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 Tell me, how can I be okay? { Gabriel

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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Jeu 8 Mai - 23:25

[* * *]




Tu étais là, assise sur le banc de pierre, Gabriel assis en face de toi. Tu avais un peu froid, les joues encore rouges de toutes ces bières que tu avais bues avant d'arriver ici. Tu passas tes mains sur tes épaules, juste pour te réchauffer. Il en faisait pas encore assez chaud pour que tu restes les bras nus, mais tu ne t'étais pas permise de faire un détour par ta chambre pour attraper un pull confortable. Et tu ne pouvais pas vraiment t'enfuir comme ça non plus.

    « Puisqu'on est là, autant en profiter. »


Tu sortis du côté de la poche de ton pantalon ta boite à clopes, et du côté de ton soutif ton zippo. Tu ouvris ta boite plate pour sortir une marlboro light que tu avais taxer en attendant le chauffeur de l'école. Tu aimais bien, les light. Les vogues white aussi. Mais tu avais oublié que le petit barron ne savait pas que tu fumais. Tu ne l'avais pas beaucoup revu, depuis l'explosion de synchronicity. Toujours dans des couloirs. Ou toujours à bien marquer. Mais tu n'avais pas tellement les idées claires, et tu ne calculais même même pas ton geste. Mais ce qui te surpris le plus, c'était cette cigarette qui s'alluma alors que tu avais encore ton zippo au creux de ta main. Tes yeux se relevère sur Gabriel alors que tu tournais rapidement le visage pour recracher ta fumée. Et ça te venait comme quelque chose de gentil. De doux. Un peu comme son merci que tu ne lui demandais pas. Et ça t'arracha un sourire que tu pinça entre tes lèvres. Comme une gamine.

Tu voulais lui dire. Que lui au moins, il avait un don utile. Pas le genre de don totalement fucked up qui empêchait d'avoir une vie normale, des amis et ce genre de trucs. Mais tu préférais te taire. Parce que tu savais que même si le feu était synonyme de puissance, chez lui, c'était un sujet délicat. Tu ne l'avais jamais vu, créer des flammes pour quelqu'un d'autre que toi. Et ça te faisait un peu du bien, de te sentir spéciale. Mais par dessus cela, tu savais que c'était parce qu'il y avait quelque chose derrière tout ça. Mais tu n'allais pas évoquer ça maintenant. Parce que tu avais beau être une garce, tu ne voulais absolument pas mettre le jeune St-Andrez en gêne, ou pire, l'obliger à te mentir.

    « J'peux te demander quelque chose...? »


Ton visage s'assombris un instant. Il y avait cette question, que tu te posais au fond de toi depuis tes premiers pas à Virtus Insania. Question que tu n'avais jamais posée, de peur que la réponse ne te corresponde pas; Mais tu te rendais compte que tu avais besoin de le savoir.




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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Jeu 8 Mai - 23:53

