’on évoque tout ça de façon légère, comme une blague, alors que la relation qui t’unissais à Saint-Andrez avait laissé trop de traces, physiques et mentales pour que ce soit balayé par quelqu’un d’autre. Ce serait dire au rescapé que la guerre n’a jamais existé, que sa maison n’avait jamais brûlé, que le conflit n’était rien de plus qu’une partie de Monopoly et qu’il ferait mieux de s’occuper d’autres choses.
    Saint-Andrez n’était pas « personne », il ‘était pas « rien », il occupait une large place dans ta vie, presque trop large. Ce n’était sans doute pas sain d’être si proche de son ennemi, de le connaître mieux que quiconque d’autre, de chercher sa présence quand il s’éclipsait après un repas. Mais alors, Camille, pourquoi étais-tu là, à cet instant ? Pourquoi l’accompagnais-tu ce soir, sur un chemin de terre, à la tombée de la nuit, entourés d’arbres majestueux et du froufrou du vent dans les arbres, sous les étoiles qui apparaissaient, peu à peu sur la voûte d’encre ? C’aurait été d’un rare romantisme si ça n’avait été vous.

    Et soudainement, quelque chose. Tout va trop vite et tu n’as que le temps de te reculer d’un pas, évitant par miracle de te prendre un coup de fauteuil dans les tibias. Le moteur ronfle, les roues tournent dans le vide, le trône gît sur le côté. La faute à la pénombre, à la surprise, il te faut quelques instants pour analyser la scène.
    Sa majesté a chût.
    L’événement te laisse coi, les lèvres entrouvertes, laissant tes yeux se délecter du ridicule du spectacle. Tu regardes son fauteuil qui tente encore d’avancer, tu le regardes. Il se tord sur le sol, peut-être blessé, sans doute blessé, ne serait-ce que dans son orgueil. Il tente de se redresser, comme si ses jambes allaient répondre à l’appel muet et désespéré qu’il leur adressait.

      « Ne t'approche pas. Ne me touche pas. »


    Et voilà que tu t’approches, tu redresses le fauteuil, fais cesser le gémissement qui en sort, comme si la chaise eut été une extension de sa majesté, trahissant sa plainte. Tu savais bien que Saint-Andrez était trop fier pour se plaindre, pour geindre, tu l’estimais pour cela, en quelque sorte. Mais il était là, à tes pieds, incapable de se lever, souffrant sans doute de sa chute, tremblant peut être pour sa colonne vertébrale, pour l’avenir de ses jambes, ses jambes qui pourtant montraient des signes de rétablissement dernièrement. Tu te sentais presque désolé pour lui, mais tu te souvenais trop bien de qui il était pour avoir de la compassion. C’eut été quelqu’un d’autre, sans doute l’aurais-tu déjà aidé, remis sur pied si l’on peut excuser l’expression. Mais c’était Lui, Lui qui rampait par terre, essayant encore de te donner des ordres, de donnant des envies de transgression.
    « Ne t’approche pas ». Tu avançais d’un pas, éloignait le fauteuil en passant et, tout en restant à une distance raisonnable, tu t’accroupissais face à lui.

      « Voyons, Saint-Andrez, pourquoi pourrais-je avoir envie de te toucher ? Ce serait tellement plus simple de te laisser passer la nuit ici… »


    Ta voix avait la douceur dérangeante d’un chocolat empoisonné que l’on glisse sous sa langue pour le laisser fondre doucement. Tu étais son poison, celui qui le tue à petit feu, celui que l’on recherche avidement, celui dont on souffrait du manque. Mais il était la brûlure encore vive qui s’empare de toi, la chaleur familière que l’on cherche les jours de solitude, la lumière qui brûle les ailes de l’imbécile qui s’en approcherait trop. Et tu étais bien idiot, Camille, tu le savais, pourtant, que tu ferais mieux de partir, quitte à le laisser là, quitte à essuyer sa colère, à être noyé dans le fiel qui suintait des plaies de son orgueil blessé.
    « Ne me touche pas ». L’interdiction était-elle la raison de ces doigts qui se tendent vers son visage pour écarter une mèche de cheveux de devant ses yeux bouillonnants de rage ?