Elle est venue. Il l'espérait, même si au fond de lui, il restait toujours ce doute, après tout, ils ne se sont pas vraiment revus, à peine croisés, les choses avaient peut-être changé, depuis cette époque où il était son chevalier… Les choses ont changé, maintenant qu'il est coincé sur cette monture, maintenant que c'est lui qui a besoin qu'elle lui vienne en aide. Mais elle est venue. Elle aurait pu l'ignorer, mais elle est venue. Et il lui en est reconnaissant, même s'il ne peut pas le dire, lui est reconnaissant d'être venue, de l'avoir soulevé, de l'avoir redressé. De lui avoir redonné un semblant de dignité en ne disant rien, alors que c'est lui qui l'a dérangée avec son pathétique appel à l'aide. Il a honte de ça, de n'être plus rien qu'un assisté, de la terre qui macule sans doute ses vêtements, peut-être même son visage, et qu'il ne voit pas. Mais il ne dit rien, elle non plus, et il la regarde s'asseoir sur ce banc, frissonner, et il a juste envie de s'asseoir près d'elle, de passer les bras autour d'elle, comme avant, quand elle lui volait sa veste, de partager sa chaleur avec elle, comme avant, comme quand ils jouaient à ce jeu sans règle et sans fin. Il est tard, et les voilà dans la nuit, dans le silence du jardin. Mais elle veut rester là, en profiter, mais en profiter pour faire quoi ? Rattraper les temps perdu ? Ça semble presque trop beau. Elle sort une cigarette, ça le surprend, mais il ne dit rien. Elle fait ce qu'elle veut, qui est-il pour lui dicter sa conduite ? Il n'est presque plus rien pour elle, alors qu'elle est encore la seule sur laquelle il arrive à se reposer. Et pendant qu'elle cherche son briquet, c'est presque un réflexe, il se penche, pince furtivement le bout de la cigarette entre ses doigts, une étincelle éclaire leurs visages, et il retourne s'appuyer au dossier de son fauteuil. Il n'y a que pour elle qu'il peut faire ça, que pour elle qu'il accepte d'utiliser son don, ça a toujours été comme ça, il ne sait même pas pourquoi. Peut-être parce qu'il tient à elle, tout simplement. Pour elle, il arrive à dompter ses flammes, à dompter ses peurs, à dompter sa haine de son propre don, qui vient d'une autre haine plus profonde encore.

Et puis il y a sa voix, à elle. Lui n'a toujours rien dit depuis qu'elle est arrivée, il n'ose pas, quelque part, il sait qu'il devrait la remercier, mais il risquerait juste de tomber encore plus bas. On remercie ceux dont on a besoin, et il n'aime pas avouer qu'il a besoin des gens. Il y a sa voix qui résonne encore, avec cette interrogation, cette hésitation, qui le renvoie loin, qui le renvoie à cette école russe où ils dominaient les couloirs, où elle était la princesse et lui le chevalier servant, comme un jeu que personne ne comprenait, que personne ne connaissait, à part eux. Et puis au milieu de ce jeu, il y avait eu ce soir-là au bord du lac, où il y avait eu cette même hésitation dans sa voix. Et rien que de repenser à ça, ça lui arrache un sourire, parce qu'ils étaient beaux, ils étaient forts à cette époque, ils les dominaient tous, tous les deux. Alors il sourit, et il l'invite à continuer.

    - Vas-y…


Sa voix est douce, rien à voir avec tout à l'heure, quand il a hurlé sur l'Autre, quand il a failli perdre le contrôle, encore. Il hésite un instant, la voie frissonner une nouvelle fois, et sans même qu'il s'en rende compte, sa main se tend, attrape la sienne, celle qui ne tient pas de sucette à cancer. Ce n'est pas grand-chose, moins que ce qu'il voudrait, moins efficace que de la prendre contre lui, mais c'est au moins ça. Renouer le contact. Parce qu'au fond de lui, elle reste Cassie. La princesse qu'il servait, la seule qu'il aurait pu appeler une amie, s'il avait osé.

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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Dim 11 Mai - 16:08



C'était trop tard pour faire demi tour. Tu ne pouvais plus reculer, maintenant que tu avais émis l'idée que tu avais besoin de parler. Et il le savait très bien. Qu'avec lui tu ne parlais pas souvent pour ne rien dire, pour blesser volontairement. Pas que tu l'aimer, loin de là cette idée. En fait, c'était surement l'une des seules personnes de sexe masculin que tu avais assexué, juste pour ne pas avoir de soucis avec tout le reste. Pour ne pas avoir le mépris que tu avais pour tes exs. C'était peut-être parce qu'il venait d'un milieu bourge, et bien que t'as condition n'aie rien à voir avec la tienne, à l'époque russe, tu t'en sentais bien plus proche que des autres.