      « Tu as besoin d’aide, peut-être ? »


    Tes propres mots te surprenaient. Ils tranchaient trop avec ce que tu avais dit avant et, pire encore, ils étaient sincères, tu n’avais pas réussi à y distiller l’ironie, la moquerie que tu réserves à Saint-Andrez d’ordinaire. Peut-être était-ce pour racheter ta dette, ou du moins essayais-tu de t’en convaincre, ou peut-être te faisait-il trop pitié, au point que tu lui propose ton aide. Ta main était toujours presque tendue vers lui, un peu repliée, mais pourtant offerte, trop peu protégée. Ravale cet éclair de surprise qui teinte ton regard, Camille, et essaie de te convaincre que ce que tu fais, tu ne le fais que par haine, car après tout, tout acte de bienveillance entre vous ne peut être qu’un piège, ou c’était du moins ce que vous tentiez de faire croire à l’autre, inlassablement.


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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Lun 28 Avr - 23:30

La bataille est perdue d'avance. Celle contre son propre corps, ça, Gabriel le sait déjà, c'est un combat de longue haleine, un ennemi qu'il aura à l'usure, pas ce soir, mais plus tard, dans quelques mois, quelques années. Non, le conflit qui le ronge, celui où il se reconnaît vaincu sans vouloir l'admettre, au moins pour ce soir, c'est celui qui se joue entre leurs regards. Parce que ce soir, il est tombé, majesté détrônée, le voilà plus bas que terre, lui si habitué à prendre les gens de haut. Et l'Autre en profite, se sait vainqueur, se sait dominant dans ce jeu de forces contraires qui les oppose sans cesse. Une à une, il brave ses interdictions, le nargue, joue de cette supériorité qu'il arrive si rarement à obtenir, maintenant qu'ils ont tout tenté, maintenant que leur haine les a rendus presque égaux. Gabriel lui dit de ne pas s'approcher, voici que l'autre fait un pas, plusieurs, réduit la distance entre eux, redresse son trône déchu, s'abaisse à sa hauteur sans toutefois cesser de le dominer. Et ses mots, ses mots qui s'infiltrent dans ses oreilles, cette voix qu'il ne supporte plus, qu'il n'a jamais supportée, pas plus maintenant qu'il y a dix ans. Il n'y a eu qu'une exception, et encore n'était-ce pas tout à fait Sa voix, sans être tout à fait une autre. Mais ce n'est pas le moment d'y penser, pas le moment de se rappeler cette fois-là, alors que la menace de l'Autre est tangible. Bien sûr qu'il pourrait le laisser là. L'abandonner dans le noir, à un endroit où personne ne le verrait, où personne ne penserait à venir le chercher, le condamnant à ramper jusqu'au bâtiment des dortoirs puisque, encore maintenant, il est incapable de remonter seul sur ce fichu fauteuil si par hasard il en tombe. Bien sûr qu'il pourrait le faire, l'humiliation serait grandiose et personne ne se douterait de son implication. Après tout, à part les deux glousseuses de tout à l'heure, personne ne sait qu'ils ont été ensemble à un moment quelconque de la soirée, et encore faudrait-il que, tout à leurs bécotages, elles soient capables de se souvenir d'eux.

Il aurait pu le laisser là, le planter là, dans l'herbe humide, mais non, il lui reste une injonction à franchir, un ordre à outrepasser, pour mieux asseoir sa victoire de ce soir. Et dans les yeux de Gabriel, alors que la main de l'Autre s'approche de son visage, alors que ses doigts l'effleurent, remettent en place une mèche de ses cheveux, et il ne peut retenir un mouvement de recul. Entre ses doigts qui s'agrippent encore à l'humus, comme s'il espérait encore pouvoir se redresser seul, ne pas avoir à demander l'aide de son pire ennemi, ne pas avoir à s'abaisser à ça, un craquement se fait entendre, la chaleur monte, une lueur apparaît, presque insensible encore, mais qui prendra vite de l'ampleur s'il n'y prend pas garde, il en est conscient, et son dégoût n'en est que plus vif. Dégoût de l'Autre, dégoût de ce don qu'il hait presque autant que lui, dégoût de ce corps qui ne lui obéit toujours pas, dégoût de lui-même aussi, sans doute, quelque part. Et l'Autre n'arrange rien, avec ce fiel dans ses paroles, ce ton qu'il lui réserve, Gabriel en est bien conscient, ce ton que lui aussi prend quand il est en position de force. Lequel l'a pris en premier, lequel s'en est imprégné au point de le reproduire, il serait bien en peine de le dire, sans doute l'ont-ils développé en même temps tous les deux, leurs tournures, influencées par leur haine, prennent souvent des intonations qui leur sont communes. Et puis il y a ces paroles. Oui, il a besoin d'aide, mais pas de la sienne, surtout pas de la sienne. Mais il n'y a personne autour, et Gabriel enrage, parce qu'il sait qu'il lui faudra s'humilier d'une manière ou d'une autre, accepter que ce soit l'Autre qui l'aide à se redresser ou remettre cette charge sur le dos de quelqu'un d'autre. Il enrage, et la chaleur monte toujours plus dans ses poings qui se serrent sur la terre du sentier, monte dans sa gorge alors qu'il se retient de hurler, se contente d'un nouveau sifflement, à peine articulé entre ses mâchoires contractées.