Il te fallait de mettre de l'ordre dans tes idées. Tu ne voulais pas l'une de ces questions à rallonges dont on oublie l’intérêt au milieu de la phrase. Ne plus savoir qui ou quoi en est le thème. Tu aurais tout le temps de te perdre dans des tirades après qu'elle aie été posée. Pendant qu'il réfléchirait à ses propres mots, tu pourrais lui expliquer. Pourquoi ça te travaille, cette histoire.

    « Morstorm. Qu'est ce qui lui est arrivé ? »


Pour la première fois depuis des mois tu prononçais son nom. Comme un tabou que tu avais gardé. Pour toi. Rien que pour toi. De temps en temps tu en arrivais à te demander s'il avait vraiment existé. Parce que personne ne t'avais jamais parler de lui en Allemagne. Comme s'il avait été une illusion que tu t'étais faite au cours de tes semaines passées sous intraveineuses. Tu l'avais attendu à l’hôpital, cherché dans les couloirs. Mais rien de lui ne semblait avoir existé. Et tu n'en avais parler à personne, parce que qui aurait pu comprendre ? Vous n'aviez jamais été ensembles, lui et toi. Seulement deux personnes qui vous vous étiez chercher dans un amphithéâtre, détesté dans une cours. Et vous vous épousiez dans une salle de trophée quand tout a explosé. Quand vous, ou tu, tout du moins, avait été considérée comme morte. Mais si tu avais survécu. Pourquoi pas lui.

    « Je m'y suis faite. Au fait que je ne le reverrais pas. Ce n'était pas comme ce premier mois à l’hôpital qu'à chaque fois que je voyais la poignée de porte tournée, j'espérais qu'un visage connu arrive. Je pensais avoir compter pour certains, mais au final, une traînée est une traînée, et tout le monde s'en fout. J'ai toujours l'espoir, de le voir dans un couloir alors que je sais qu'il n'est pas là. Et de temps en temps je vois un blond dans un bar, qui se tient un peu droit, et je m'approche avant de découvrir que c'est un autre, et j'me dis, putain Cass, qu'est ce qu'il foutrait en Suisse ? Et j'veux juste savoir. Parce que de temps en temps j'ai ce pincement. Et je me dis que je devrais pas. »


Parce que Gabriel ne savait pas. Que tu avais aimé ce russe, que tu l'avais désiré de tout ton corps, bien plus que tous les autres. Sans trop savoir pourquoi. Parce que c'était un connard, comme ton premier amour. Parce que c'était un gars avec de l'influence. Parce qu'il avait tout ce que tu cherchais. Et c'était si simple de ne jamais le dire. Parce que même si on t'avais vu lui hurler de revenir au milieu d'une cours, si on t'avais vue pathétique, il avait toujours jouer ce rôle, où il y avait de la distance entre vous. Mais ce n'était pas ça. Tant qu'il n'y avait pas eu de mots, rien d'officiel, tout été resté possible.

Alors il fallait que tu achève cette mélodie.




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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Dim 11 Mai - 21:03

La question le saisit comme un coup de fouet. Il ne s'attendait pas à ça, ne sait pas vraiment à quoi il s'attendait, mais en tout pas à ça, pas à ce fantôme qui vient s'inviter auprès d'eux, dans la nuit suisse, si loin de là où ils se sont connus tous les trois. Morstorm, Dimitri Morstrom. Il se souvient de lui, bien sûr, mais n'y a plus vraiment repensé. Il évite d'y repenser, comme il évite de repenser à de nombreuses personnes parmi celles qui étaient à Synchronicity au moment de l'attaque, comme il essayait d'éviter de repenser à elle, quand il la croyait perdue. Parce que ça fait mal. Pas qu'ils étaient amis, pas vraiment en tout cas, plus ou moins, presque. Il trainait avec eux, en tout cas, la bande de Morstrom, c'étaient ceux qui régnaient sur les Winterhood, et le pouvoir, Gabriel y était naturellement attiré. Ils étaient dans les années au-dessus de la sienne, pour la plupart, mais ça n'importait pas vraiment, il avait la prestance suffisante pour être admis auprès d'eux, surtout avant tout ça, avant l'accident, quand il tenait encore debout. Ils n'étaient pas vraiment amis, mais ils se connaissaient bien, assez pour que Gabriel se rende compte que, dans la liste de ceux qui n'avaient pas survécu, ils étaient nombreux. Ce qui est arrivé à Morstrom ? Il n'a pas survécu. Il y a bien eu des rumeurs, après tout, des gens qui ne voulaient pas y croire, qui disaient qu'il ne pouvait pas être mort. Mais son nom était sur la liste, Gabriel l'a vu de ses yeux. Cassandre a déjà été un miracle, deux, il n'y croit pas. Alors il a essayé d'arrêter d'y penser. Mais le fantôme revient, dans la voix, les yeux de Cassandre, vient s'asseoir sur le banc à côté d'eux, et, alors qu'elle continue, il sent qu'il vaut mieux qu'il ne lui dise pas comme ça. Pas aussi abruptement. Pas alors qu'elle se montre presque vulnérable, comme lui tout à l'heure. Et dans ce qu'elle dit, dans ces paroles qui semblent sortir presque comme si elle ne contrôlait plus, il reconnaît presque un reproche, sans doute inconscient, du moins il l'espère, mais quelque chose qui s'applique à lui, en tout cas. Bien sûr qu'elle comptait. Bien sûr que pour certains, elle était plus qu'une traînée. Pour lui en tout cas, elle l'était. Et s'il avait su, s'il avait su que ce nom sur la liste n'aurait pas dû être le sien, s'il avait su qu'elle attendait, seule, dans un hôpital de Russie, que quelqu'un vienne la rassurer, vienne la voir, il serait venu, aurait manqué les cours de la stricte école allemande, juste pour elle. Il voudrait lui dire, tout ça, mais d'abord, il faut qu'il réponde à sa question, qu'il trouve les mots, les mots qui feront mal, il le sait, mais qu'il lui doit, en essayant d'être doux, en essayant de ne pas en rajouter à la douleur qu'il sent dans sa voix. Et il a envie de la prendre dans ses bras, mais il n'ose pas, pas avec ce corps d'handicapé, il a presque peur de la dégoûter, de la faire fuir, pour une fois qu'ils peuvent avoir un moment tous les deux, même au milieu de la nuit, dans ce parc où le vent est bien trop frais pour ses vêtements légers. Il faudrait qu'il parle, mais il ne sait pas quoi dire, il laisse un instant s'écouler, après qu'elle ait fini de parler. Il voudrait pouvoir enrober ça, mais à quoi bon ? La vérité n'en sera pas moins difficile, et il n'est pas doué pour l'enrobage. Alors il prend une grande inspiration, resserre ses doigts autour des siens, comme pour mieux lui faire sentir qu'il est là.

    - Il… Il s'en est pas sorti. Je sais pas ce qui lui est arrivé, j'ai pas demandé. Mais il était sur la liste… En fait, il n'y en a pas grand-monde de la bande qui s'en est sorti.


Et c'est bien de la douleur, qu'il y a dans la voix de Gabriel, quand il dit ça. Un deuil qui n'est pas tout à fait terminé, celui du survivant, celui du type qui s'est retrouvé brisé mais qui, au fond, s'en est peut-être, sans doute, mieux sorti que les autres. Et s'il a pu commencer à guérir, à s'en sortir un peu mieux, c'est un peu grâce à elle, grâce à son retour, et même s'il n'y avait que ça, ça suffirait pour qu'il est envie de l'aider. Il ne sait pas comment, mais il en a besoin. Alors il resserre encore ses doigts, essaye de ne pas lui faire mal, surveille son visage dans la pénombre, juste éclairé par la lune.