    - Ta gueule…


C'est comme un signal d'avertissement, le dernier avant l'explosion. Il le sait, pourtant, lorsqu'il sort de ses gonds, cela marque la victoire de l'Autre, cela signifie qu'il a su toucher au bon endroit, enfoncer le couteau suffisamment dans la plaie. S'il explose, c'est qu'il a perdu, mais de toute façon, aujourd'hui, c'est trop tard, et il ne contrôle presque pas ce bras qui jaillit et attrape le col de Camille, amenant son visage au plus près du sien.

    - J'ai pas besoin de ton aide. Ni maintenant, ni plus tard. Jamais.


Le ton est monté au long de la phrase, il a commencé grondant, et a fini en criant presque. Mais ce n'est pas ça qui l'a fait se crisper, qui a fait chauffer un peu plus ce poing si proche de la peau fine du visage de l'Autre. Ce qui vient de lui tordre l'estomac, c'est qu'il s'est rendu compte qu'il mentait.

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Jean-Camille Douze

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Mar 29 Avr - 22:55


    • My black eye casts no shadow. Your red eye sees no blame •

    Tu ne l’avais pas vu venir, ce poing, tu n’avais pas eut le temps de reculer pour l’éviter. Bien heureusement pour ton joli visage, ses phalanges n’avaient pas pour objectif de s’écraser sur ta mâchoire, elles y auraient sans doute laissé une marque trop visible, trop suspicieuse, une marque qui attirerait trop l’attention. Mais peut-être n’avait-il pas pensé si loin avant d’empoigner ton col pour approcher son visage du tien. Tu aurais dû le voir venir, Saint-Andrez avait l’habitude de mettre ton espace personnel à l’épreuve, de s’infiltrer au plus près de ta peau, c’était ainsi qu’il déclenchait les réactions les plus virulentes de ta part, ces réactions qui signifiaient qu’il était proche de la victoire. La chaleur qui rayonnait de son poing te faisait horreur, te rappelait chacune des blessures qu’il t’avait infligées, tu tentais de reculer, d’échapper à sa présence, à sa voix qui hurlait.

      « J'ai pas besoin de ton aide. Ni maintenant, ni plus tard. Jamais. »


    Dans tes efforts pour te dégager, tu avais détourné la tête, tu n’en sentais que mieux son souffle caresser ta peau, ses mots s’écraser sur tes tympans. Tu regrettais ce que tu avais fait, lui proposer ton aide, rester là, lui tendre une main généreuse.
    Et à cet instant, même si tu avais du mal à l’admettre, même si tu ne voulais pas plier, tu avais peur. Peur de lui et peur de ses poings, de ses mains qui n’avaient jamais semé que douleur autour de toi. Tu lui devais les cicatrices de ton dos, signature de sa majesté, tu lui devais ces cicatrices sur tes poignets, tes bras, laissées par sa poigne brûlante, tu lui devais une certaine crainte des incendies, quoique cette dernière fût peut-être liée à l’explosion de Synchronicity. Vous aviez survécu à la catastrophe, tous les deux, mais cela ne vous avait pas rapproché autrement qu’en mettant le fauteuil entre vous. Tu avais peur, une peur primaire, une peur que tu ne pouvais pas montrer, que tu ne savais pas montrer, après toutes ces années à l’enfouir tout au fond de toi. Tu restais prostré quelques instants après ses cris, tentant de reprendre tes esprits, de trouver quelque chose à faire. Réagis, Camille, réagis.
    Tu le repoussais, avec les quelques forces que te donnait la peur, tu le rejetais le plus loin possible, tu te relevais dans la précipitation, essayais de retrouver l’équilibre. Tu reprenais tes distances. La morsure du vent froid dans ton cou rendait plus vif le souvenir de son poing trop près de ta peau.

      « Très bien. »


    Il n’avait pas besoin de ton aide, il l’avait dit, lui même, il l’avait crié, au cas où tu n’aurais pas entendu. Il n’avait pas besoin de toi, alors pourquoi rester là ? Pourquoi tenter de l’aider ? Tu le regardais un moment, tu voyais par intermittence quelques lueurs, quelques flammes s’échapper d’entre ses doigts, tu le sentais réprimer son don, comme toujours. Un silence, que tu essayais de faire passer pour du mépris, quand il te permettait de te calmer, de reprendre le contrôle de ta voix, de serrer tes poings qui tremblaient encore.

      « Débrouille-toi alors. Essaie de ne pas brûler le parc, ça semble bien parti, ou bien tente de t’inclure dans le brasier. »


    Ta voix avait claqué, froide, sèche. Tu serrais les dents, dans ton estomac, tu tentais de garder haine et colère sous contrôle. Au creux de tes poings tes ongles s’enfonçaient dans ta peau, comme pour te forcer à rester maître de la situation. Mais tu sentais ton cœur s’emporter, se tordre sous la tension, te rendant presque nauséeux. Ces joutes t’exténuaient, te vidaient, à la longue. Il fallait jouer, toujours jouer, se cacher derrière des masques, oublier de les enlever, se retrouver piégé dans ses propres apparences. Pire, tes yeux te piquaient, brûlaient, tu sentais des larmes de rage venir, trahir ton anxiété. Il ne devait pas les voir, sous aucun prétexte. Tu faillis ouvrir la bouche, balancer une dernière attaque, mais tu ne voulais pas courir le risque de lui laisser entendre des mots tordus par un sanglot de rage.
    Tu tournais les talons, l’abandonnant là pour t’enfoncer dans un bosquet non loin. Tu n’avais pas envie de rentrer, pas encore, tu ne voulais pas t’exposer à la lumière, tu ne voulais même pas réellement t’éloigner. Juste te retrouver hors de sa portée. Tu finissais par t’adosser à un arbre, te laisser glisser vers le sol. À n’en pas douter, tu l’entendrais quand même s’il criait, mais au moins, lui ne pouvait pas te voir, et surtout pas te toucher. Tu avais froid, mais tu avais besoin de ce moment, pour te remettre, reprendre confiance, laisser échapper quelques sanglots de rage, silencieux, arrêter de retenir ces quelques larmes qui t’empoisonnaient. Un moment, seul, pour toi, pour te remettre, pour que tes mains arrêtent de trembler d’angoisse. L’angoisse. Certains pourraient appeler ça une crise, mais tu refusais d’y penser ainsi, ce serait admettre sa capacité à te faire perdre le contrôle. De telles réactions t’avaient déjà assailli avant, après d’autres frictions de ce genre, mais tu avais toujours réussi à les maintenir à distance, à gagner assez de temps pour être seul. Il n’avait pas besoin de toi, ses mots faisaient remonter dans ton esprit tes projets pour le futur. Respirer librement, imaginer un endroit où Il ne serait pas, où tu serais libre de son influence, cela te permettait de te calmer, de sécher tes paupières de ces quelques larmes.
    Mais tu tendais toujours l’oreille, à l’affut de sa voix, et tu le sentais, tu risquais à tout moment de te relever, calmé, de revenir, de retourner le voir une fois ce malaise passé, pour mieux lui infliger ta présence, pour lui faire payer cette angoisse passagère, cette crise qui avait pour avantage de se calmer avec la même hâte qu’elle venait t’attaquer.



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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Jeu 8 Mai - 14:43