    - Et, Cassie ? Il y en a pour qui tu comptais…


Ça n'est peut-être valable que pour lui, ça n'a peut-être aucune importance à ses yeux à elle. Mais il fallait qu'il le lui dise.

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MessageSujet: Re: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Dim 11 Mai - 22:19



Le problème avec les fantômes du passé, c'est qu'ils vous retiennent, et que même dans le présent, ils arrivent à vous toucher, à vous faire mal. Et toi, tu es prises dans tout ça. Tu es dans cette position de faiblesse. Mais tu t'en fous, d'avoir l'air faible. Ca t'es arrivée, de pousser des crises d'hystérie devant tout le monde, ça t'es arrivée de te donner en spectacle. Jamais dans de tels retranchements, mais ce n'est pas la fait du monde. Et ce n'est pas comme s'il y avait d'autres personnes que la nuit pour vous écouter.

Morstorm était un sujet délicat. Tu t'étais amusée à le dénigré, à pleins poumons. A mentir à ta meilleure amie la première fois qu'elle t'avais demandé ce genre de choses. C'était vrai. Tu avais pris trop à coeur tout ce qui touchait à cette entité, et chaque mots de travers, chaque pensée que tu lui avais accordé dans vos souvenirs t'arrachait un peu plus.

Il te dit la vérité. Alors tu tire un peu plus longtemps sur ta cigarette. Ta main tremble. Entre le froid et l'émotion. Tu ne te permettras pas de lui accorder des larmes. Juste un ravalement de salive. Tu te dis qu'au fond, tu ne voulais pas vraiment savoir. Tu te dis que vivre dans le mensonge, ce n'était pas si mal. Sur la liste. Ca ne veut rien dire ? C'est ce que tu te dis. Ton nom aussi y était. Ton nom aussi était écrit, en caractère noir. Pourtant tu étais là, à souffler ta fumée blanche. Tu te disais qu'il reviendrais. Tu te le dis encore. Est-ce que quelqu'un a identifier son corps, à la morgue ? Ne pourrait-il pas revenir, comme tu l'as fais ? Et tu te dis putain, si on vit dans un monde si magique, pourquoi pas ? Tu as envie de crier. Tu as envie de libérer tes poumons, ta gorge de ce qui t'as emprisonner pendant tant de temps.

Mais tu ne fais rien.

Puis il resserres ses doigts sur les tiens. Il a les mains chaudes. Tu cligne des yeux en tournant le regard, pour évacuer les larmes qui essayeraient de s'échapper. Tu libères une de tes mains pour rattraper ta cigarette coincée entre tes lèvres. Et tu te trouves un peu plus pathétique. Alors tu l'écrase et la pose à côté de toi sur le banc. Ses mots pour te réconforter, tu n'y crois qu'à moitié. Il y avait eu Isaac. Mais tu te souvenais à peine de lui. Et tu te dis que c'était de la pitié. Tu n'avais pas compté. Tu le savais. Tu avais juste été un fantôme. Personne n'était venu te pleurer. Juste assez fugace pour déranger. Pas assez persistant pour empêcher de vivre.

    « J'en veux plus à personne pour ça. T'inquiètes pas. Mais je suis obligée de regarder la vérité en face au bout d'un moment. »


La vérité. Le fait que tu sois une dernière technologie inutile. Le genre de choses que tout le monde veut puis laisse dans un coin après un petit mois. Tu es ce genre de personne. Un peu trop intense, qui marque les esprits un temps puis qui s'oublie. On y repenses une fois de temps en temps. Et puis plus rien. Aucun désir. Aucune nécessité. Tu te dépasses. Te périmes.

    « Au final, même quand je suis revenue je me suis cachée de ceux de synchro. Même de toi. Alors n'essaye pas de me consoler. Je suis autant coupable. »




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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Lun 12 Mai - 18:24

Il y a de nombreuses choses que Gabriel déteste, parfois plus que l'Autre lui-même, parfois sans même qu'elles n'aient de lien avec Lui. Il déteste le feu, à cause de Lui, déteste qu'on le prenne de haut, parce qu'il sait qu'il vaut mieux que ça, déteste qu'on le prenne en pitié, parce que ça le renvoie encore et toujours à sa condition. Mais plus que tout ça, il déteste être inutile, déteste voir ceux qu'il aime souffrir. Alors quand il voit Cassandre comme ça, quand il la voit ne croire qu'à moitié ce que lui sait au fond de lui, quand il la voit se dénigrer, refuser même ses tentatives de l'aider, ça le met hors de lui, et il ne peut empêcher ses poings de se serrer, alors il lâche sa main, pour ne pas lui faire mal, parce qu'elle n'a pas besoin de ça, parce qu'elle est la dernière personne dans cette école qu'il voudrait blesser. Alors quoi ? Elle se laisse aller, se montre vulnérable devant lui, accepte de ne pas cacher qu'elle est blessé, et elle s'attend à ce qu'il ne réagisse pas, à ce qu'il lui dise que oui, bien sûr, elle n'est qu'une pute, elle ne compte pas, d'ailleurs, il ne sait même pas pourquoi c'est elle qu'il a appelé ce soir, parce qu'au fond, elle ne signifie rien pour lui. Elle y croit vraiment ? Peut-être que oui, au fond. Peut-être que ce n'est qu'une provocation, comme les enfants qui demandent à leurs parents, après une bêtise, s'ils ne les aiment plus, juste pour s'entendre dire que bien sûr que si. Peut-être que ça tient de ça, ou peut-être que ce n'est que lui qui extrapole. Au fond, il s'en fiche un peu. Elle a voulu parler à cœur ouvert ? Qu'elle soit prête à en assumer les conséquences. Parce que si c'est son deuil qu'elle n'arrive pas à faire depuis tout ce temps, lui c'est sa vie qu'il a du mal à reprendre. Parce qu'il ne veut pas la voir brisée, et que ça, ça compte, à ses yeux à lui. Parce que ses jambes qui retrouvent peu à peu leur sensibilité, avec la possibilité d'un retour à la normale, plus tard, dans longtemps, lui donnent un peu d'espoir, et que cet espoir, il veut le lui donner à elle aussi. Parce que lui, il a eu du temps pour faire son deuil, pour accepter que les choses ne seraient plus comme avant, et même s'il n'a pas encore tout à fait réussi, il sait qu'il peut faire quelque chose pour elle, il le sent, et il le veut.

Et alors qu'il sent tout ça monter en lui, il sent aussi qu'il a bien fait de lâcher sa main, parce qu'il aurait eu trop peur de la brûler, parce que comme d'habitude quand ses émotions menacent de déborder, son don essaye de prendre le contrôle, et il ferme les yeux, respire l'air glacé de la nuit, tente de se souvenir de ces exercices que Madame Winters le forçait à faire, à Virtus, pour se calmer. Et miraculeusement, ça fonctionne, et il sent la chaleur refluer. Alors il peut rouvrir les yeux, et briser ce silence qui menace de s'éterniser s'il ne dit rien. Et laisser sortir ces mots qui se bousculent dans sa gorge.

    - Mais je m'en fous de tout ça moi, Cassie. T'en veux plus à personne ? Bah moi je m'en veux. Parce que j'aurais pu être là pour toi, si j'avais su. J'aurais aimé être là, d'ailleurs, parce que ça aurait voulu dire que je savais que t'étais en vie, putain. T'as voulu te cacher en revenant ? Et après ? Tu crois que je voulais pas me cacher moi ? Tu crois que si j'avais pu, je me serais pas planqué dans un coin, en envoyant foutre ceux qui seraient venus me voir ? Ça a pris du temps avant que je puisse contrôler ce putain de fauteuil, ça a pris du temps avant que je puisse me déplacer la tête haute, et encore, c'est seulement parce que Douze s'amusait à me tanner le cuir en me rappelant toutes les deux heures que j'étais rien d'autre qu'un handicapé maintenant.