Le retour de flammes vient quand Gabriel ne l'attend presque plus. Pour un peu, il avait cru avoir gagné, avoir su renverser le cours de la partie, au dernier moment, une volte-face, un coup de théâtre, mettre Camille en échec alors que lui-même avait déjà perdu presque toutes ses pièces. Cela arrive, parfois, quand l'un ou l'autre réussit, au dernier moment, à toucher la corde sensible. Cela peut être une allusion au handicap de Gabriel, cela peut être un contact physique trop soudain, trop violent, trop proche qui, il le sait, révulse l'Autre depuis des années. Oui, sur le coup, Gabriel a cru avoir gagné. Sauf qu'il est tombé trop bas, sauf que l'Autre avait encore quelques ressources, suffisamment de force pour le repousser, l'envoyer au loin, faire cogner son dos contre les pierres du chemin, déclencher une vague de souffrance de sa colonne vertébrale vers ses jambes, pire encore que celle qui l'a chassé du réfectoire un moment plus tôt. Son visage se tord, il se concentre, ne laisse échapper aucun bruit, aucun son qui pourrait laisser croire à Camille qu'il a réussi à le toucher. Dans la pénombre, l'Autre ne distingue sans doute suffisamment pas ses traits pour lire cette douleur, du moins il l'espère, ses yeux plissés l'empêchent de le voir, ses oreilles qui bourdonnent n'entendent qu'à peine la réponse de l'Autre, une menace, une pique presque banale dans leurs joutes, aiguillonner sa peur du feu, c'est lui en rappeler la source, c'est un mouvement qui n'est même plus stratégique, presque un réflexe. Dans le brouillard qui l'enveloppe, il sent Camille s'éloigner plus qu'il ne le voit ou l'entend, comme on se séparerait d'une blessure à laquelle on s'était habitué. C'est toujours pareil, quand il s'éloigne, Gabriel ressent cette espèce de vide, là où se trouve habituellement la sensation familière de leur haine, ce mélange d'amertume et de colère, de besoin et de rejet. Il a besoin de lui, ne se l'avoue pas, ne se l'avouera jamais, mais l'Autre est parti, il a gagné le jeu, il ne reviendra surement pas, il est tellement plus facile de le laisser là, de le laisser dans la terre, le souffle coupé par la douleur, une vague inquiétude sur les répercussions de cette chute perçant dans son esprit.

Il ne sait pas vraiment combien de temps il est resté allongé là. Il aurait pu appeler l'Autre, lui dire de revenir, le lui ordonner, mais il n'était même pas sûr que cela aurait servi à grand-chose. De toute façon, il n'en était pas capable. Sa fierté ne le lui permettait pas, pas plus que sa respiration saccadée par le choc. L'appeler, c'aurait été reconnaître sa défaite, reconnaître sa dépendance, lui faire entendre la douleur dans sa voix alors qu'il parvient à peine à redresser la tête, à s'appuyer sur ses coudes pour tenter, au moins, de ne plus rester ainsi étendu dans l'humus, de ne plus rester amorphe. Alors il ne l'a pas appelé, et a attendu. Attendu que quelqu'un arrive, que l'Autre revienne, que la douleur s'en aille, que quelque chose se passe. Il ne sait pas combien de temps il a attendu. Plusieurs minutes, plusieurs dizaines de minutes, une heure, plus ? Et puis la douleur a fini par refluer, son esprit s'est dégagé, lentement. Et peu à peu, il prend conscience de sa situation. Autour de lui, pas un bruit, les élèves ont sans doute tous déjà regagné leurs dortoirs. Et lui ne peut pas, ou du moins ne veut pas. Pas comme ça. Pas en ayant besoin de ramper jusqu'au bâtiment principal, pas en exposant son infirmité aux yeux de tous, pas en se ridiculisant comme ça. Il a déjà perdu une bataille aujourd'hui, il refuse d'afficher cette honte plus que ça. Alors quoi ? Rester ici, passer la nuit, attendre qu'on le trouve là le lendemain matin, frigorifié et couvert de terre ? Ce serait sans doute pire. L'Autre doit se féliciter, dans son lit, ce soir sa victoire est totale, il a réduit Gabriel à l'impuissance, l'a abattu comme on exécuterait un animal après une chasse. Echec et mat, cette partie est pour lui. Mais maintenant ? Il ne peut pas rester là, il faut qu'il fasse quelque chose. Cela lui coûte de l'avouer, mais il va falloir qu'il demande de l'aide, qu'il appelle au secours, comme un vulgaire incapable. Et là, dans ce jardin obscur, quand il fait passer dans son esprit les noms de ceux qui viendraient, de ceux à qui il oserait se montrer ainsi, un nom s'impose. Elle, Cassandre. Elle viendrait. Il le sait, l'espère. Il n'aime pas l'idée qu'elle le voit dans cette état, il est son chevalier, il ne doit pas être vulnérable, mais à tout prendre, il préfère encore que ce soit elle. Dans la poche de son pantalon, il attrape son téléphone, et plisse les yeux, ébloui par la luminosité intense de l'écran. Il est plus tard qu'il ne le pensait, bientôt minuit, il espère qu'elle sera toujours réveillée, qu'elle viendra le chercher. Il compose un message, court, ne s'étale pas trop sur son état. J'ai besoin que tu viennes me chercher, je suis dans le jardin. S'il te plaît. Je t'expliquerai. Viens. Il ne s'étale pas trop sur sa condition, elle comprendra d'elle-même, il ne veut pas en parler. Envoyer le message. Pourvu qu'elle vienne, il faut qu'elle vienne. Elle viendra. Il faut qu'elle vienne.