C'est sorti tout seul, d'un coup, il n'a qu'à peine pensé à s'arrêter pour respirer. Il n'a pas terminé, il reprend juste son souffle, essaye de se calmer, de ne pas se mettre à crier assez fort pour alerter le jardinier. Il respire, un coup, deux coups, et reprend. Parce que maintenant qu'il est lancé, il veut aller jusqu'au bout. Et tant pis si après ça, elle refuse encore son aide.

    - Je m'en fous que tu te sois planquée. Je m'en fous que tu penses que tu vaux rien. J'ai envie de t'aider, Cassie. J'en ai rien à foutre que tu penses que tu es coupable, ou même que tu le sois vraiment. Je m'en fous. Parce que hé, tu sais quoi, mademoiselle Lipovsky ? T'es sans doute une des seules personnes dans cette putain d'école que je voie comme une amie, et ça, ça compte.


Ça y est. Cette fois il a fini, il a vidé son sac, toutes ces choses qu'il regrettait de ne pas lui avoir dites quand il pensait l'avoir perdue, toutes ces choses pour lesquelles il aurait voulu pouvoir trouver les mots, ou même le temps de les dire. C'est sorti, il ne peut plus reculer maintenant. Et si elle l'envoie chier, tant pis. Il espère juste qu'elle aura la décence de ne pas aller répéter ça à tous les vents, tout comme lui n'ira raconter à personne que cette nuit-là, à une heure du matin, Cassandre Lipovsky s'est montrée vulnérable devant lui.

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MessageSujet: Re: Tell me, how can I be okay? { Gabriel   Lun 12 Mai - 21:28



On dirait presque une déclaration d'amour. C'en est une, en quelque sorte. Avec ses maladresses et cette virulence qui finissent par te toucher. Parce que la colère n'est que vraie. Et puis, tu as beau maudire ton don à longueur de journée, tu sens cette impression qui grandis en toi lorsqu'il lâche ses mains. La paume de ta main vient écraser une larme sur ta joue. Tu as toujours la tête tournée. Pourquoi devrait-il te voir pleurer ? Pourtant lorsque tu ouvres la bouche on entends seulement les sanglots que tu refoules.

    « C'est plus simple de commencer à s'en foutre des autres, de recommencer à fumer, de pas savoir avec qui rentrer que de chialer toutes les nuits Gaby. On me juge à longueur de journée depuis que j'ai mis les pieds pour la première fois dans l'une de ces écoles. Alors quand j'suis arrivée ici, j'ai essayé de me reprendre en main. »


Tu lui racontes ta vie. A quel point tu la trouves pitoyable. Mais dans le fond, ça te fait du bien de savoir qu'il est ici. A t'écouter. A savoir qu'il tient à toi. Parce qu'on ne peut pas en dire autant de tout le monde. Parce qu'en temps normal, tu bombes la poitrine et entrouvres les lèvres. Tes talons hauts te fond rouler du cul et on chemisier commence à dessiner tes seins.

    « J'ai essayé de me casé. Avec Sergey. Encore. Ca été une erreur. Je le fuis plus qu'autre chose. Et j'en ai marre de briser le coeur de ceux qui essayent de me sauver. Comme toi. T'es le seul qui doit me voir aussi désemparé. Avec peut-être Aniela la nuit. Mais tu sais, tu comptes pour moi. T'as toujours compté. »


Tu ranges ta clope dans ta boite pour la jeter dans une poubelle avant de te relever. Tu te penches alors vers Gabriel, posant un baiser sur son front. Tu retires le bâton de ses roues avant de passer derrière lui. Tes mains attrapent les poignées avant que tu commences à le poussé vers le bâtiment.

    « J'te raccompagne avant qu'il soit encore plus tard. »





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