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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Slaves of Hate (Camille) [TERMINE]   Jeu 8 Mai - 22:59

[* * *]




Tu t'étais décidée à sortir en ville pour une fois. Ces murs t'étouffaient en cette fin d'hiver, ce début de printemps. Alors tu t'étais faite belle, avec tes bottines courtes à talons, ton slim bleu roy et ton Tshirt échancré au point qu'on en voyait presque tes hanches. Tu avais décidé de ne pas prendre de veste et te gelé le temps d'arriver dans un pub, où tu t'étais faite draguée dès la première demie heure. Tu t'étais fondue à ce groupe de huit personnes aisément. Avec un accent allemand un peu prononcé. Des touristes, peut être. Et tu en était à ton huitième demi à la pêche ou au citron quand ton téléphone sonna pour la dixième fois de la soirée. Tu te décida alors à jeter un oeil, histoire de voir qui pouvait te harceler comme ça. C'était essentiellement Nathan et John, qui voulaient que tu les rejoigne pour boire dans leur chambre. Pourtant, parmi ces propositions de beuveries, tu trouva un message de St-Andrez. Le voir t'écire s'il te plaît te fis lever un sourcil. Puis ce presque ordre qui ponctuait son appel à l'aide te décida. Sûrement que l'alcool te rendait aimable.

Tu composas le numéro du chauffeur de l'école lui donnant rendez vous devant ton nouveau pub favori. Tu finis d'une traite ta pinte avant d'enlacer chacun de tes nouveaux amis que tu ne reverrais jamais, roulant une pelle à celui dont c'était l'anniversaire avant de partir avec un clin d'oeil, titubant légèrement, effleurant les murs du bout des doigts.

Le retour fut long. Très long. Heureusement le chauffeur te passa une bouteille d'eau et ouvrit les fenêtres pour éviter tout drame. Quand tu arrivas enfin il devait être une heure du matin. C'était le plus vite que tu aies pu faire. Tu entras en douce dans le bâtiment principal pour le traverser et sortir par la porte menant au jardin. C'était donc ça.

Tu découvrais l'ex-Winterhood dans une position de faiblesse. Tu passas tes doigts sur tes tempes pour dégager les deux mèches qui cerclaient ton visage alors que le reste de tes cheveux étaient soulevé en une coiffure presque devenue négligée à cause de ces moment à secouer la tête dans tout les sens, à faire des jeux de carte débiles avec ces peut-être-allemands.

    « Tu m'en dois une, Gabriel. »


Le son de ta voix trahissait le fait que tu était encore un brin pompette. Ou simplement le fait que tu l'appelles Gabriel. Mais c'était choisis aussi. Puisque tu étais un brin fâchée. Et tu ne disais aucun de ces mots en l'air. Parce que tu avais beau l'apprécier, tu savais que ce n'étais pas simplement l'histoire de le rasseoir, mais aussi de ne jamais parler de ça. Et que tu ne pourrais pas non plus lui ressortir cette excuse à tout bout de champs. Alors tu attendais quand même un service de lui. Un jour tu ne sais pas quand. Sans qu'il ne te pose jamais de question.

Tu t'avanças vers lui, le dépassant pour aller chercher son fauteuil encastré ans une haie. Tu le tiras, le ramenant vers le blond, avant de t'accroupir à côté de lui. Tu pris ton bras que tu fis passer sur tes épaules, effleurant tes cicatrices. Ta main gauche serra son poignet alors que ton bras droit passa sur ton dos pour faire comme un levier sur lequel tu le ferait pivoter pour pouvoir le relever. Tu n'avais pas beaucoup de force, mais ça suffisait. Il te fallu tout de même faire quelques pas pour le poser sur son fauteuil. Tu te plaça derrière pour le pousser jusqu'à un banc. Tu coinça les roues avec un bâton que tu ramassa, le plaçant juste assez haut pour qu'il puisse le retirer en cas de nécessité. Parce que tu ne savais pas comment ses freins marcher, et dans le fond, tu ne voulais même pas demander. il ferait surement le changement lui même.





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Somewhere darker, talking the same shite, I need a partner, well are you out tonight ? »

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